SCENE m
laisse aller et repose un momeni sa lêle sur r épaule de Luc.)
Allez-vous-en. Vous aviez raison, tout à l'heure, j'étais dupe de moi-même.
LUC
Vous l'êtes encore : vous ne désirez pas que je m'en aille.
JEANNIXE
Il le faut, cependant.
LUC
C'est très difficile.
JEANNIXE, avec agitation.
Ahl si vous saviez comme je vais payer tout ceci!
LUC
Payer ? Je ne comprends pas.
JEANNINE
Vous ne pouvez pas comprendre. Mais je sais, moi, qu'aucun homme ne doit me serrer dans ses bras. L'amour m'est interdit.
LUC, souriant.
Interdit?
t .JEANNINE
r moi, le désir est un crime... Et un crime ut m'attirer la mort.
LUC, l'observant.
D'où vous vient cette idée?
jEANNiNE, Iremblanle.
L'an dernier, à la clinique, il y avait un jeune homme qui me faisait la cour... Un soir, je n'ai plus su... ou plus voulu me défendre... Et le lendemain, j'ai essayé de me jeter dans l'Isère.
LUC
Pourquoi vouliez-vous mourir ?
JEANNINE
Je ne pouvais plus supporter mes remords. {Un silence. Luc sourit.) Vous souriez?
LUC
Je suis heureux, Jeannine. Vous venez, sans le savoir, de me livrer votre dernier secret. J'entrevois maintenant la tache qui saigne dans les ténèbres de votre âme... et je vais pouvoir l'effacer... (// lui prend les mains.) Seulement, il faut me croire I II faut accepter sans révolte mes éclaircissements !
JEANNINE
Parlez, j'ai confiance en vous.
LUC
La conscience est à la fois scrupuleuse et hypocrite. Elle s'accuse, mais elle fuit devant la vérité, parce qu'elle veut ignorer la cause réelle de ses tourments... L'amour n'est pas le crime que vous vous reprochez. Ce n'est pas le désir qui pro-