J. TURENNE
Pour tout homme de bonne foi, ces témoignages établissent parfaitement les propositions que j'ai émises plus haut, et en particulier celleci, savoir : que règle générale, nous n'avons pas à craindre la gelée pour nos récoltes.
Dans le chapitre suivant nous établissons encore plus amplement, par d’autres témoignages, que même les gelées de 1883, 1884 et 1885, n’ont pas été aussi considérables qu'on l’a prétendu à l'étranger.
LES GELÉES.—(Swite.)
Que les gelées de 1883, 1884 et 188$ aient été exagérées ; que ces gelées n’aient pas été aussi générales ni aussi considérables qu’on l’a prétendu, cela ressort parfaitement des témoignages qui forment le chapitre précédent ; en voici d’autres cependant :
C’est d’abord le digne curé de Saint-Léon, M. l’abbé Théobald Bitsche, qui m'écrivait au mois d’août dernier :
‘ On parle des gelées précoces de 1883, 1884 et 1885. Je dois d’abord dire qu’on a bien exagéré les choses.”
Dans son rapport pour 1883, le ministre de l’agriculture dit :
‘Bien que des pertes sérieuses aient été occasionnées par la gelée sur plusieurs points de la province, il y a néanmoins beaucoup d’autres localités qui n’ont souffert aucun dommage, le grain y ayant
ET pes
échappé, soit qu'il fût coupé, soit qu'il fût trop mûr pour êtte atteint.”
Dans le bulletin du 31 octobre 1884, publié par le même département, il est dit, en parlant de la récolte de 1884 :
‘ On peut affirmer que dans tous les cas où Je blé a été semé à l'époque convenable, sur de la terre préparée à l’automne 1883, la récolte n’a rien souffert, ni de la gelée ni des pluies.”?
Parlant de la récolte de 1885, le bulletin du 3r octobre 1885, dit, après avoir donné des détails des diverses parties du pays :
‘“ Les pertes ne couvrent certainement point toute la province.'’
Et M. Clarke, l'inspecteur des grains, dit à son tour, en parlant de la même récolte :
‘ La gelée à laquelle j'ai référé, n'a pas été générale ; et bien que certains individus ou certaines localités aient pu éprouver des pertes sérieuses, d’autres y ont échappé complètement, et le rendement sera, de tout en tout, dans la province, satisfaisant”?
Mais j'entends l’objection : En 1883 et 1884, bien que les gelèes ne soient venues qu'en septembre, une partie de votre récolte a souffert.
Je ne conteste point ; seulement la chose s'explique.
Par exception, en ces années-là, les semailles se sont faites plus tard que de coutume, lo parce que le printemps a été tardif ; 20 parce qu'un grand nombre de cultivateurs, nouveaux arrivés,n’avaient pas eu l'opportunité de faire des labours d'automne ; et 30 parce que ces mêmes cultivateurs, pleins d'espoir et d’ambition, encouragés par les excellentes récoltes et les prix élevés des années précédentes, ont entrepris d’ensemencer plus de terrain que leurs forces et la main d'œuvre à leur service ne le leur permettaient ; ils ont donc terminé leurs semailles plus tard que d'ordinaire. Du grain semé tard ne peut mûrir de bonne heure ; l’époque de la gelée arrivant, ce grain a souffert : enfin, comme le dit M. le juge Dubuc : ‘‘les semailles ne se ‘ sont pas faites en temps ordinaires et des pluies exceptionnelles en ‘1884, ont, sur la fin de la saison, retardé la maturité des grains ; ”’ voilà, en résumé, l'explication des dommages causés par la gelée en 1883 84.
Ces gelées, coïncidant avec la crise qui devait nécessairement suivre la période de fiévreuse spéculation dont nous avons été témoins en 1881 et 1882, ont produit un malaise facile à expliquer. N'eût été cette coïncidence malheureuse, elles n'auraient pas eu d’effets bien marqués sur la prospérité publique.
it de
| que Jertes sera,
relèes lte a
s plus parce as eu e ces bar les nt enmain rminé
ain BY em