‹ Le Manitoba [microforme]Chapitre 42 sur 71 · FR. DE · texte numérisé non relu

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n'est pas un prix trop élevé pour des terrains, à proximité des écoles, des églises et des marchés.

Ces conditions d'achat sont en beaucoup de cas rendues plus faciles encore par les termes de paiement que l'acquéreur peut obtenir,

Nous le répétons, l'époque actuellc est favorable à l'immigration ; il faut peu de capital pour s'établir, les sites avantageux sont en grand nombre, et la prospérité est à l’horizon.

Si nous insistons, c’est que nous avons peur de voir se renouveler l'expérience des dernières années.

Il y avait au moins dix ans que nos compatriotes d'ici disaient, presque en vain, à leurs amis d’ailleurs, que le Manitoba offrait des avantages sérieux d’établissement, ou de placement, quand en 1881 et 1882 se produisirent ces exagérations d’affaires qui firent croire au public qu'on avait découvert l'Eldorado. A ces reflets de clinquant, à ce bruit de vil métal, on accourut de toutes parts ; néanmoins l'heure n'était pas aussi propice pour le colon que dix-huit mois auparavant, car le prix des terrains avait subitement pris une hausse inattendue, Mais le moment favorable est revenu.

Nous en sommes aujourd’hui à l’époque qui s’est écoulée de 1875 à 1880. Le prix des terrains est à peu près ce qu'il était alors. Les affaires ont repris ler cours normal, et ceux de nos compatriotes qui voudront cette fois prêter une oreille attentive aux renseignements que nous nous efforçons de leur donner, aussi exactement que possible, profiteront, par une détermination immédiate, de la prospérité dont les premières lueurs apparaissent déjà,

Ce que nous disons ici au point de vue pécuniaire, nous pouvons également le dire au point de vue national ; nous l'avons démontré ailleurs.

L'émigration aux Etats-Unis est-elle un remède ?

Ce n’est pas une étude du grand et funeste mouvement de notre population vers la terre étrangère que nous voulons faire ici. Le cadre de ce travail ne s’y prêterait point. Mais nous voulons montrer à nos compatriotes, sans discussion, par le simple exposé d'une série de témoignages pris aux Etats-Unis mêmes, rendus par des compatriotes fixés là-bas, que la république Américaine, pas plusque le Canada, n’est un pays de cocagne :

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Au mois de mars 1879, M. J. D. Montmarquet écrivait dans le Travailleur, de Worcester :

‘ Ce qu’il (le cultivateur canadien) n’a pas calculé, c'est que les ‘ manufactures américaines sont encombrées, comme le sont les rues ‘ de nos villes, et que les salaires y sont tellements réduits qu'ils suffi- ‘{ sent à peine aux besoins de chaque jour.”

Le Franco Canadien du 30 octobre 1879 contenait le paragraphe suivant :

Un grand nombre de Canadiens-français arrivent tous les jours à Mansville et Woonsocket, R. I, pour chercher de l'ouvrage. A ce sujet : ‘* Tâchez donc d'empêcher les Canadiens de se porter en foule vers les centres manufacturiers des Etats de l'Est. Ceux qui nous arrivent éprouvent beaucoup de difficulté à se procurer du travail et nuisent à ceux qui sont déjà fixés par ici.”

Dans son discours aux fêtes du congrès national de 1880, Ferdinand Gagnon nous donnait cette bonne leçon, en indiquant les causes de l’abstention des Canadiens des Etats Unis à ces solennités :

‘Ils se sont abstenus par dévouement pour leurs familles, ils se ‘sont abstenus, afin de prouver par leur absence, aux cultivatéurs de “ cette province qu'ils ont tort de s’en laisser imposer par les em- ‘ baucheurs, et les faux mirages, que la position des émigrés dans la ‘“ république n’est pas enviable, et ils n'auraient pu entreprendre ce ‘ voyage sans s’endetter pour la plupart.”

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