‹ Le Manitoba [microforme]Chapitre 16 sur 71 · AUTRES TÉMOIGNAGES · texte numérisé non relu

AUTRES TÉMOIGNAGES

Il n’est pas inutile, croyons-nous, de multiplier ces témoignages venant de personnes et de lieux divers ; d’une valeur toute spéciale, par conséquent.

Parlant des terrains des environs de Winnipeg, le Æee Press, de cette cité, disait au mois de janvier 1887 :

4 Au lieu de se maintenir à de hauts prix, ces terrains peuvent au contraire s’obtenir à très bon marché. Dans cette partie de la province, à l’est de Winnipeg, on peut acquérir des terres pour un prix variant de #1.00 à $5.00 l’acre ; et, des fermes sur lesquelles des améliorations ont été faites, peuvent être achetées au prix de $2.50 à fto.00 l’acre.

La région à laquelle nous faisons allusion contient une étendue de terre d'environ deux millions et demie d’acres. Le sol, si l’on en excepte quelques côteaux près de la rivière de la Tête Ouverte, est de : première qualité, L’eau est abondante. Dans presque toutes ces localités, on obtient une excellente eau en creusant des puits; on peut aussi se procurer aisément, et abondamment, le bois de chauffage, et les matériaux dont on fait les clôtures. Le colon trouve donc dans

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cette partie de la province un sol excellent, du bois et de l’eau, en abondance.

Il y a aussi d’autres avantages, telles sont les communications faciles par voie ferrée... de bonnes routes......... une quantité fort appréciable de bois de construction... des églises et des écoles établies dans presque tous les cantons.

‘ Il y a dans cet espace, bien qu’il soit la région des plus anciens établissements, une grande quantité de terres faciles à acquérir. On croit à l'étranger qu'il n'existe plus de terrains dans ces conditions, ou qu’on en demande,un prix trop élevé ; ces impressions sont incorrectes.”

La région dont parle ainsi le Æree Press, est celie que notre race occupe, celle où nous trouvons notre force actuelle,

Il est important de ne pas laisser se désagréger ce noyau.

Nous sommes prévenus: nos compatriotes des autres origines y jettent les yeux ; et il faut le reconnaître, il n'y a là, de leur part, rien d'illégitime ; mais légitimes aussi seraient nos tentatives, en vue de prévenir un état de société qui équivaudrait à notre annihilation, de consolider notre élément dans cette partie de la province dont nous avons été les pionniers, et que nous sommes habitués à considérer comine nôtre.

Plaçons ici le témoignage de M. Beaugrand, le directeur de la Patrie, de Montréal. Au retours d’un voyage à travers nos plaines jusqu'au Pacifique, M. Beaugrand, qui avait auparavant traversé les territoires américains, fait la comparaison suivante :

‘“Ilest important de faire remarquer ici l'énorme différence qui caractérise nos prairies canadiennes des plaines des. Etats de l'Ouest traversées par les lignes américaines, Partout dans les Etats de l'Ouest, comme je l’ai déjà dit, on rencontre de véritables déserts de sable incultivables et improductifs, où le thermomètre pendant la saison des chaleurs atteint des hauteurs inconnues chez nous. Et ces plaines sablonneuses s'étendent parfois avec une monotonie désespérante pendant des centaines de milles dans l’Utah, le Wyoming, le Nevada et au sud dans le Colorado, une partie du Kansas, l’Arizona et le Nouveau Mexique.

‘# Nos prairies, au contraire, sont partout d’une fertilité extraordinaire, soit pour la culture des blés et autres céréales, soit pour l'élevage des bestiaux. La superficie des terres arables est immense et partout, sur le parcours du Pacifique, on trouve les preuves d’une végétation abondante, L'eau qui manque presque absolument dans les déserts américains, est ici à la portée des cultivateurs et des éleveurs ; soit dans les lacs ou dans les nombreuses rivières et coulées qui sillonnent la prairie, soit en creusant des puits d’une profondeur relativement insignifiante, Et ceci est tellement évident, que les grands éleveurs américains sont en train d'essayer à affermer d'immenses espaces de

terrain pour y transporter leurs troupeaux et les engraisser et les préparer pour l’exportation”?

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De son côté, le Paris-Canada, se basant sur des renseignements évidemment pris à bonne source, écrit ce qui suit sur l’état de la province en 1886:

‘ En certains endroits aux Etats-Unis, tout a péri sous les rayons ardents du soleil, mais le Manitoba, plus favorisé sous le rapport du climat, a eu une récolte très satisfaisante. Les grains ont donné un rendement moyen très élevé.

“L'industrie laitière et l'engrais du porc prennent une grande importance. Ces industries agricoles ne sauraient manquer de devenir avant longtemps une immense source de revenus pour le pays. Tous les cultivateurs, sans distinction de fortune, peuvent les entreprendre, car l'exploitation en est facile et rémunératrice. L’engrais du porc a déjà donné de beaux résultats. Un premier train de porcs gras, à destination des marchés étrangers, a franchi la frontière du Manitoba le mois dernier ; il sera suivi de bien d’autres, nous le prédisons sans crainte. Peu de pays peuvent fournir aux colons des conditions d'établissement plus avantageuses que le Manitoba, où le sol est pour ainsi dire tout prêt pour la culture, et où enfin, l’agriculture, le commerce et l’industrie sont servis par des voies de communication nécessaires à leur développement, Rien ne manque pour y faciliter à l’homme laborieux et intelligent, les moyens de se créer une position prospère,”

La délégation française qui a visité notre pays en 1885, a éte frappée des avantages qu’il offre. Nous avons déjà donné l’impression de l’un d'eux, M. le vicomte de Bouthillier.

