‹ Le Manitoba [microforme]Chapitre 37 sur 71 · HR · texte numérisé non relu

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de sa vie le plus clair de son travail. Il est usé avant d'avoir pu faire à son tour des économies pour ses enfants. Cette perspective en jette un grand nombre sur la route de l'exil, où ils entraînent à leur suite trop de leurs compatriotes.

C’est un mal qui n’est pas sans remède.

Le déplacement des quelques familles dont nous avons décrit plus haut la situation, aménerait une baisse dans le prix des propriétés ; les familles plus fortunées pourraient, à des conditions raisonnables et proportionnées à leurs ressources, agrandir leur patrimoine, et garder autour d'elles leurs enfants en leur faisant une position plus avantageuse, Ces nouvelles familles essaimeraient À leur tour, et la plaie faite par la saignée se fermerait aussitôt.

La paroisse n'aurait en réalité pas souffert, ni dans le nombre de ses habitants, ni dans la somme de ses productions, ni dans le chiffre de ses affaires. Et cependant, elle aurait donné à quelque groupe canadien, perdu dans les forêts du Nord, ou dans les plaines de l'Ouest, un secours des plus efficaces.

Nous traitons ici d’une assez grave question économique. Elle‘com. porterait plus de développements que nous ne pouvons lui en donner dans ce travail. Toutefois, il est nécessaire de le signaler, Il est bon d'enseigner à nos populations que ce qui arrive n'est pas l'effet du hasard. Il y a des lois données de Dieu, qui régissent les sociétés, leur progrès et leur décadence, Tout ne dépend pas non plus des gouvernements ; le peuple lui-même peut beaucoup pour son bien ou pour son malheur. C'est aux classes dirigeantes à l’éclairer là-dessus ; à elles aussi de montrer la route. C’est pour elles un devoir impérieux, dont le compte qu’elles en devront rendre sera d'autant plus rigou reux qu’elles auront plus négligé de s'en acquitter.

Il y a une autre classe dans les rangs de laquelle se recrute ur. assez grand nombre d'émigrants aux Etats-Unis, et qui pourrait fournir au nord-ouest canadien un bon contingent ; c'est la classe des fermiers,

On et sous l'impression qu’en venant au Manitoba, il faut devenir

propriétaire |

Avec le temps, il est presque certain que tous le peuvent devenir,

Mais un fermier de la province de Québec qui n'aurait pas de ressources suffisantes pour commencer de suite un établissement à son propre compte, ne doit pas renoncer pour cela au projtt de trans. porter sa tente au milieu de nous.

Il peut obtenir, # des termes faciles, tout autour ‘de Winnipeg, de

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Saint-Boniface, dans presque toutes nos colonies canadiennes, des fermes en bonne condition de rapport, quelquefois montées en instruments aratoires, chevaux et animaux.

En ce cas, le partage se fait à moitié, chacun fournissant la moitié des semences.

Nous connaissons des propriétaires de terrains déjà en culture qui se contenteraient du tiers des revenus de la propriété, au lieu de la moitié, comme c'est la coutume dans la province de Québec ; mais en ce dernier cas, le fermier serait requis de se pourvoir à son compte d'instruments aratoires ainsi que des animaux nécessaires à la culture, chevaux où bœufs.

Les conditions de l’affermage des vaches, poules et autres animaux de ferme, sont à peu près les mêmes que dans la province de Québec.

A ces conditions, un fermier peut espérer se faire en peu d’années une position enviable, devenir lui-même propriétaire plus vite qu’ailieurs.

En partageant au tiers, elles pourraient, avec le temps, tant par la culture que par l'élevage des animaux, augmenter leurs ressources. Entre temps, il se présenterait peut-être à elles une bunne occasion d'acquérir quelque terrain, à des conditions avantageuses. A l’expiration du bail qu’elles auraient contracté, elles pourraient commencer pour leur seul compte, l’exploitation de ce terrain.

La classe des fermiers est nombreuse dans la province de Québec ; il y a pour elle un bel avenir au Manitoba.

Pour cette classe surtout, mais pour tous ceux généralement dont les ressources pécuniaires sont limitées, il convient de faire les remarques qui suivent :

La division des terres est ici de 160 acres par lot. De là l’idée généralement répandue qu’il faut, pour s'établir, faire l’acquisition d’au moins 160 acres.

Pour ceux qui le peuvent, soit ! Mais pourquoi les familles qui n’ont pas assez de ressources pour devenir les propriétaires d’un lopin de terre aussi étendu, ne se contenteraient-elles pas de 8o acres ? Cela fait cent arpents. Or, cent arpents de terre, dans la province ‘le Québec, c’est une belle propriété. Le fait est que la plupart des terres sur les bords du Saint-Laurent ou du Richelieu n’ont pas cette étendue, Et là, le cultivateur n’a d’autres ressources que celles que lui offre sa terre, qu’elle ait 50, 60 ou r00 arpents. Il lui faut la diviser en trois parties bien distinctes pour avoir lo son pâturage, 20 son foin, et 3 sa culture de céréales.

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Ici, c'est bien différent. Le cultivateur n'a pas à faire de pareils calcuis. N’aurait-il qu’une propriété de 50 ou 80 arpents, il peut, s’il le veut, la cultiver entièrement en céréales, sans s'occuper de ses pâturages ni de son foin.

S'il n’a pas le foin et le pâturage chez lui, il peut l'avoir, gratuite. ment, (le contraire est une exception excessivement rare) à quelque distance de chez lui, sur des terrains inoccupés.

