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LA MANIFESTATION DES CARACTÈRES

fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes, et dont le Fils bien-aimé à passé sur la terre en faisant du bien. » (2)

Avant d'indiquer la manière d'agir envers les enfants dont je viens d'énumérer les divers caractères, il est nécessaire de faire plusieurs observations que vous ne devez pas perdre de vue, si vous voulez réussir à corriger leurs défauts.

(2) S. Matt, V. 15.

Observations sur l'éducation des enfants

Ne vous découragez pas et ne désespérez jamais du succès final, malgré l'inutilité apparente de vos efforts pour corriger vos enfants. Il y a des maladies qui ne sont contrôlées qu'après un long traitement et des soins presque infinis. La persévérance en toute chose est le gage

: du succès. Ainsi ne vous rebutez pas; « corrigez votre

LS . .. A « | enfant, et quoiqu'il ne corresponde pas aussitôt à vos

soins, n'en désespérez pas.» (1) Souvenez-vous que la conversion (> saint Augustin coûta trente années de prières et de supplications à sa mère. Rappelez-vous cet avertissement de saint Paul : (Ni celui qui plante, ni celui qui arrose ne sont rien; mais Dieu qui fait croître est tout.» (2) Par conséquent, priez-le sans cesse de bénir vos avis et vos soins.

Ne corrigez jamais un enfant lorsqu'il est en colère, ou de manière à l’irriter ; € Pères, n'irritez pas vos enfants, de peur qu'ils ne tombent dans l'abattement. » (3) La

1) Prov. XIX, 18 :) 2 Cor. III, 7.

3) Coloss., III, 21.

raison de cette défense et qu'une personne en colère

peut profiter d’une correction, et qu'elle peut même être funeste, aussi funeste qu'à l'enfant de cet homme hante naissance qui, n'ayant qu'un fils unique, s'ét retiré à la campagne, pour s'y consacrer entièrement son éducation. Cet enfant, très intelligent, était génére sensible et énergique. On ne lui remarquait qu'un défai il était irascible.

Un jour i! s'emporta tellement que son père crut dev sévir plus sévèrement: On fait entrer deux hommes arr de verges. Le père fait alors saisir l'enfant et ordoi de le frapper. Soudain, l'enfant pâlit, cesse de criez et pleurer. A la colère succède l’hébêtement. On l'interro point de réponse ; il venait de perdre l'usage de ses fac tés mentales, et il est resté idiot.

Je suis d'avis qu'i: faut rarement frapper les enfai seulement lorsque les autres moyens de correction ont inutiles ; et alors même il ne faut le faire qu'avec mo ration. Aussi je n'approuve point ces parents qui toujours le bras levé, et qui frappent pour une chaise 1 versée, un vase d’eau renversé sur le plancher, une c lerée de soupe tombée sur la nappe, et autres bagate de ce genre. Une personne de bon sens conçoit aisém que si l'enfant est trop jeune pour comprendre, il n pas coupable. S'il est assez âgé pour comprendre qu mal fait, alors faites lui comprendre qu'il ne faut pas : verser les chaises, répandre de l'eau sur le planche jeter de la soupe sur la nappe. Traitez-le comme un raisonnable. Ménagez donc ces corrections pour les fai graves, et soyez convaincus qu'un enfant s’accoutt aux coups, dont il ne tient pas plus compte que criailleries de certaines mères. L'exemple suivant le montre amplement.

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Un abbé se plaignait un jour, à saint Anselme, des enfants qu’on élevait dans son monastère. On lgs punit sans cesse, disait cet abbé, et ils n’en deviennent que plus méchants. Et quand ils ont grandi, lui demandale saint, que sont-ils ? Des idiots, répondit l’abbé. Voilà, répondit le saint, une belle manière d'élever des enfants! elle les change en idiots. Ne voyez-vous pas, qu’en frappant sans cesse les enfants, pour des bagatelles, ils ne sauraient ni vous aimer, ni avoir confiance en vous. De là il arrive que leur cœur se ferme aux sentiments généreux, et qu'ils regardent le monde de travers Pour ciseler nne lame d’or ou d’argent, l’ouvrier se sert du marteau seulement pour niveler, et la polit ensuite avec une lime. L'abbé comprit et promit d’être plus indulgent envers ses enfants.

Quand vous avez promis à votre enfant de le punir, de lui supprimer quelque chose qu’il aime, de le faire mettre à genoux, de le priver d’une petite promenade que vous permettez à ceux de vos enfants dont vous êtes contents, de le priver de porter un habit qu'il affectionne, ou enfin de le fouetter, si cette correction s'impose : tenez invariablement votre parole, à moins que votre enfant, par son repentir, ne sollicite un pardon que vous devez lui accorder généreusement. Dans ce cas, donnez-lui la raison qui vous empêche de tenir la promesse que vous aviez faite de le punir, comme vous devez ordinairement lui donner la raison du châtiment que vous êtes obligés, à regret de lui infliger.

