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MYSTEÉRIEUX 217
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—Monsieur l'intendant, ce que j'ai à vous communiquer m'intéresse si vivement, et Je désire tellement que Vous soyez favorable à ma demande, que je veux d'abord me justifier de tout ce qui pourrait me nuire auprès de vous. Vous me croyez votre ennemi ?
__N'en ai-je pas quelques motils apparents ?
répondit M. Hocquart en cherchant à maîtriser sa colère.
Monsieur, vous êtes injuste. Je suis ami de M. le commandant Bégon que l’on nomme votre rival, mais je ne suis ni sa créature ni son partisan. Les intrigues ne conviennent pas à mon caractère. Ne pensez pas, non plus, que mon ancien attachement pour la malheureuse femme de qui je viens vous entretenir, soit la cause de ma démarche auprès de vous. ’est au nom de son vieux père seulement que je viens réclamer votre justice. Je l'eusse fait plus tôt si Joséphine ne in’eût arraché la promesse de ne pas chercher à la défendre contre son indigne époux avant...
__Capitaine DuPlessis, oubliez-vous de qui
vous parlez ? .. —Non, monsieur, je parle de son indigne époux, je le rénète, de celui qui tient une pauvre femme prisonnière, afin, peut-être, d'exécuter des projets criminels. Cela dnit cesser. Je parle en vertu de l'autorité d’un père. Joséphine doit.être délivrée de toute contrainte. Permettez-moi d'ajnuter que l'honneur de personne n’est intéresse autant que le vôtre à ce que l’on fasse droit à de si justes demandes.
L'intendant resta d'abord pétrifié en voyant avec quel sang-froid l’auteur de ses maux se posait en avocat de celle dont il croyait avoir tant à se plaindre. Ilfut un instant sans pouvoir répondre, la fureur l'étouffait. Enfin, il dit :
__Je me demande si la verge du bourreau
ne vaudrait pas mieux, pour punir un miséra-
218 LE MANOIR ble comme Vous, que l'épée d’
ependant, vi] €Spion et lâche Conspirateur, en £arde !
DuPlessis, malgré la profonde Surprise où l'avaient jeté les Paroles de l'intendant, le Voyant se précipiter Sur lui l'épée à Ja main, fut forcé d en faire autant. Le combat conti! nuaïit depuis une Couple de minutes lorsque des PaS précipités se firent entendre dans le parterre.
—Nous sommes interrompus, dit M. Hoc-
quart, Suivez-moi, Sortons d'ici, n s’éloignant, il ajouta :
—Si vous avez assez de courage Pour terminer ce combat, demain, tenez-vous près de moi orsque les amusements Commenceront ; nous trouverons moyen de nous en absenter.
—J'y serai, monsieur. L'insulte que vous
m'avez faite, Auoique j'en ignore le motif, de- Mmande réparation.
un gentilhomme.
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