Ces terrains inoccupés, ces prairies qui s'étendent à perte de vue. offrent cet avantage particulier qu’une famille qui n’aurait pas les ressources suffisantes pour acquérir une terre entière, mais qui aurait suffi samment pour se rendre ici, et s'acheter quelques têtes de bétail, pourrait se livrer avec avantage à l’élevage. Il lui suffirait d’avoir un emplacement pour asseoir ses bâtiments ; le foin et le pâturage seraient à sa portée, gratuitement, tout comme s’il possédait milie acres de terre.

Nous avons des colons qui ne possèdent pas un pouce de terre, et qui cependant ont des troupeaux considérables, Ces colons ont commencé avec presque rien ; bientôt, ils seront en. écat, avec les revenus de leurs bestiaux, d'acheter une belle propriété.

Avec l'argent pour l'acquisition de 10 arpents de terre, quelques

têtes d'animaux, de la conduite et du courage, une famille, se créerait ici, par l’élevage, une jolie position.

Les suggestions que nous faisons à propos du mouvement de la population ne sont pas d’une réalisation difficile ; il suffirait de vouloir dans les lieux d’où part l'influence.

D'un commun accord, faisons, d’une part, la nuit sur les Etats- Unis ; combattons l’embauchage sous toutes ses formes. D'une autre part, répandons des flots de lumière sur nos territoires et leurs ressources ! Le cours des idées changera ; quoiqu'en disent les gens pratiques, c'est par les idées qu’il faut commencer une réaction.

S'il fallait une organisation, serait-ce donc si difficile de constituer à cet effet, dans chaque paroisse, un petit comité composé du curé, des hommes de profession, et des notables ? On forme des comités pour des œuvres assurément d’une moins grande portée que celle-là !

Pourquoi ce comité ne se donnerait-il pas la peine de faire une liste des familles que leurs affaires obligeront en toute probabilité et prochainement à une liquidation ? Ce serait affaire d’un instant !

Il s'agirait ensuite de s'intéresser au sort de ces familles, de les diri. ger, de les éclairer sur les ressources que leur offre le Canada, et sur les devoirs que tout citoyen, serait-il le plus humble, doit à son pays,

Pourquoi les cercles agricoles, les sociétés d'agriculture, les conseils municipaux, etc., ne s’intéresseraient-ils pas à cette œuvre ?

Il ne s’agit pas ici de faire des déboursés ; c’est un conseil à donner, une direction à imprimer, voilà tout !

Faudrait-il d’ailleurs, supporter l’œuvre d'une légère souscription, qu'il n’y aurait pas lieu de s’en alarmer ; le sacrifice serait si peu pour Li toute une paroisse ! Les résultats qu’on obtiendrait seraient si grands, chois

si beaux ! | dé certai # certai * * où ell L'éloquente page qui suit de l'honorable M. Royal, trouve ici sa place : saign

L ; 5 à C ‘4 C'est un fait connu de tous que les anciennes paroisses de “

« Québec, et par anciennes je veux dire celles dont le curé a marié par le te trois ou quatre générations, demeurent stationnaires à l'égard de la son i

& population. Et cependant, comme les abeilles, elles essaiment tous Vo { les ans. . point + Chose admirable ! il semble que les familles se font plus nom- dus

‘“ breuses à mesure qu'elles ont plus d’espace autour d'elles. L’his-

toire des guerres est là pour nous enseigner que dans les années de assise ‘ paix qui suivent les grandes batailles, il y a une recrudescence : entre

“ notable dans les naissances, C'est la saignée qui épure le système en à dure “ Je déchargeant d’un certain trop plein, et qui le fortifie en y créant : Roch “ une sève nouvelle, pleine d'énergie et de fécondité. 1

« Les années de guerre furent autrefois de larges saignées faites aux à contr “ nations. Les fortes seules ont résisté et s’y sont régénérées. : paraît ‘ La Providence nous a épargnés à cet égard. Il y a cent vingt-cinq 1 une à ‘ ans que les Canadiens jouissent d’une paix profonde. Il faut cepen- gratic ‘ dant que la saignée se fasse, et elle s’est faite, et elle se fait. de ‘ Ne craignez donc pas de diriger la cohorte nomade de »0s gens 4 1 “ vers le Nord-Ouest : leur place, à peine vacante, sera bientôt les en ‘“ prise. sert d ‘ En penchant le vase si précieux du beau sang français canadien et les 4 vers l’ouest, souvenez vous que vous l’empêchez de s’épandre vers la où es ‘ Nouvelle-Angleterre. Ceci est d'expérience actuelle, quotidienne. N ‘“ L'émigration canadienne s’est presque arrêtée de ce côté-là ; ” ‘« l’ouest mystérieux l’attire ; quoi que l’on fasse, elle sortira du pays ; canad ‘ poussez la donc vers nos grandes prairies, où l’attendent des groupes No “ vigoureux de compatriotes déjà établis.” tion « ‘ Sans aucun doute, telle paroisse verra subitement diminuer le Main # chiffre de ses familles, et de ses habitants ; je le répète, la recru- | ‘“ descence s'y fera sentir au plus tôt. Et après quelques années, il À cela « “n'y paraîtra plus, au contraire ; cette paroisse n’aura plus de vides | Il e ‘ et elle comptera avec un légitime orgueil les autres paroisses que ses puis, ‘enfants auront fondées à côté d'elle au loin, à l’Est, à l'Ouest, au l'étra Nord, au Sud, Un

‘ Telle est l’'admirable fécondité du sang canadien. Ceci est de ; ‘6 l'histoire d'hier ; c’est l'histoire d'aujourd'hui ; ce sera l'histoire de expri ‘ demain.” n’avo

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