SÉCHERESSE
Nous croyons avoir établi dans les précédents chapitres l 1 incontestable fertilité du sol de la province du Manitoba, Il convient maintenant d'examiner s'il n'existe pas, à côté de cette fertilité, des inconvénients propres à en diminuer sérieusement la valeur*
Avez- vous assez de pluie pour répondre aux besoins de la végétation ? nous demandait un jour un correspondant.
Cette question nous a été faite pour la première fois en 18S6. Il est probable qu'elle a été motivée par la sécheresse dont les états voisins de notre province ont souffert durant cette année,
Nous devons dire que depuis sept ans que nous habitons le pays, nous avons eu chaque année abondamment de la pluie, Nous en exceptons néanmoins, l'année 1886, durant laquelle la sécheresse s'est fait sentir dans certaines parties de la province. Les colons récemment établis dans le pays se sont naturellement enquls de l'expérience du passé sur ce point. — La réponse a été que les années de grande sécheresse étaient des exceptions ; mais que, néanmoins, sans aller à l'extrême, le climat était plutôt sec que pluvieux; ce qui convient ici aux moissons. Car trop de pluie prolonge la croissance et retarde la maturité.
Les rigueurs de notre climat, en hiver, sont elles-mêmes un préservatif contre la sécheresse. 1^ sol, gelant profondément, conserve, au printemps, dans les couches inférieures, une humidité très favorable à la végétation.
La surface plane du sol, qui permet à l'eau de s'écouler lentement , le sous-sol^ formé d'une glaise plus ou moins imperméable, sont autant de causes qui entretiennent l'humidité du sol 1 et le préservent contre les effets de la sécheresse.
Il n'y a donc pas à s'inquiéter de ce côté-là, d'autant plus qu'ici comme ailleurs, on compte sur le proverbe : année de sécheresse n'amène pas la disette.
Il est un autre inconvénient y dont on se préoccupe beaucoup plus, et avec une apparence de raison ; ce sont