‹ Le malaise de la démocratieChapitre 7 sur 108 · De la Démocratie en Amériquey \" et 2" vol · texte numérisé non relu

De la Démocratie en Amériquey \" et 2" vol

cavalier et qu'il a le meilleur cheval de Paris *. » Par là, il esquissait la psychologie de tous les boulangismes passés, présents et futurs.

Il y avait, en 1850, un Anglais, M. Nassau William Senior, économiste et bureaucrate, qui venait chaque année sur le continent , pour «c interviewer» les hommes célèbres. Cet Anglais a publié d'intéressantes conversations de Thiers et de Guizot. Il a vu souvent Tocqueville, et il a recueilli quelques vérités, énoncées, au hasard des conversations, par cet ingénieux oracle.

M. de Tocqueville disait, le 22 mai 1850 :

« Égalité est un mot pris pour envie. Elle signifie, au fond du cœur de tout républicain : Personne ne sera dans une meilleure situation que moi, et tant qu'on préférera cet égalitarisme à un bon gouvernement, tout bon gouvernement sera impossible. En réalité, aucun parti ne veut un bon gouvernement. » Par là, il prédisait le perpétuel jeu de bascule qui, dans notre République, substitue les radicaux aux modérés, et réciproquement, sans profit pour le bien général.

On ne se lasse pas d'écouter ce sage. Il disait, le 21 août 1850 :

« Il n'y a pas d'institution plus révolutionnaire, c'est-à-dire plus productive de révolutions, que la garde nationale. Assurément, de suite après la

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