‹ Le mangeur de rêvesChapitre 47 sur 56 · SCÈNE JX · texte numérisé non relu

SCÈNE JX

LUC, s*arrêiani.

p:ile dort ?

FEARON

J'ai entr'ouvcrt la porte, en rentrant. Elle dormait.

LUC, descendant.

C'est bien.

Hâve a drink with me ?

LUC

Merci, je ne bois pas. {Elle s* assied sur la table et le regarde.) Pourquoi me regardes-tu ?

FEARON

Je te juge.

LUC

Tu me juges ?

FEAROX, riant.

Je fais ton diagnostic.

LUC, souriant.

Suis-je malade ?

FEARON, hochant la tête.

Tu as passé ta vie à observer les autres : pas eu le temps de t'observer toi-même.

LUC

Eh bien ?

FEARON, les yeux mi-clos.

Tu ne cherches pas la vérité; tu cherches la volupté, en palpant lentement des confidences honteuses. Elles te sont des aubaines meilleures que les plus beaux corps. Elles t'apportent l'assouvissement maladif que les étreintes réelles ne peuvent plus te procurer. Ces secrets étalés te remplacent l'amour. La science n'est qu'un écran avec lequel tu veux te cacher ta folie. Tu n'es plus un homme, puisque la vie des sens ne suffît plus à ta joie.

LUC, ricanant.

Voilà un diagnostic plein de subtilité...

FEARON

Ne ris pas, darling, quand tu as envie de pleurer.

LUC

... Mais je n'y souscris aucunement.

FEARON

Tu deviendras, dans la poursuite de ton étrange plaisir, aussi acharné que la brute la plus impulsive. A présent, il te suffit de souiller la conscience d'une petite fille, en lui faisant conter ses fautes. Quand tu seras vieux, il te faudra souiller son corps.

LUC

Diable ! Voilà qui promet !

FKARON

Don'l laugh, I say! Je te vois, à soixante ans,

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