CE
OBSERVATIONS SUR L'ÉDUCATION DES ENFANTS 73 J'ai vu un bon nombre de ces enfants gâtés devenir de petits tyrans dans leur famille, et leur mères assez aveugles pour ne pas s'apercevoir qu'ils étaient insupportables.
Il arrive ordinairement que seuls les avantages extérieurs d’un enfant engendrent cet amour déréglé d’une mère. Cette petite fille menteuse, hypocrite, habile à dissimuler ses défauts, est la favorite de sa mère. Elle est jolie, voyez-vous ; et sa mère en est fière. Les beaux habits, les faveurs, les distinctions, les caresses sont surtout pour elle. Aux autres enfants, les haillons, les punitions, les reproches. Malheureuse mère! vous paierez cher d’avoir adulé cette vipère, qui vous fera verser des pleurs amers, si vous mourez vieille, et si alors vous êtes à sa charge ?
Si quelqu'un de vos enfants se distingue par sa bonne conduite, aimez-le plus que les autres, si vous voulez ; mais ne laissez entrevoir cette prédilection que pour les engager à l’imiter, jamais pour les mettre sous l’impression que vous ne les aimez pas autant. Au contraire, plus un de vos enfants est imparfait ou méchant, plus vous devez lui témoigner de tendresse et de compassion, afin de le rendre meilleur. N'en agiriez-vous pas ainsi envers un enfant dont le corps serait couvert de plaies ? Votre cœur de mère pourrait-il le voir en cet état sans être ému de compassion ? Ne négligeriez vous même pas vos autres enfants pour ce malade ? Les défauts de cet enfant, qu'il a peut-être hérité de ses parents, ou que vous avez négligé de corriger quand il était jeuue, sont-
Lils moins dignes de compassion que les maladies de son
urs du saint !
ne tendresse levenu idole.
corps ? Oh! je vous en supplie, ne l’anbandonnez point. Redoublez vos prières surtout auprès de la Mère de miséricorde. Ne vous découragez pas, et souvenez-vous
encore ici de sainte Monique, qui redouble ses prières et
ses larmes, à mesure que son cher enfant s'enfor davantage dans l'erreur et dans le vice.
Généralement, ne punissez jamais un enfant sans dire pourquoi ; autrement cette punition ne l’amend pas. Faites d'abord comprendre au coupable qu'il commis une faute, et qu'il était aisé de ne la pas commett Témoignez-lui ensuite le chagrin que vous éprouvez pensant que votre cher enfant a fait de la peine au Jésus, qui est mort pour lui sur une croix;qu'il a fait ma son âme,comme il s'était fait mal à la têteen tombant l'au jour ; qu'il a souillé la robe blanche de son baptême com il avait sali ses mains en tombant hier dans la boue ; « son ange gardien a pleuré en voyant pécher le petit garç qu'il est chargé de conduire au ciel, et qu'il sera obligé le dire ce soir au bon Dieu, qui en sera fâché.
Insistez sur ces motifs, et autres semblables jusq ce que votre enfant ait compris le tort qu'il s'est fait, que vous constatiez qu'il en est chagriné.
Parvenus à ce résultat, paraissez moins afligés, pa que vous avez trouvé en lui l'amertume du repentir, est comme l'onguent qui cicatriséra sa plaie.
Voyant donc le petit coupable pénétré de douleur, F lez-lui de la bonté de Dieu qui s'est laissé apaiser par chagrin. Dites-lui que Dieu l’aimera encore parce q le voit bien résolu de ne plus retomber dans la même fai et que, pour la même raison, vous ne le punirez pas cé fois.
S'il retombe, ne vous découragez pas. Rappelez-v qu'après avoir sarclé les carrés de votre jardin, les m vaises herbes repoussent encore, et qu'il vous faut arracher de nouveau. Le cœur de votre enfant est pe être plus susceptible de produire des vices, que le ter: dans lequel vous avez déposé vos graines ne l'est de pou des mauvaises herbes. Recommencez donc avec patien
t s'enfonce
nt sans lu l’amendera ble qu'il a commettre.
prouvez en ne au bon à fait mal à bant l’autre me comme | boue ; que etit garçon ra obligé de
les jusqu'à s'est fait, et
ligés, parce epentir, qui
ouleur, pariser par son parce qu'il même faute, ez pas cette
ppelez-vous in, les mauus faut les nt est peutue le terrain
insistez plus fortement que la première fois sur le mal causé à son âme, en rouvrant la plaie que Dieu avait guérie ; semblez-lui pénétrés d'une plus grande douleur que lors de la première faute. Ne le seriez-vous pas si votre enfant, après être guéri d'une maladie, y retombait une seconde fois ? S'il vous paraît repentant de son péché, et plus fermement décidé à ne pius retomber, pardonnez encore, mais paraissez-lui vous défier un peu de cette seconde résolution, et faites-lui comprendre que vous ne
serez réellement joyeux que lorsqu'il aura donné des
preuves d’un véritable changement.
