‹ Le mangeur de fer drame en cinq actes, huit tableaux dont un prologueChapitre 14 sur 107 · OCTAVE, BLANCHE · texte numérisé non relu

OCTAVE, BLANCHE

La scène est vide quand le rideau se lève ; quand il est levé, Octave parait, ouvrant la porte du Tond. Il porto le costumo de lieutenant de marine.

OCTAVE

M’y voici ! (s’avançant avec précaution.) C’est moi, chèl'0 mère, c’est moi !

BLANCHE, ouvrant la porte du Tond, et appelant à voix basse.

Oc lave!

OCTAVE, se retournant vivement.

Ma SOL'lir 1 ! (Allant à elle et l'embrassant.) C’cSl loi !

BLANCHE, avec cfTusion.

J'arrive, Blanche! et je voulais...

BLANCHE

Surprendre notre mère, n’est-ce pas? pour le jour de l’an! Moi aussi, lu vois!... (s’approchant du ut.) Mère!

OCTAVE, la retenant.

Chut ! tu vois bien qu’elle dort encore... Elle nous aurait déjà dans ses bras si elle ne dormait pasl... Tu as donc quitté ton couvent, Blanche?

BLANCHE

Oui. Je ne sais quoi d’inexplicable me rappelait. Il y a huit.jours, notre grand’tanie la supérieure nva accordé un congé, et confiée à la garde d’une bonne sœur qui venait à Paris. Tout à l’heure, la voiture que nous avions prise en arrivant longeait les murs du jardin de l'hôtel lorsque j’ai vu s’ouvrir la petite porte, et quelqu’un entrer, que j’ai reconnu pour mon frère. J’ai fait arrêter... quel bonheur! dans la précipita :ion tu l’avais mal refermée, cette porte. Tandis que ma compagne entrait par la rue de Varennes, je marchais sur tes pas dans le jardin, moi; je voulais gagner cette chambre...

OCTAVE

La même idée que moi!...

BLANCHE

Et j’ai eu l’heureuse chance de ne rencontrer personne, (partant au lit.) Ü mère chérie ! (a Octave.) Quel doux réveil nous allons lui donner!

OCTAVE

« Les belles étrennes que vous m’offrez là, » va-t-elle dire !...

BLANCHE

Ah! je n’y liens plus, moi!... (Appelant.) Ma mère! (Après un silence I) Elle dort toujours! (D’un autre ton.) Octave?

OCTAVE

Blanche?

BLANCHE

J’ai... j’ai peur, j’ai froid...

OCTAVE, IroubM loi-mcme.

Froid! .. mais... mais oui, tu dois avoir froid... (Regardant dans la chambre.) Pas de feu !... Pourquoi pas de feu ? BLANCHE, après encore un instant d’attenlo et d’bésilation. Criant.

Ma mère!... (Écartant les rideaux et poussant un grand cri.) Le lit

est videl...

OCTAVE, roronant d’un bond.

Vide!.,. Eh bien! c’est que... notre mère est sortie!...* Elle sera allée faire une promenade du malin...

BLANCHE, le regard fixo.

Le premier janvier?...

Page 1