AVANTAGES MATÉRIELS.—FERTILITÉ DU SOL
Le sentiment seul ne doit point guider les pas de l’immigrant, il lui faut en perspective des avantages matériels,
Entr'autres avantages de ce genre, notre province possède un sol d'une fertilité incontestable.
Il peut paraître inutile d'insister beaucoup là-dessus, tant cette fertilité est manifeste pour tous ceux qui ont séjourné au Manitoba, ou l'ont simplement visité. Il n’y a pas un voyageur qui, à la vue de ce sol et des m issons qu'il produit, n'en ait exprimé sa surprise, et n'ait avoué que la réalité dépassait les notions qu'il s'était formé à cet endroit,
Malgré cela, si fortement enracinés étaient les préjugés, si obstinés sont les efforts des ennemis de notre progrès, et des progrès du Canada généralement, que la nécessité de renseigner les esprits bien disposés, existe toujours.
La tâche est d’ailleurs facile, car les témoignages désintéressés abon. dent, et nous préférons les substituer aux nôtres afin d’évicr jusqu’au soupçon de la partialité.
Nous donnerons la première place aux paroles suivantes de Sa Grandeur Monseigneur Taché, extraites d'une lettre de notre vénérable archevêque au révérend Père Nugent, des Iles Britanniques :
: Vous avez vu de vos yeux les magnifiques produits de #ofre sol si riche,
‘ La bonne et divine Providence a fait pour cctte partie des possessions britanniques pour Ze ‘ns autant que pour les Etats et Les territoires voisins.”
L'opinion de l'honorable M. Taylor, le consul des Etats-Unis à Winnipeg, n’est pas différente. C’est une voix autorisée ; l’estimable consul connaît le Nord-Ouest canadien et les Etats adjacents, le Minnesota et le Dakota, et il y demeure, depuis plus d’un quart de siècle ; sa qualité de représentant officiel du gouvernement américain donne à ses paroles une valeur spéciale.
Le 2 octobre 1879, l'honorable M. Taylor disait donc :
‘“ Les trois quarts de la zône productive du blé sur ce continent se trouvent au'nord de la frontière des Etats-Unis. (Au Canada, par con-
séquent.) C’est là que l'Amérique, et le vieux continent aussi, iront chercher, dans les temps à venir, la matière première du pain.”’
Et il ajoute :
‘ Le bœuf que l’on produit dans cette région septentriunale, est de
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qualité supérieure à celui qu’on trouve plus au sud,” (c'est-à-dire dans les Etats-Unis.)
Le consul des Etats-Unis n'a pas voulu dire par là que son pays était sans ressources. Nous ne voulons en aucune manière exagérer la portée de ce témoignage ; mais, d’une autre part, le moins qu'il en ressorte, c'est que notre pays n'a rien à envier à la partie des Etats- Unis à laquelle l'honorable consul fait allusion.
Voici un autre témoignage qu'on ne peut pas davantage accuser de favoritisme envers le Canada ; c'est celui du PAr/adelphia Press :
‘ La plus grande région productive du blé au monde, dit ce journal, vient d’être ouverte à la colonisation. La plus grande partie, e/ Za plus froductive se trouve dans la province du Manitoba, dans l'Amérique du Nord. Bien cultivée, elle est suffisamment féconde pour rendre l'Angleterre indépendante des Etats-Unis par rapport à la matière première du pain.”
Notre province peut supporter la comparaison non seulement avec le Minnesota et le Dakota, mais même avec d’autres Etats généralement considérés comme mieux situés : tels sont, par exemple, l'Ohio, où la moyenne de la récolte du blé est estimée au maximum à 15 minots de l'acre, ou, l’Iowa, dont nous avons une appréciation dans les lignes suivantes d’un colon même de ce dernier Etat.
Un M. Close, possédant des terres dans l’Iowa, et voulant y attirer l'immigration, écrivit une brochure dans ce but. Or, voici ce qu'on trouve dans cette brochure :
‘“ Plusieurs rapports, venant de mes fermes, me donnent un rendement de près de 30 minots de blé à l’acre ; cependant, comme le blé est ici sujet à se nieller, la récolte de ce grain n’est pas aussi sûre dans l’'Iowa qu’au Manitoba.’’
A ces témoignages, ajoutons les suivants :
Dans l'été de 1882, le gouverneur de l’Etat du Wisconsin, l’hono rable J. M. Rusk, et le procureur-général du même Etat, l'honorable L. F. Frisby, visitaient le Nord-Ouest canadien. A la suite de ce voyage qui dura jusqu’en septembre, l'honorable M. Frisby écrivait ce qui suit :
‘ Les champs de blé que j'ai vus cette année dans la vallée de la
Rivière Rouge, indiquent certainement que pour la production du blé, cette vallée ne peut être surpassée dans le Nord-Ouest.”