S'il retombe une troisième fois, il est alors évident que le penchant qui le fait tomber dans ia même faute, menace de s’enraciner et de se transformer en habitude ; il n'y a plus à différer, il vous faut sévir. Pour que le châtiment l’impressionne davantage, dites-lui que vous craignez que le bon Dieu ne soit fâché contre vous, pour ne l'avoir pas puni la dernière fois qu'il s'est rendu coupable ; annoncezlui ensuite, avec chagrin, la punition qu'il lui faudra subir. Cependant ne le punissez pas tout de suite ; laissez le châtiment suspendu sur sa tête une demi-journée, ou même un jour entier : cette conduite le fera réfléchir et lui fera prendre une meilleure résolution de ne plus retomber.
Quand le temps fixé pour ie châtiment est arrivé, répétez-lui combien il vou: en coûte de punir un enfant que vous aimez tendreme it; et ajoutez que vous serez longtemps peinés d'avoir été forcés de le punir.
Pendant que votre enfant fera sa pénitence, demandez à Dieu de la lui rendre salutaire, et de lui faire conc: voir une vraie douleur de sa faute.
En réfléchissant sur ce que je viens de dire, vous comprendrez qu'il ne faut pas attendre, pour reprendre et
st de pousser Bcorriger votre enfant, qu'il ait commis piusieurs fois la
c patience ;
même faute, où qu'il en ait contracté l'habitude, Alo serait beaucoup plus difficile de la lui faire abandon qu'il ne l'était les premières fois qu'il y a tombé.
N'est-il pas vrai qu'on déracine facilement un arbriss qui ne fait que sortir de terre, parce que ses racines : peu enfoncées; mais qu'il devient très difficile de l'arra lorsqu'il a grandi et que ses racines se sont fortifiée plongées plus profondement dans la terre? Ilen es même des mauvaises inclinations du cœur humain. 1 s'y fortifient, s'y enracinent toujours plus fortement la répétition des mêmes actes, comme l'arbre se fixe fortement au sol avec le temps.
Ainsi le grand, et je dirais, l’unique moyen d'empê votre enfant de devenir vicieux ou incorrigible, c'es de vous appliquer à éliminer de son cœur, par de sali res corrections, les mauvais penchants, dès le mon que vous vous en apercevez.
Si vous manquez à ce conseil, vous vous préparez travail fort difficile et qui, dans bien des cas, ne réus que très imparfaitement, surtout si vous attendez que enfants soient parvenus à l’âge de dix ou douze an: même plus tard. Ne savez-vous pas qu'une plaie négl n'en devient que plus difficile à fermer? N'est-il vrai que pour avoir négligé d’arracher cette plante moutarde, dès qu'elle a paru, ce cultivateur ne vier à bout d'en purger sa terre qu'avec des peines inf maintenant qu'elle s'est multipliée? C'est ce qui a dire à un poète païen, ce qu'un poète français a a traduit :
*" Opposez-vous au mal avant qu'il s'enracine, Of t il nt qu'il
* S'il séjourne, il rend vain l’art de la médecine.
Le trait suivant confirmera les avis que je viens vous donner:
NS
ude, Alors il abandonner, mbé.
in arbrisseau racines sont de l'arracher fortifiées et Il en est de imain. Elles rtement par » se fixe plus
| d'empêcher ble, c'est de r de salatai- ; le moment
préparez un , ne réuss;
idez que vo: !
ouze ans, et laie négligée N'est-il pas
e plante de à
ne viendra ines infinies, ce qui a fait çais a ainsi
ne, »”
cine.