Un autre, M. Geo. Demanche, journaliste distingué de Paris, ren. dant compte, avec une rare exactitude, dans la Æevue Française, dont il est le rédacteur en chef, de son voyage au Canada, s'exprime ainsi :

‘6 Mais, si l'ouverture du transcontinental canadien est un fait d’une haute importance pour l’Europe occidentale, il ne l’est pas moins pour le Canada lui-même, Désormais, les provinces les plus éloignées de la Confédération se trouvent soudées les unes aux autres et n’ont plus besoin d'emprunter le territoire étranger pour l’échange de leurs produits. Mais la conséquence la plus frappante de la création de la nouvelle ligne a été de transformer complètement les riches territoires du Manitoba et du Nord-Ouest, de donner une valeur considérable à ces terres qui naguère en étaient dépourvues et de faire affluer dans ces pays si fertiles et si peuplés, des convois d’émigrants venus de tous les points du monde. Des villes comme Winnipeg ont pris subitement un essor considérable, semblent sortir de terre comme frappées d’un coup de baguette magiq 1e. De jeunes cités comme Brandon, Régina, Calgary, dont l'existence ne remonte pas à au-delà de trois ou quatre ans, possèdent déjà deux à trois mille habitants, et dans ces villes improvisées, on trouve tout de suite des églises, des maisons de banque ou de change, ainsi qu’un journal politique. A en juger par l’œuvre de quelques années, on pressent déjà quelle révolution économique se sera opérée dans un demi et même dans un quart de siècle.’’

M. Bodard, dont nous avons déjà cité les écrits, s'exprime encore ainsi :

‘“ Le Manitoba et le Nord-Ouest du Canada forment la terre promise du peuple canadien-françaiss seu ssssse sere ee soscsosesososesee sen everouse

‘6 Qu'on se figure les grandes plaines de la Beauce en France, couvertes de hautes herbes, et l’on aura une idée de ce que sont les prairies du Manitoba et du Nord-Ouest. Un sol d’une richesse extraordinaire : deux pieds d’humus, de terre noire, de fumier pourri sur un fonds d’argile, telle est la composition de ce soi merveilleux.’’

Sir James Laird, qui jouit d’une grande autorité dans les questions agricoles, écrivait dernièrement au Z7#es, de Londres, une lettre dont nous extrayons le passage suivant :

‘ Les colons russes, appelés Mennonites, qui se rendent au Nord- Ouest dans des districts où ils peuvent être à proximité les uns des autres, ont admirablement réussi dans leurs établissements au sudouest de Winnipeg. Quoique l’hiver soit très froid, l'atmosphère est claire, sèche et généralement sans vent ; quand elle est calme, c’est un réel agrément que de se tenir dehors en dépit: du froid. Ce pays me semble modifier au mieux le caractère des populations.’

La Minerve du 8 janvier 1887, rendant compte d’une conférence donnée à Longueuil, près de Montréal, par M. Dansereau, de Saitit- Pie, Manitoba, rapporte les paroles suivantes :

‘ Le Manitoba, fit remarquer M Dansereau, offre plus d'avantages à la colonisation que les territoires de l’Ouest américain où les terres sont fertiles, mais où cette fécondité s’épuise plus vite qu’au Manitoba où l’on a semé pendant 30 ans consécutifs sans qu’on se soit aperçu de la moindre diminution dans les rendements. En outre, dans le Dakota et ailleurs les taxes écrasent le colon.”

M. Barré, qui a passé une partie de l’année 1886 au Manitoba, en qualité d’instructeur dans l’importante industrie des beurres et des fromages, résume ainsi son opinion sur notre province, dans quelques articles qu’il a fait insérer au Æ7anco Canadien, de Saint-Jean, P. Q,

‘ Que le Manitoba offre des avantages à l’émigratiou, il n’y a pas à en douter. On y trouve à proximité des églises et des écoles, d’excellentes terres... En s’éloignant des centres, on peut encore se procurer des terres du gouvernement (Aomestead). Si on ne désire pas acheter, on peut louer à très bonnes conditions.

‘ Les pâturages sont en commun, et le foin ne coûte presque rien, il suffit d’en faire.”

Nous terminons ce chapitre par ces paroles encourageantes du Co4onisateur Canadien, publié à Montréal :

‘ Nous pouvons envisager l’avenir le sourire aux lèvres ; nos vastes

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territoires du Nord-Ouest nous fournissent non seulement le blé en abondance, mais aussi des pâturages qui nous permettent de faire l’élelevage du bétail avec autant d'avantages, sinon plus, que dans les autres pays. Nous n’avons nullement à redouter la concurrence étrangère. Avec un tel sol, le fermier laborieux sera toujours sûr de faire fortune, et, comme on le sait, le Pacifique Canadien et ses nombreux tributaires sont un marché avantageux pour l'écoulement des produits. Allez sans crainte au Manitoba et au Nord-Ouest, là vous attend la fortune.’?

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