‹ Le Manitoba [microforme]Chapitre 34 sur 71 · DS · texte numérisé non relu

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parties sud des Etats-Unis. En effet, qui ne se rappelle qu’en 188$ les orangeries de la Floride ont été presque entièrement détruites par la gelée |

On ne dit point, néanmoins, que c’est un pays inhabitable,

On ne le dit pas davantage.de la proviuce d’Ontario, et pourtant, voici le témoignage que rend M. Kenneth McKenzie, un ancien résident de cette derniere province :

“Après vingt-sept années de résidence dans Ontario, dans le comté

de Wellington, j'affirme positivement que cette province (Ontario) est beaucoup plus sujette aux gelées d'été que le Manitoba, "’

Qu'on le remarque bien, nous n’entendons pas établir par ces témoignages que nous ne sommes pas du tout exposés aux gelées précoces. Nous ne pouvons garantir aux immigrants que ce qui est déjà arrivé n'arrivera plus. Qui connait l’avenir P

Mais si l’on peut juger de cet avenir par le passé, nous sommes autorisés à dire d’abord, que, règle générale, nos grains parviennent à maturité avant l’époque des gelées, et en second lieu, que nous ne sommes pas plus exposés aux accidents climatériques que la plupart des pays septentrionaux.

Comme conséquence nous croyons pouvoir dire en toute honnêteté aux immigrants qui se disposeraient à venir s'établir parmi nous, qu’ils ne doivent point se laisser détourner de leur projet par cette crainte de la gelée ; le cultivateur qui fait ses semailles en temps convenable n’y est pas plus exposé ici qu'ailleurs.

INCONVENIENTS.—(Suite.)

Pour renseigner exactement la classe immigrante sur notre pays, il ne suffirait point d'en indiquer les avantages, les diverses ressources, et ses perspectives de développement. Il faut en outre prévenir les déceptions en signalant tous ses inconvénients. Il n’y a pas un pays au monde qui n'ait les siens, et si notre province, par le fait qu’elle est un coin de la patrie canadienne, en offre, à nos yeux, moins que la terre étrangère, elle ne fait cependant point exception à la règle générale. :

A divers points de vue, —religieux et politique, intellectuel et matériel—notre pays possède des avantages incontestables ; nous avouons avoir mis une certaine complaisance à les énumérer, et nous n’y trouvons pas matière à regrets : mais nous n’entendons point soutenir non plus que c’est ici le Paradis terrestre.

Hélas ! tout le monde sait bien que ce délicieux jardin n’a eu qu’une existence très éphémère ; et, pour le dire en passant, si nous voulons bien nous rappeler que là le monde a commencé à verser des pleurs,

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que là s’est accompli cette funeste prévarication qui a été comme le germe de tous les maux dont le genre humain est la victime, il n'est peut-être pas selon les desseins de la Providence d'en désirer ici-bas un nouveau |

Quoiqu'il en soit, notre pays n’est pas fait pour ceux qui rêvent de € créer une fortune en un jour, la vie sans travail,

Il en est que d’heureuses spéculations ont promptement porté presque au sommet de la prospérité, et l'avenir nous réserve sans doute encore des exemples d’un succès aussi notable que soudain, C’est le propre des pays nouveaux de tenter les ambitions, de provoquer les aventures ; avec cela, de l'audace, et voilà que la fortune accourt.

D'autres, saus être des chercheurs d'aventures, ont vu tout-à-coup leur sort s’amétiorer par suite de quelque événement imprévu, comme l'ouverture d’une route nouvelle, l'établissement d’un chef-lieu, l'érection d’une gare, le prolongement d’une voie ferrée, etc, etc.

Mais la bonne immigration, celle qu'un pays doit désirer pour développer ses ressources, cultiver son sol, en tirer toutes les richesses renfermées dans son sein, ne saurait se déterminer par de telles considérations.