je viens de
Il est rapporté dans la vie des Pères du désert, cu'un ancien solitaire interrogé par ses disciples sur la manière de combattre les passions, leur répondit par cette figure: il! était alors dans un lieu planté de cyprès. Il commanda à l'un de ses disciples d’arracher un petit cyprès qui était sous sa main. : ile disciple l’arracha aussitôt, sans aucune peine, d'une seule main. fl lui en montra ensuite un autre un peu peu plus grand, qu'il arracha mais plus difficilement. Pour en arrracher un troisième, il fallut qu'un de ses compagnons l’aidât, et encore ne l'arrachèrent-ils que péniblement. Enfin, le vieux solitaire leur en désigna \n beaucoup plus gros. Tous ses disciples se mirent à | œuvre, et ne purent jamais venir à bout de l’arrecher. Alors le maître leur dit: voilà, mes chers enfants, ce qu'il en est de nos passions; au commencement, il est facile de les dompter, mais lorsqu'on leur a laissé pousser de profondes racines il est presqu'impossible de les dominer. Travaillez done de bonne heure à combattre des ennemis qui peuvent entraîn perte éternelle.
Quels justes reproch ient pas droit de vous faire vos enfants, obligés di itre des inclinations qu'il vous eut été si facile «te er pendant qu'ils étaient jeunes!
Un moyen facile de faire comprendre aux em. ‘ts leur conduite est de la plus grande importance, et que vous vous y intéressez plus qu'à toutes les rhoses de la terre, serait d'agir comme sit Qu'un pèr: chagr: ‘ois au'il revient de son travail o. ‘de voyage, s'empresse en arrivant chez lui, de demanadæ: à sa femme, comment se ont comportés les enfants. Ont-ils été obéissants à leur maman; se sont-ils chicanés; ont-ils :ffensé Dieu ? Que la mère raconte franchement à son ma:iice qui enest. Que le père écoute attentivement; qu'il témor 1e son mécontentement aux indisciplinés; qu’il complimente la bonne con-
ue :
A de Don
duite des autres. Si tous les enfants se sont bien co: portés, qu'il paraisse heureux, et témoigne le plaisir qu éprouve d'être de retour à la maison. Si, au contra la mère a lieu de se plaidre de ses enfants, qu'il se mont moins gai et qu'il leur dise combien il se trouve malhe reux de tant travailler pour de petits ingrats, qui o fait de la peine au bon Dieu, et à leur maman qui sacrifie pour les empêcher de rianquer de quelque cho:
Cette manière d'agir aura pour résultat de soute: l'autorité de la mère ; porter les enfants à lui obéir et la respecter ; de les engager à se bien conduire penda l'absence de leur père, et enfin de leur faire comprend que l'important est de mener une vie sage et chrétient
Tenez vos petits enfants toujours occupés, parce q rien n'est aussi dangereux que l'oisiveté. Qu'ils joue ou qu'ils fassent quelques petits ouvrages, selon le ‘apacité. On augure mal d'un enfant indolent, rêve taciturne. Il deviendra un fainéant ou un libertin. D tribuez donc la journée de vos enfants en amusements en petits travaux, de manière que les jeux soient la réco pense du travail et comme un délassement de l’applic tion qu'ils y ont donnée. De cette façon, vos enfants s': coutumeront à comprendre *“ qu'il faut gagner son p: à la sueur de son front ”, (1) ‘et que celui qui ne ve pas travailler, selon ses forces, ne doit pas manger.” | Vous les préserverez ainsi de la dissipation occasionr par des jeux continuels, dont l'effet est de rendre enfants incapables de rien de sérieux, même dans choses de leur salut.
Il est d'une conséquence incalculable, pour le bien votre petite famille, que l'aîné de vos enfants soit b
(1) Gen., IE, 16, (£) 2 The, II, 10.
bien comlaisir qu'il 1 contraire lse montre ve malheuts, qui ont an qui se que chose.
e soutenir obéir et à re pendant omprendre chrétienne.
parce que ils jouent selon leur nt, rêveur, ertin. Dissements et it la récome l'applicaifants s'ac- Tr son pain qui ne veut anger.'” (2) »ccasionnée rendre les ve dans Îles
le bien de ts soit bien
| rellement.
og
Edit
Æcrovez rien, répliqua le père.” En disant ces mois, il
OBSERVATIONS SUR L'ÉDUCATION DES ENFANTS 79 formé. Sa conduite, influant d'une manière étonnante sur ceux qui le suivent, les plus jeunes l'imiteront natu- Si, malheureusement, il était gâté par un amour déraisonnable, que deviendront les autres enfants ? Donnez donc tous vos soins à ce premier-né ; une fois dressé aux vertus de son âge, il vous aidera puissamment à dresser les autres, par son exemple, et quelquefois même par ses bons conseils à ses frères et sœurs. Un bon enfant devient un apôtre dans sa famille, comme un mauvais enfant y joue le rôle d'un démon, et peut d'autant plus facilement perdre les autres, qu'il est leur aîné. Dans dernier pourries.
