‹ Le mangeur de rêvesChapitre 25 sur 56 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

laisse aller et repose un momeni sa lêle sur r épaule de Luc.)

Allez-vous-en. Vous aviez raison, tout à l'heure, j'étais dupe de moi-même.

LUC

Vous l'êtes encore : vous ne désirez pas que je m'en aille.

JEANNIXE

Il le faut, cependant.

LUC

C'est très difficile.

JEANNIXE, avec agitation.

Ahl si vous saviez comme je vais payer tout ceci!

LUC

Payer ? Je ne comprends pas.

JEANNINE

Vous ne pouvez pas comprendre. Mais je sais, moi, qu'aucun homme ne doit me serrer dans ses bras. L'amour m'est interdit.

LUC, souriant.

Interdit?

t .JEANNINE

r moi, le désir est un crime... Et un crime ut m'attirer la mort.

LUC, l'observant.

D'où vous vient cette idée?

jEANNiNE, Iremblanle.

L'an dernier, à la clinique, il y avait un jeune homme qui me faisait la cour... Un soir, je n'ai plus su... ou plus voulu me défendre... Et le lendemain, j'ai essayé de me jeter dans l'Isère.

LUC

Pourquoi vouliez-vous mourir ?

JEANNINE

Je ne pouvais plus supporter mes remords. {Un silence. Luc sourit.) Vous souriez?

LUC

Je suis heureux, Jeannine. Vous venez, sans le savoir, de me livrer votre dernier secret. J'entrevois maintenant la tache qui saigne dans les ténèbres de votre âme... et je vais pouvoir l'effacer... (// lui prend les mains.) Seulement, il faut me croire I II faut accepter sans révolte mes éclaircissements !

JEANNINE

Parlez, j'ai confiance en vous.

LUC

La conscience est à la fois scrupuleuse et hypocrite. Elle s'accuse, mais elle fuit devant la vérité, parce qu'elle veut ignorer la cause réelle de ses tourments... L'amour n'est pas le crime que vous vous reprochez. Ce n'est pas le désir qui pro-

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