A M. T. A. BERNIER
Saint-Boniface.
Cher Monsieur,
Pour répondre aux questions que vous me faites, permettez-moi de vous informer que je suis un natif du pays. J'ai aujourd’hui quarante
ans. Eh bien ! à part les années 1883, 1884 et 1885, je ne me rappelle pas avoir jamais eu connaissance d'aucune geiée qui ait fait dommage aux récoltes ; et je me rappelle en outre avoir entendu dire à mon père que sa récolte de blé n'avait jamais souffert des gelées d'automne, lesquelles ne se produisaient qu'après que la récolte fut coupée—les grains sont généralement mûrs avant le premier septembre. Pour les années 1883 et 1884, je désire faire remarquer que dans mon opinion, la gelée n'aurait pas affecté la récolte si les semailles avaient été faites au temps ordinaire, Ces gelées ne sont venues qu’en septembre. Les dommages ont été grandement exagérés. Une partie de la récolte seulement a souffert, celle dont les semences avaient été mises tard en terre.
Votre serviteur, RoGErR MARION,
Voici le témoignage de l’un de nos meilleurs jardiniers, membre de la chambre d'agriculture provinciale, qui est au pays depuis 1860 :
SAINT-BONIFACE, 20 septembre 1886.
A M. T. A. BERNIER, Saint-Boniface,
Cher Monsieur,
En réponse à vos questions, je puis vous certifier que j'habite le Manitoba depuis l’année 1860, et que depuis cette date, les récoltes de notre pays n’ont souffert de la gelée qu’en 1883, 84 et 85.
En 1883 et 1884 les gelées sont venues vers le 7 septembre. Si les saisons n'avaient pas été tardives, cette gelée n'aurait eu aucun effet, car les grains sont mûrs et coupés généralement avant cette époque.
En 1885, la gelée est venue au mois d'août. Mais dans aucune des trois années ces gelées n’ont été générales ; on a beaucoup trop exagéré les dommages causés par ces différentes gelées.
Votre, etc., VICTOR MAGER,
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Le témoignage suivant est celui de M. Turenne, premier commis au Bureau des Terres à Winnipeg :
SAINT-BONIFACE, 24 septembre 1886.
Monsieur,
Je reçois votre lettre à l'instant et je m’empresse de vous répondre que bien que j'habite la province depuis 1870, il n’est survenu depuis cette époque qu’une gelée au mois d'août (en 1885), et deux en septembre, (en 1883 et 1884) qui aient fait dommage aux récoltes. Les autres années la récolte est venue à parfaite maturité. Je puis ajouter qu'en général la récolte est coupée avant le premier septembre ; et en septembre 1883 et 1884, si les semailles ne s'étaient pas faites dans des circonstances exceptionnelles, il y a lieu de creire que les récoltes auraient échappé à la gelée.
J'ai l'honneur d’être, monsieur, Votre très humble serviteur,