Un jardinier avait un enfant bien élevé qui eut le malneur de passer quelques jours avec un camarade gangrené par les mauvaises habitudes. Le père, qui veillait soigneusement sur son fils, s'aperçut bientôt de l'effet déplorable de ces relations sur le caractère de son enfant. Pour son instruction, et celle de tous ceux qui sont chargés d'élever des enfants, il alla dans son jardin cueillir sept pommes : six étaient saines et belles : la septième était pourrie. Il les plaça dans même corbeille, et les ofrit à son fils. L'enfant les accepta avec plaisir, minis apercevant la pomme pourrie : “* Papa, dit-il, pourquoi cette pomme ? Elle gâtera les autres, si on ia laisse avec elles.” * Au contraire, dit le père, les autres la bonifieront." Le père prit ensuite la corbeille, ei la mit sous clef dans une armoire. Quelques jours après, il invita son fils à venir voir ses pommes ; trois commençaient déjà à se gâter. “ Papa, dit l'enfant, je vous l'avais bien ‘* N'en
ce as, se réalise l’histoire des pommes
vous verrez qu'elles pourriront toutes.”
replaça la corbeille dans l'armoire. Cinq jours après, il
Sappela de nouveau son enfant, et lui remit la corbeille.
8c LE MANUEL DES PARENTS CHRÉTIENS
mais hélas! elle contenait plus que des pommes pourrie
Cette histoire aura toujours son appli ation dans u famille dont l'aîné #st un mal élevé: il gâtera les autr enfants, comme cette pomme pourrie avait gâté les autr pommes.
Il est défendu, par la charité, d'épier et de mal inte préter la conduite du prochain; mais cette règle s'applique pas aux parents à l'égard de leurs enfants. leur est permis, et même il leur est prescrit d'être défian de suivre leurs enfants, et d'observer ce qu'ils disent font. Pour eux, comme pour tous ceux qui réponde des autres, cette manière d'agir est une obligation de conscience, que Jésus-Christ a recommandée en disan «Scyez prudent comme des serpents.» (1)
Les parents qui manquent au devoir de la vigilan sur leurs enfants, sont comme les statues dont parle prophète David: «Elles ont des yeux, et elles ne voie point, elles ont des oreilles, et eiles n'entendent pas. » ( Alors les enfants font ce qu'ils veulent, et trompent leu parents, qui n’ouvrent les yeux que lorsque le mal € sans remède.
C'est un orgüeil mal placé, de vous offenser si quelqu'i vous dénonce vos enfants. Au lieu d'être mécontent remerciez-le. Vous fâchez-vous contre celui qui vo avertit que vos animaux sont passés dans un clos ens mencé, qu'une de vos bêtes est tombé dans un foss ou que le feu prend à votre grange ? Au contraire, vo: lui êtes reconnaissants de cet -avertissement qui voi permet de sauver votre grain, votre animal et vot grange. Pourquoi donc êtes-vous indisposés contre cel qui vous prévient que votre enfant a fait une fredain
il} S. Matt., X, 16.
2) Ps. CXILL, 5.
s pourries.
1 dans une les autres les autres
mal inter- > règle ne nfants. Il re défiants, disent et répondent igation de en disant :
vigilance it parle le ne voient t pas. » (2) 1pent leurs le mal est
quelqu'un écontents, qui vous clos enseun fossé, aire, Vous qui vous | et votre ontre celui e fredaine.
OBSER V ATIONS SUR L'ÉDUCATION DES ENFANTS 81
Si celui qui vous empêche d'éprouver un dommage temporel, vous prouve son amitié; cet autre qui vous permet de préserver votre enfant du malheur «de se perdre, est encore plus votre ami. Pourquoi donc remercier le premier, et s’irriter contre le second ? J'ai même vu des parents, assez peu sages, pour bouder leur curé, parce qu'ils les avertissait de l’inconduite de leurs enfants, comme il est obligé. Peut-on imaginer conduite plus déraisonnable!