Cette immigration doit examiner son point de départ, en même temps que le terme de son voyage, ce qu’elle laisse et ce qu’elle trouvera, comparer le fruit du travail des années passées avec les résultats probables des labeurs futurs ; enfin elle doit faire ses calculs en prenant pour base le cours ordinaire des choses.

Nous l’avons déjà dit, notre province offre un vaste champ d'exploitation à toutes les entreprises agricoles, à la culture des céréales et des légumes, à l'élevage des bestiaux, aux industries dont on peut tirer du sol les matières premières. Mais en tout cela, les conditions du succès sont la prévoyance, le travail, la régularité des habitudes, l'esprit de suite, la constance et la patience, toutes choses d’ailleurs faciles, qui ne demandent point de préparation ni de capital, et dont, en aucun pays, l’on ne peut se passer.

Le bon Lafontaine, dans sa fable du Zaboureur et ses enjants, donne une leçon qui nous paraît ici pleine d’apropos :

Trevaillez, prenez de la peine :

C'est le fond qui manque le moins.

Ua riche laboureur, sentant sa mort prochaine, Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins :

# Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage Que nous ont laissé nos parents :

Un trésor est caché dedans.

Je ne sais pas l'endroit, mais un peu de courage:

Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout, Remuez votre champ, dès qu’on aura fait l’oût, Creusez, fouillez, bêchez ; ne laissez nulle place Où la main passe et repasse.” Le père mort, les fils vous retournent le champ, Deça, delà, partout ; si bien qu’au bout de l'an Il en rapporta davantage D'argent point de caché. Mais le père fut sage De leur montrer, avant sa mort, Que le travail est un trésor.

Les leçons de l'expérience et du bon sens sont toujours vraies, et les mêmes dans tous les pays.

Tout fertile qu’il est, notre sol ne donnera donc pas la fortune sans le travail. Mais nous osons affirmer que, règle générale, le succès est certain si l’on veut se soumettre à cette loi du travail, qui est nonseulement l'agent le plus actif de la production des richesses, mais est encore une grande sonrce de moralité, de force et de contentement ; ce qui nous amène à rappeler un vieux proverbe bien connu dans nos campagnes canadiennes : contentement passe richesses.

Cette nécessité du travail ne doit pas être appélée un inconvénient, puisqu’au lieu d’être uniquement inhérente à notre pays, c’est l’une des conditions d'existence de l'humanité, de son progrès et de son bonheur.

* * * On a pourtant dit que nous avions certains désavantages particuliers,

dont les principaux seraient les gelées précoces, le froid, les tempêtes, la grèle, les inondations, la neige, la rareté du bois et de l’eau.

Nous avons déjà parlé bien longuement des gelées précoces ; nous avons établi: 10 que depuis au-delà de soixante ans, c'est à peine si nous comptions guatre récoltes endommagées par les gelées précoces ; 20 que, rêgle générale, les moissons parviennent à leur entière maturité, avant l’époque des gelées ; 30 que cet inconvénient n’est pas particulier à notre pays, et qu'il n’y est pas plus à redouter que dans les Etats au sud de nous.

Il serait donc tout à fait hors de propos de recommencer maintenant cette démonstration. Nous ajouterons néanmoins une remarque qui nous a été faite par les missionnaires, et que nous confirmait naguère Sa Grandeur Monseigneur Grandin : les gelées précoces se font de plus en plus rares avec le développement de l’agriculture et des établissements dans le pays. C’est un fait d'expérience,

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Nous établissons par le témoignage de nos voisins des Etats-Unis, que notre province n’a généralement pas à redouter les tempêtes qui désolent plusieurs parties de l’ouest américain.