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Le gouverneur ajoutait :
‘ Je concours absolument dans toutes les remarques qui précèdent.
‘ (Signé,) TJ. M. Rusk, Gouverneur.'”
M. Biggar, l’un des délégués envoyés par les fermiers anglais en 1879 80, dit ce qui suit dans son rapport :
‘# Comme champ de production pour le blé, je préfèrerais de beaucoup le Manitoba au Dakota. Le sol du Manitoba est plus profond et se maintiendra plus longtemps à l’état de culture ; le blé qu’il produit donne un meilleur échantillon, et le rendement est de cinq à dix minots plus consid‘rable par acre, ce qui est tout bénéfice.”
M. John Maxwell, un autre délégué, répète la même chose corame suit :
‘La moyenne du rendement, d’après les informations que j'ai
recueillies, sera de huit à dix minots de plus au Manitoba qu’au Dakota.”
M. Robert Peel, encore un délégué, s'exprime ainsi :
‘ Ce sol est particulièrement favorable à la culture du blé, et les meuniers préfèrent ce blé à tout autre. On a reconnu qu’il pouvait
produire du blé pendant de longues années, sans interruption et sans engrais.”’
M. Geo. Cowan résume ainsi ses impressions :
Je suis très frappé de la fertilité du sol, dont quelques parties sont, sans exception, les plus riches que j'aie jamais vues.”
Je cite les paroles d’un autre délégué, M. Imrie, de Lanark, Angleterre :
‘ La vallée de la Rivière Rouge est couverte du sol le plus riche
- que j'aie jamais vu dans mes voyages, et dont l'épaisseur dépasse deux
pieds en moyenne.” + * + Ii n’est pas inutile Ge faire remaquer que ces délégués étaient tous
des gens experts choisis expressément par les fermiers anglais pour
visiter le pays, et les renseigner sur ses ressources agricoles et sa condition économique.
M. Kenneth McKenzie, un ancien cultivateur pratique d'Ontario, dit : L
{Je n'ai point vu de grains, soit dans le Minnesota, soit dans le Dakota, pour égaler cenx du Manitoba.”
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M. Taylor, le consul des Etats-Unis dont j'ai cité le témoignage plus haut, écrivait un jour dans un journal de Saint-Paul, qu'un M. Archibald, un propriétaire de moulin du Minnesota, avait été tout étonné du rendement du blé ; il constata que ce rendement était de 3 contre 2, comparé à celui du Minnesota. ’
PA M. le vicomte Ch. de Bouthillier, qui a passé dix mois dans le pays, tout émerveillé de ce «u’il y avait trouvé, a voulu le redire dans une lettre fort éloquente, dont voici un passage :
‘ Pour ce qui est de la fertilité du sol, il serait puéril de. répéter ‘ tout ce qui a été dit à ce sujet .… J'ai pourtant tenu à me rendre ‘ compte de l’incomparable richesse du sol ; j'ai parcouru la province ‘t dans tous ses sens, observant beaucoup, écoutant plus encore ; je ‘© formule le résultat de mes observations en exprimant une pensée ‘ qui m'était souvent venue dans le courant de mes excursions : que Ja province du Manitoba est un nouveau champ de travail ouvert à ‘{ l'activité des hommes, sur lequel la Providence semble avoir réuni ‘* dans son inépuisable charité tous les éléments propres à favoriser ‘ l'accroissement rapide et prospère d’un peuple privilégié.........Il y ‘a quinze ans au plus, pour beaucoup de Canadiens, Manitoba était ‘ l'inconnu... Aujourd’hui, il est sur le point de devenir un des ‘ greniers futurs de la vieille Europe.”
Les témoignages de cette sorte abonde..: Durant l'exposition provinciale de 1886, je me suis trouvé en relation avec un M. Ward, de Chicago, lequel, visitant cette exposition, m'a déclaré, sans une ombre d'hésitation, qu’à l'exposition tenue quelques semaines auparavant, à Chicago même, par l'Etat de l'Illinois, il n'y avait pas de produits comparables à ceux qu’il voyait à la nôtre.
M. le commandant Bonaparte-Wyse vient de faire son tour d'Amérique ; il a visité le Canada et les Etats-Unis ; c'est un homme pratique et doué d’un profond esprit observateur. Nos prairies, notre sol, notre situation, l’ont enchanté.