Quand même la personne qui vous avertit serait mal informée, tout de même soyez-lui reconnaissants. Dans ce cas, tenez-lui compte de l'intention qu’elle avait de vous ob:.ger. Sinon, avertisse jamais des fautes commises par vos enfants, à votre insu, et vous serez les derniers à apprendre leur mauvaise conduite, ou vous ne le connaîtrez que lorsque leur réputation sera compromise.
Pour nous engager à bien vivre, Dieu ne nous promet pas seulement des châtiments et des récompenses dans l'autre vie, mais il nous en donne un avant-goût dans la vie présente, par la paix et la consolation dont jouissent ceux qui le servent fidèlement, et par les remords et les chagrins qui abreuvent ceux qui transgressent ses commandements. Il nous détourne ainsi du mal, et nous porte au bien. Imitez cette conduite envers vos enfants, vous ne devez ni punir, ni gronder, ni châtier, ni reprendre sans cesse; vous les décourageriez. Sachez leur faire plaisir et les récompenser en temps et lieu.
Il vous faut cependant, en ceci comme en tout le reste, agir avec discrétion. Si les récompenses étaient trop fréquentes, elles ne feraient bientôt plus d'impression sur vos enfants; si, au contraire, elles étaient trop rares,
Vous gagnerez qu’on ne vous
vos enfants trouveraient trop pénible ce qui pourrait les
leur mériter. Prenez donc pour règle de récompenser vos
enfants, chaque fois qu'ils se seront distingués par quelq bonne action. Donnez des récompense: ordinaires extraordinaires, suivant le mérite ou l'importance l’action. Une grande récompense consistera à leur acc der une chose qu'ils convoitent ; une récompense ordina sera de leur occorder quelque chose qu'ils envient moi
En récompensant ainsi vos enfants, veillez à nep donner une chose propre à favoriser un mauvais pe chant ; comme, par exemple, donner des friandises à gourmand ; un bel habit à une petite fille vaniteusi une distinction à un orgueilleux. Alors vous jouerez qui gagne, perd :; ce qui ne serait avantageux ni à voi ni à vos enfants, puisque pour cicatriser une plaie, vo en ouvririez une autre. Votre conduite ressembler: à celle d’une personne qui, après avoir eu bien de peine à nettoyer les taches d’un habit, irait le jeter da l’eau grasse.
Sans négliger vos autres enfants, appliquez-vous su tout à bien former vos filles. Rien n'est plus nécessa au bien général de la société. [Les femmes sauvent : perdent le monde, suivant qu'elles sont bonnes méchantes.
Pour vous en convaincre, il suffit que vous fassiez atte tion à l'empire d’une mère de famille sur ses enfants, s( pour le bien, soit pour le mal. On peut dire, sans crain de se tromper, que, pendant le cours de leur vie, | hommes sont presque toujours tels qu'ils sont sortis d mains de leurs mères.
Apoliquez-vous done, mères chrétiennes à infuser da l’âme de vos filles, les vertus et les qualités religieuses sociales qu'elles devront, un jour, faire passer dans cœur de leurs propres enfants.
Ces vertus et ces qualités sont surtout la pude:r, franchise, l'honnêté, l'esprit de dévouement et de sacrifi
ar quelque linaires ou ortance de leur accore ordinaire ent moins.
Z à ne pas uvais pendises à un raniteuse ; s jouerez à ni à vous, plaie, vous semblerait bien de la jeter dans
;- VOUS Sur-
nécessaire auvent ou bonnes ou ssiez atten- 1fants, soit ans crainte ur vie, les
sortis des
\fuser dans ligieuses et er dans Île
pudesr, la le sacrifice,
OBSERVATIONS SUR L'ÉDUCATION DES ENFANTS 83 le mépris du luxe, des avantages éphémères de la beauté, des louanges et des flatteries, et ce renoncement, cette abnégation qui les rendent aptes aux fonctions qu'elles sont appelées à remplir à l'égard d'un mari et d’une famille.
Vous leur rendriez un mauvais service, ainsi qu'à la
L société, si vous étiez assez peu sages, pour laisser grandir
en elle l'amour insensé d'elles-mêmes et du monde, amour qui leur préparerait un avenir de mécomptes et rendrait les autres malheureux.
