AUTRES AVANTAGES DU SOL —EXPLOITATION FACILE
En agriculture, la première qualité qu'on demande au sol, c'est la fertilité. Il est néanmoins des conditions accessoires dont l’existence lui donne encore plus de valeur, en ce qu’elles assurent soit un retour plus prompt, soit une économie de forces et de ressources ; telles sont les facilites d’exploitation.
Dans notre province, cette exploitation est facile à tous les points de vue.
Nos territoires sont, en plus grande partie, de vastes prairies ; aucun dé'richement n’est requis. Le colon peut donc, dès le lendemain de son arrivée, commencer son exploitation en confiant au sol des semences qui au bout de trois mois à peine lui donneront un 1 :ndement suffisant pour assurer de suite la vie de sa famille, quelquefois même un surplus appréciable. De tels avantages ne sont pas à méconnaître, Ce qui décourage souvent le colon, c’est la perspective d’être plusieurs années sans obtenir du sol dont il commence le défrichement, la subsistance entière de sa famille. Au Manitoba, le colon jouit d’une toute autre perspective.
Ilest à noter aussi que le sol se prête admirablement au travail. Le terrain est uni, sans pierres, facile à labourer ; les travaux d’égouttement sont presque nuls ; dans la plupart des endroits, ils ne sont même aucunement requis.
Le colon peut donc consacrer à quelque exploitation rémunératrice le temps qu’en d’autres pays il est obligé de donner à ces travaux pénibles du défrichement, de l'enlèvement des pierres, du creusement des fossés,
M. Alf. Caron, autrefois de Louiseville, province de Québec, et
maintenant de Saint Charles, Manitoba, confirme ces données dans une lettre dont voici un extrait :.
& La qualité du sol est de beaucoup supérieure à tout ce que j'ai
-vu jusqu’à présent. Za facilité que nous avons d'employer les instru-
ments perfectionnés rend la culture beaucoup plus prompte et beaucoup moins pénible que dans Les vieilles provinces.
“6 L'un des grands avantages des cultivateurs du Manitoba. c'est qu'ils ne sont pas obligés de faire de fossés ni de rigoles pour égoutter leur terrain.”
M. Auguste Bodard s'exprime ainsi, après avoir visité notre pays :
‘ Un homme arrive au Manitoba, et le lendemain il laboure et ‘“ sème, quel immense avantage ! Pas de bois à abattre, la terre est ‘ prête à recevoir la charrue, quatre mois après il obtient une pre- ‘* mière récolte.”