Le Pioneer Press, de Saint-Paul, Minnesota, en date du 28 août 1887, écrivait ce qui suit :

“Le fait que nul pays n’est aussi affligé que les Etats-Unis par les tornados donne à toute étude ayant pour objet les moyens de se protéger contre les effets de ces tempêtes une importance capitale... A moins de perturbations géologiques produisant une élévation du plateau et résultant en la formation de quelque chaine de montagnes, nous pouvons nous attendre à la visite annuelle de ces désastreux tornados dans les vallées du Missouri et du Mississipi, entre le trentième et le quarante-cinquième degré de lattitude nord, et entre le quatre-vingt-deuxième et le cent deuxième dégré de longitude. Comme le Minnesota et ie Dakota se trouvent situés dans cette espace, ces Etats sont presque assurés d’avoir à souffrir des cyclones chaque année, Les rapports de plusieurs années, et l’occurence de centaines de #rnados, nous font connaître avec assez de précision les limites en dedans desquelles ces tempêtes sévissent.”

Il est à remarquer que le Manitoba est au nord du quarante-neuvième degré de lattitude ; de sorte que nous sommes, d’après cette opinion, en dehors de la zône affectéc par les cyclones. De fait, l’expérience démontre que notre province est exempte généralement de la visite de ces hôtes incommodes. Ce n’est pas à dire que nous n'avons point de vents. Certes, parfois les vents emportent les caps de quelques cheminées. Mais quel pays est exempt de ces inconvénients P

Quelquefois aussi, nous avons de la grèle, comme ailleurs. Mais comme ailleurs aussi, ces accidents n’affectent qu’une lisière d’établissements. Nous n’avons pas d'exemple que la grèle ou les vents aient ravagé toute la province. Nous sommes, sous ce rapport, ni mieux ni plus mal que la province de Québec.

Nous croyons pouvoir affirmer que les inondations sont ici moins fréquentes que dans les autres provinces de la confédéiation ou que dans les pays qui nous avoisinent vers le sud.

Il y a eu, en 1882, inondation des rives de la rivière Rouge ; mais cette inondation n’a pas causé de torts appréciables ; l’époque des semailles n’en a guère été retardée ; il y avait 25 ou trente ans qu’il n'y en avait pas eu.

Un endroit, sur l’Assiniboine, a, par trois années consécutives, été la victime de l’inondation. Depuis, le fait ne s'est pas répété. Mais cet endroit n’est après tout qu’un point dans la province. C’est facile de

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se placer ailleurs, si l’on craint le retour des eaux hautes, pour em-

ployer une expression locale.

C’est une idée très répandue qu’en hiver nous sommes ensevelis sous la neige.

La vérité est que nous avons, généralement, moins de neige ici que dans la province de Québec. La couche de neige excède rarement dix-huit pouces d'épaisseur. Il y en a tout juste ce qu'il faut pour faire d'excellents chemins d'hiver, pas assez pour nous donner ces cahofs qui, ailleurs, rendent parfois les routes impraticables.

Nous avons aussi de temps à autre des tempêtes de neige que des amateurs de nouveautés ont qualifiées de Z#zzards, mais qui ne sont autre chose que de violentes poudreries : nous nous rappelons en avoir vu chaque hiver de semblables dans la province de Québec.

Ces tempêtes, autrefois assez dangereuses pour le voyageur inexnérimenté qui se trouvait surpris en route au moment de leur plus grande intensité, par suite de l'isolement des habitations, de l'absence de tous points de repère dans ces vastes plaines qui font penser à la mer, n’offrent plus les mêmes périls ; la circulation est dev :nue plus grande avec l’augmentation de la population, les habitäitions sont plus rapprochées, les chemins mieux tracés, et parfois sordés de clôtures ; en un mot, les tempêtes ne font pas plus de victimes ici qu'ailleurs ; et lorsqu'elles en font, l’intempérance en e:t, la plupart du temps, la cause principale.

Un fait peut aider le lecteur à se rendre un compte assez exact de la futilité de l’objection qu’on chercherait à tirer de ces intempéries : depuis que la voie du Pacifique Canadien est terminée et que l’on a pu en compléter l’équippement, la circulation des convois, dans les limites de notre province et sur la ligne principale, n’a pas été interrompue une seule fois par la neige ou les tempêtes. Nous pouvons invoquer sur ce point le témoignage des principaux officiers de la compagnie. C’est ce qu’a constaté dans les lignes suivantes M. Beaugrand, le directeur du journal Za Pa/rie, de Montréal :

« L'expérience vient de prouver que nous sommes mieux situés que ‘ nos voisins les américains, sous ce rapport ; car pendant que les ‘ trains du Vorfhern et du Union Pacific ont subi des retards considé- ‘4 rables depuis un mois, pas un seul convoi du Pacific canadien n’a été ‘* retardé par jes neiges dans les régions que l’on était porté à consi- ‘ dérer avec une certaine appréhension. Les trains partent et arrivent ‘“ à destination avec une régularité vraiment étonnante.