Je ne saurais vous approuver de faire donner à vos filles une instruction qui les déclasserait et les énorgueillirait. La première science d'une femme est celle de la religion qui, certes !est assez belle et assez étendue pour utiliser tous les loisirs d'une jeune fille.
N'oubliez donc jamais, mères de famille, que la fin de
l'éducation maternelle étant de déposer, dans le cœur des
hg
enfants, ces germes de morale que nous enseigne la reli- “ion, vous devez en être parfuitement instruites, et même en avoir goûté le charme, afin de pouvoir non seulement la faire connaître, mais surtout la faire aimer à vos enfants et leur en faciliter la pratique.
Ayez soin que vos filles ne lisent aucun livre, de nature à leur fausser l'esprit ou à corrompre leur cœur. Notre siècle est inondé de romans immoraux, litencieux, publiés sous toutes les formes, et portant souvent des Utres propres à faire croire qu'ils ne peuvent qu'édifier. Une jeune fille est perdue, si elle lit des romans immoraux ou
Que les mères chrétiennes ne l'oublient jamais :
livencieux.
Rien, à mon avis, ne serait plus avantageux que la manière d'agir d'une bonne mère qui, chaque matin, räappellerait à ses enfants, à la fin de leur prière, les fautes
& du jour précédent, et leur ferait prendre la résolution de
ne plus les commettre. Elle rendrait encore plus effica les résolutions du matin, si, pendant la journée, elle encourageait à ne pas y manquer. Enfin, elle complè rait son œuvre si, à la fin de leur prière du soir, elle ll faisait rendre compte de l'emploi de la journée, et finiss par leur faire demander pardon à Dieu, le remercier, prendre la résolution de persévérer.
Recommençant ainsi tous les jours, cette mère vert bientôt un changement notable chez ses enfants. Car tribunal maternel où le petit enfant rendrait compte bien et du mal qu'il a fait pendant la journée ; la com raison que pourrait faire sa mère entre le bien et le 1 de chaque jour ; la résolution de se corriger, renouve matin et soir, la joie ou le chagrin exprimé par sa mè en un mot, cette sollicitude incessante aurait les 3 heureux résultats.
L'ingratitude est un défaut qui se généralise de plus plus. Il est aisé de s'en convaincre. Or l'ingratitu comme l'orgueil dont elle est la fille, est “ odieuse à D et aux âmes bien nées”. Prenez donc garde, pères mères, que vos enfants n'augmentent le nombre de hommes ingrats et sans effection dont parle l'apôtre sa Paul. Pour leur rendre familière la belle vertu de reconnaissance, accoutumez vos enfants, tout jeune être reconnaissants pour les présents qu'on leur fait les services qu'on leur rend. Parlez-leur souvent de ce vertu comme l'une des plus propres à leur mériter 1 time, parce qu'elle est la marque d'un enfant bien éle comme l'ingratitude est le signe d'un mauvais cœur.
Après avoir tracé ces règles générales, que je vous } de nouveau de ne jamais perdre de vue, ; aborde la gr question des moyens à prendre pour corriger les différe penchants de vos enfants.
lus efficaces née, elle les e complèteir, elle leur , et finissait -mercier, et
aère verrait ts. Car ce compte du
; la compa- |
n et le mal renouvelée ar sa mère ; it les plus
: de plus en ingratitude, use à Dieu
e, pères et !
nbre de ces !
apôtre saint vertu de la ut jeunes, à leur fait et ent de cette
nériter l’es- &
. bien élevé, s cœur.
je vous prie {
rde la grave
es différents #
La correction des défauts des enfanis
Veuillez remarquer que les vices se corrigent par la pratique des vertus qui leur sont contraires ; comme la colère, par la douceur ; l’orgueil, par l'humilité ; l’opini4treté, par la soumission ; l’emportement, par la modération ; la pusillanimité, par la fermeté : l'hypocrisie, par la franchise et la sincérité ; la dureté et la vengeance, par la compassion et la miséricorde : la légèreté et l'inconstance, par l'application et la persévérance. Si voire enfant est porté à la colère, il faut donc le rendre doux ; S'il est orgueilleux, il faut le rendre humble, et ainsi de suite,
Vos enfants sont comme une terre en bois debout, dont il vous faut abattre les arbres, arracher les souches, ôter les pierres, et qu'il vous faut ensuite
Voilà votre tâche
entourer de clôtures, labourer et ensemencer pour qu'elle
puisse profiter à son maître.