J'ai dit qu'il fallait toujours punir votre enfant quand

s vous l’avez promis ; j'ajoute que rien ne gâte tant les

enfants que de leur promettre des punitions qu'on ne réalise point. C’est le défaut d’un grand nombre de mères, surtout, qui menacent sans cesse, et ne punissent

presque iamais. Il en résulte que les enfants se fami risent avec ces memaces et finissent par n’en faire au

‘as. Soyez donc sobres de menaces, et n’en faites pour des fautes qui en valent la peine ; mais encore fois ne manquez jamais à votre parole, que dans le où votre enfant se repé incèrement,

Comme vous ne faites qu'un, pères et mères, vous de aussi n'avoir qu'un même esprit, une même volonté et même but : bien élever les enfants que Dieu vous a c fiés. On ne réussirait jamais à bâtir une maison, si deux maçons employés à sa construction, l’un arracl les pierres que l’autre pose ; ainsi vous ne condu jamais à bonne fin l'éducation chrétienne de vos enfa si l’un de vous deux annihile ce que l’autre fait. Il v faut absolument vous entendre. Convenez donc de ligne de conduite que vous tiendrez envers chacun de enfants ; et que ni l’un ni l’autre ne s'en écarte, s s'être entendu avec l’autre. Rien ne rend les enfs indociles et irrespectueux, comme l'opposition qu'ils marquent dans la conduite de leurs parents à leur ég: surtout si elle est de nature à encourager des défauts l’un des époux travaille à déraciner. La femme doit souvenir que le mari est le chef de la famille, et que ne goûte pas ses avis, elle doit céder.

J'excepte l'unique cas où un mari déraisonnable irréligieux veut tenir et faire adopter à son épouse : conduite préjudiciable aux intérêts religieux de 1] famille. Mais, même dans ce cas extrême, une fem chrétienne doit laisser ignorer aux enfants son opposit à la volonté de son mari, et n'adopter aucune men d'agir, qu'après avoir pris l'avis de son curé.

Appliquez-vous à cimenter entre vos enfants l’unior plus parfaite, Qu'ils apprennent à s'aimer les uns

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autres, à se pardonner mutuellement, à se rendre service. Vous ies préparerez ainsi à aimer et à obliger leur prochain, à être indulgents envers leurs semblables.

Mais pour infuser ces vertus dans le cœur de vo fants, prêchez l'exemple dans votre manière d'agir ;v envers l’autre. Ainsi, pères et mères, soyez doux, aimables, complaisants l’un pour l’autre ; aimez-vous cordialement, et que vos enfants le sachent ; pardonnez-vous vos défauts, et vos imperfections : aimez à vous rendre service et à vous soulager mutuellement. Si jamais vous aviez quelque sujet de plainte l’un contre l’autre, faites en sorte que vos enfants n'en aient point connaissance. Ne vous reprenez jamais en leur présence ; vous les scandaliseriez.

On ne remarque peut-être pas assez la cause de l’union ou de désunion entre les enfants d’une même famille. Pourquoi des frères et des sœurs, ne vivant plus ensemble, ont-ils toujours un extrême plaisir à se voir et à se rendre service ? Pourquoi d'autres ne se voient-ils jamais, une fois partis de la maison paternelle, et sont-ils quelquefois en discorde ou en procès? Les premiers ont eu un père et une mère qui vivaient dans une douce union et qui aimaient à s’'assister mutuellement ; les seconds ont eu le malheur d'avoir des parents qui ne s’aimaient guère et dont la mésintelligence, en présence de leur famille, était la cause de discordes dont leurs enfants ont hérité.

Quand vous reprenez vos enfants, et que vous essayez de leur faire comprendre que telle action est péché, gardez-vous de fausser leur conscience. Quoique jeunes encore, et peut être incapables de saisir la portée des mots, enfer et damnation, en menacer vos enfants, pour des fautes légères, c'est les exposer, du moins plus tard,

# à pécher mortellement en matière légère. Prenons,

comme exemple, le mensonge. Mentir n'est un pé mortel qu'en matière grave. Ainsi un jeune hon fréquente une maison dangereuse que ses parents lui interdite, et les assure qu'il n’y va jamais, il ment matière importante.

Ne dites donc jamais à vos enfants que les mente iront en enfer, parce que vous les mettrez sous l’imp sion que s'ils mentent, même pour des bagatelles, pécheront mortellement.

Comme vous n'êtes pas plus éclairés que saint Augus qui avoue n'avoir jamais pu distinguer ies péchés mor des péchés véniels, dans un grand nombre de cas, € tentez-vous de dire à vos enfants que telle action défendue par le bon Dieu ; qu’elle est péché. Ceci st pour en détourner vos enfants, sans toutefois fau leur conscience.

N'ayez pas pour un enfant une prédilection ] grande que pour les autres ; tenez la même ligne de « duite envers tous. Si vous avez puni votre petit gar pour une faute qu'il a commise, punissez égalemen petite sœur, aussi raisonnable que lui, qui vient l'imiter. Si vous avez récompensé un de vos enfa pour une bonne action, récompensez pareillement « qui feront la même action. Point de différence m dans la manière d’habiller vos enfants. N’imitez jar la faiblesse du patriarche Jacob envers son fils Jos:

« auquel il & ait donné une robe de différentes coul pour le distinguer de ses autres frères, qu'il affection moins. Vous savez que cette conduite de Jacob ex la jalousie de ses autres enfants, Î:s poussa aux dent excès contre leur frère, et empoiscana les jours du s patriarche.

Les mèrec surtout doivent se défier d’une tendr aveugle, envers quelqu'un de leurs enfants, devenu ic

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