Parmi d’autres opinions récentes, nous enrégistrerons les suivantes :
M. Major, de la maison Major Bros. & Co., de New-York, a visité notre province dans le cours de l’été. oici ce qu'il disait à la suite de ce vovage à un reporter du Æ/ai/, G: Halifax :
“ Le Manitoba est vne magnifique province. On reste convaincu de la fertilité de son sol à la vue des moissons abondantes qu’on y récolte cette année. Je me suis particulièrement intéressé à sa récolte de blé, et j'ai trouvé celui-ci égal, sinon supérieur, en qualité au blé de n’importe quelle partie des Etats-Unis.
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‘ Winnipeg sera au Nord-Ouest canadien ce qu'est Chicago pour les Etats de l'Ouest américain. Il se fait déjà un commerce considérable de porcs dans cette ville. Montréal, au lieu de dépendre de Chicago pour ce commerce comme autrefois, tire maintenant de Winnipeg des chargements importants dans cette ligne."?
Parlant ensuite des environs de Calgarry, M Major dit :
(4 Je suis en mesure d'affirmer que le terrain n’est nas aussi bon dans le Montana qu’au nord de la ligne (au Canada). Si vous en voulez une preuve, vous la trouverez dans le fait que les éleveurs américains sont anxieux de s'assurer au Canada des terrains pour y établir leurs ranches, parce qu’ils sont convaincus que ces terrains sont meilleurs que les leurs.”?
Après l'opinion d’un citoyen américain, citons celle d’un éleveur d'Ontario, M. Pettit, de Burlington, Ont. :
+© Les cultivateurs du Manitoba vont finir par accaparer, lors de l'achèvement du chemin de la baie d'Hudson, la plus grande partie du commerce d’exportation du Canada.”
M. John Ogilvie, l’un des grands propriétaires de moulin, à Mont. réal, de retour en 1886, d’un voyage au Manitoha, dans le Minnesota et dans le Dakota, disait , l’un des reporters du Sfar :
‘Il existe parmi les cultivateurs du Manitoba une satisfaction générale au sujet de la récolte de blé, (Gelui-ci est d'une qualité supérieure, et le rendement, bien qu'inférieur aux années précédentes, sera néanmoins de beaucoup supérieur au rendement dans le Minnesota et le Dakota, où l’on n’obt'.uura vraisemblablement pas plus de onze minots à l’acre en moyenne.”
Le Victoria Times (Colombie Anglaise) dit de son côté, en parlant de la farine du Manitoba :
‘ La qualité de cet article est réputée tellement supérieure à celle qui sort des moulins américains, que les boulangers manifestent hautement leur préférence pour la farine forte pour boulanger (Ssrong Baker) d’Ogilvie, de Winnipeg. L'opinion de ceux qui ont fait l'essai de la farine du Nord-Ouest est décidément favorable à cette farine.’’
#"x Depuis 1883, la moyenne du rendement du blé a été comme suit,
d’après le bulletin des moissons publié par le Département de l'Agriculture en notre province :
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La diminution du rendement, en l’année 1820, est due à la sècheresse dont quelques parties de la province ont souffert. Mais on admettra que ce rendement même, de près de 16 minots à l’acre, est encore bien satisfaisant. La qualité du grain est supérieure.
Le rendement moyen de la récolte de blé, en 1887, est de 27.7 minots à l’acre.
Voici ce que dit un député d'Ontario, M. Clarke Wallace, au retour d'un voyage au Manitoba, de la récolte de 1887 :
‘€ Je suis ravi du résultat de la récolte dans le Nord-Ouest cette année ; elle est de 25 à 30 pour cent supérieure à ce qu’on la disait d’abord. Je ne crois pas qu’on ait jamais vu rien de pareil ncore. Vendredi dernier, j'ai vu battre du grain sur la ligne du chemin de fer Manitoba et North Western ; le colon grommelait, parce que, disait-il, sa récolte avait été détruite par les rats des champs. La machine venait à peine d’être mise en mouvement que, à la grande stupéfaction du colon, elle se mit à rendre un minot et demi de blé à la minute. Un autre colon, nommé Manly, a récolté 1570 minots d’avoine sur une terre de Uix acres, quelque chose de phénoménal sans être exceptionnei, toutefois. Le blé russe reçu de la ferme expérimentale a été éprouvé dans la colonie ; on a acquis la preuve qu’il arrive à maturité quatorze jours plus tôt que celui dit ‘‘Red Fyfe.’?