‘ Je parle d’ailleurs avec connaissance de cause, puisque je viens “ de traverser le continent—aller et retour—et je suis heureux d’avoir ‘€ fait le voyage en hiver, pendant l’époque des neiges, afin que mon

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On a raison de dire que le froid est considérable en hiver. Le thermomètre descend parfois au-dessous de 40 degrés. Mais il serait inexact de penser que c’est là la température moyenne. Ces grands froids sont exceptionnels ; et du reste la sensation qu’ils font éprouver n’est pas en proportion des indications du thermomètre.

Dans ses Vingt années de Missions, Monseigneur Taché constate le fait en disant : ‘* Sans cet instrument, le mîssionnaire ne se serait pas ‘€ douté de l’état de l'atmosphère. Chose assez curieuse : souvent, ‘€ quand on marche tout le jour, et que l'on couche à la belle étoile,

‘“ la graduation du thermométre naturel n "est pas d'accord avec celle ‘ des instruments au service de la science.”

Ce que Sa Grandeur Monseigneur l’Archevêque constate dans ce passage, est un fait d'expérience que toute la ropulation du Nord. Ouest peut corroborer. La température chargée d'humidité de climats réputés nlus doux ne vaut point nos froids secs avec leur grand calme, notre ciel d’azur et plein de lumière.

Il est très rare, du reste, que cette basse température se maintienne toute une journée ; aux premiers rayons du soleil, la nature s’échauffe et le froid va diminuant graduellement, jusqu’à ce qu’enfin, au milieu du jour, le thermomètre ne marque souvent plus que huit ou dix degrés.

Somme toute, notre hiver, dont on a exagéré les rigueurs, n’est pas à redouter. Ila même ses avantages, car nous lui devons la remarquable salubrité de notre climat, une partie de la fécondité de notre sol, et les qualités supérieures de nos blés dûrs, si recherchés des meuniers,

Et puis, croit-on que si cet hiver était insupportable comme on s’est plu à le répéter, que la population actuelle du pays consentirait à y séjourner plus longtemps. Nous sommes de chair et d'os comme tout le monde, et comme tout le monde aussi, nous aimons le bienêtre ; cependant, nous ne voyons pas de raison de regretter sous ce rapport les pays d'où nous venons respectivement ; il en est, parmi nous qui n'hésitent pas à proclamer la supériorité de notre hiver sur celui de plusieurs autres parties du Canada et des Etats-Unis,

Dans une lettre datée du 26 août dernier, que me faisait l'honneur de m'écrire le digne curé de Saint-Léon, M. l'abbé T. Bitsche, je trouve les lignes suivantes :

On m'avait décrit l'hiver du Manitoba comme insupportable. Je

suis bien détrompé ; j'ai trouvé ici les mois les plus agréables qu’on puisse voir ; il fait froid, c’est vrai, mais comme c’est un froid sec, on le supporte bien mieux que les hivers pleins de variations des Etats ; et la preuve c’est qu'ici je n’ai jamais vu des hommes ruinés par le froid comme j’en avais rencontré bien souvent dans l’Iowa, le Michigan et autres pays.”

Un détail : les animaux peuvent, sans inconvénients, être hivernés sous de simples remises, et se conserver non seulement robustes, mais même en très bon état ; l’auteur de ces lignes en a lui-même fait l’expérience. Le long de la rivière Rouge et de l’Assiniboine, il est d’anciens colons qui ne leur donnent même aucun autre abri que le bois de haute futaie qui bordent ces rivières.

On s'inquiète à tort de la rareté du bois.

Il y a quelques années, des esprits sérieux se demandaient si la question du combustible ne serait pas plus tard insoluble. Depuis, ces anxiétés sont disparues avec la découverte de mines de charbon dans la province et dans le nord-ouest, et par la construction de voies ferrées qui nous apportent et ce charbon et le bois de la partie est de la province, où sont d'immenses forêts ; plus tard d’autres voies ferrées nous mettront en communication avec le nord, également riche en bois !

Le Boston ÆZera/d, en octobre 1887, parlant des avantages de notre pays, disait : |

‘ On a déjà découvert d'immenses quantités de charbon, et l’on en a commencé avec succès l'exploitation sur la moitié ouest de la ligne principale. Il y a des variétés de charbon bitumineux et d’anthracite. Le premier convoi d’anthracite par navire a eu lieu de Port Moody, ce mois-ci, vers les ports des Etats-Unis sur le Pacifique. Les mines d’anthracite sont aux Montagnes Rocheuses ; elles sont très étendues et contiennent la houille pure et l’on peut prévoir qu'elles vont révolutionner au moins une partie du commerce du charbon sur la côte du Pacifique.”

Les rives de tous les cours d’eau sont boisées, et en beaucoup d’endroits dans la plaine, se dressent, pour employer l'expression du j ays, des /es de bots.

‘ Dans toutes les paroisses françaises du pays, il y a du bois partout,” dit M. Bodard.

Le rév. M. Beaudry, dont on a lu l’obligeante lettre au commence-

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ment de ce travail, dit de son côté dans une communication au Pionnier, de Sherbrooke, du 27 octobre 1887 :

“ J'ai vu le rév. M. Jolys acheter du chêne de quatre pieds -pour $2.50 la corde ; les autres bois valaient deux piastres..…...

‘ Aujourd’hui les bois de construction sont à un prix tout à fait abordable dans cette province...

‘ Les immenses dépôts de charbon du nord-ouest, grâce à la facilité des communications, rendront avant longtemps ce combustible aussi à bon marché à Winnipeg qu’à Montréal.”

Si donc, l’on a pu jadis, exprimer quelque appréhension à ce sujet, il n’y a plus lieu d’entretenir de pareilles craintes.

La paille elle-même qui est en si grande quantité au Manitoba, commence à être utilisée comme combustible. M. Amb. Sarrazin, de Saint-Joseph, a adopté ce syst&nc, et ne voudrait plus revenir au bois, affirmait-il au rév. M. Beaudry, lors de la visite que lui fit ce dernier.

La plus sérieux inconvénient—commun du reste à tous les pays de prairie—que nous ayons jamais trouvé dans le Nord-Ouest est la rareté de l’eau en certains endroits. On ne parle point, bien entendu, des localités situées sur les bords des rivières, lacs ou autres cours d’eau,

très fréquents dans nos plaines ; là, point d’inquiétudes. Mais, a large—c’est ainsi que nous designons la plaine—il n’en était pas ainsi tout d’abord. Cependant, depuis l'organisation des municipalités, les conseils ont pris des mesures pour obvier à cet inconvénient qui disparaît graduellement. On creuse, dans les endroits où les puits ordinaires ne suffisent pas, des puits artésiens qui donnent d'excellente eau. Et l’on peut dire que le moment est déjà arrivé où cette question est, comme les autres, entièrement résolue dans un sens favorable à la province.

Rendant compte de sa visite au Manitoba, M. Aug. Bodard dit : ‘ L'eau potable existe partout et l’on n’a qu’à creuser des puits pour ‘ se la procurer.”

Du reste, nos compatriotes n’ont pas à s'inquiéter de cet inconvénient, car nos groupes sont placés près des cours d’eau, et c’est parmi eux que nous dirigeons les amis qui nous arrivent,

“x Il y a aussi les inconvénients inhérents à tout déplacement. Une famille arrive dans ce pays nouveau, où les commodités de la

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