Je ne vous le dissimule pas : cette tâche est «difficile, exige ne vigilance de tous les instants. Malgré cela, il vous faut l’entreprendre et la conduire à bonne fin, avec le secours de Dieu et des moyens particuliers que je vais suggérer,
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Si après avoir tout fait pour corriger un enfant, voi ne pouvez réussir, ne vous chagrinez pas. Souvenez-vot que votre devoir consiste seulement à planter et à arr ser, et que Dieu fera fructifier de la manière et dans | temps qu'il lui plaira.
Lorsqu'un enfant irascible est remis de sa colèr faites-lui remarquer combien est méchant ce vilain chier toujours fâché et prêt à mordre. Montrez-lui ce déte: table chat qui vient d’égratigner la petite fille qui joua avec lui. Faites ensuite la comparaison entre lui et c« êtres privés de raison, et, par conséquent, moins coupabl que lui. Faites en sa présence l'éloge de tel enfant qu connaît, toujours de bonne humeur et content, et aimé « tout le monde ; au lieu que lui, est détesté, qu'aucun ar ne veut jouer avec lui, parce qu'il se fâche à propos « rien.
S'il n'y a aucun danger de l'exaspérer, placez-le devait un miroir, afin qu'il constate comme il s'enlaidit quand se fâche. S'il lui arrive de voir quelqu'un en colère, 1 manquez pas de lui faire remarquer combien ce défaut défigure : il n'est plus maître de lui-même; son sat bouillonne ; il est pâle comme un mort, ou rouge comn in tison ; ses veux sont étincelants, ses dents serrées, si membres tremblants, sa voix rauique, ses paroles incoh rentes, sa bouche écumante, sa respiration entrecoupés les sucres, les imprécations s'échappent de ses lèvres, sc cœur semble vouloir s'échapper de sa poitrine... C homune ne ressemble-t-l pas à un démon, ou mieux à ui béte féroce ?
Demandez à votre enfant, s'il aimerait à deven comme cet homme, et quelle que soit sa réponse, dites-l qu'un joûr il ressemblera à ce furieux, s’il ne travaille p: à s'amender.
ant, vous enez-vous t à arroet dans le
sa colère, ain chien, ce détesqui jouait lui et ces coupables ifant qu'il et aimé de wucun ami propos de
le devant t quand il colère, ne + défaut le son sang ge comme vrrées, ses es incohérecoupée ; lèvres, son en ieux à une
à devenir e, dites-lui ivaille pas
linent soit passé.
cience.
Elevant, à mesure qu'il grandira, vos leçons à des considérations plus dignes d’un chrétien ; parlez-lui souvent de la douceur du Sauveur, devenu notre modèle en se faisant homme, que l'on soufflette, à la figure duquel on crache, qu'on flagelle, dont on déchire la tête avec des épines, dont on perce les pieds et les mains, et qui endure tous ces traitements sans se plaindre, Faites lui comprendre qu'il lui faut devenir doux comme Jésus, s'il veut être aimé de Dieu et des hommes.
Témoignez-lui votre satisfaction chaque fois qu'il remporte une victoire sur son mauvais penchant, et faites-lui espérer que bientôt il ne se fâchera plus.
Punissez-le de temps en temps, surtout quand la colère aura éclaté ; mais attendez toujours que son emporte- Prenez garde, toutefois, de châtier brusquement ; vous risqueriez de tout gâter. Au contraire, que le châtiment soit toujours modéré ; dites-lui paternellement que vous espérez bien le punir pour la dernière fois.
Si votre enfant, malgré son caractère irascible, est sensible, soyez assuré que vous viendrez promptement à bout de le rendre doux et aimable, en lui continuant vos soins accompagnés de la prière.
L'exemple suivant, rapporté surtout après un accès de colère, pourra faire une salutaire impression sur cet enfant
Un jour, un homme de condition fit demander à saint François de Salles une position pour quelqu'un qui l'intéressait. Le saint ne crut pouvoir l'accorder en cons- Le solliciteur vint alors s’en plaindre au saint ; +t, dans sa colère, le traita de la manière la plus outraseante.
Saint François de Salles ne répondit pas un mot, et le jaissa partir sans manifester la moindre impatience. Son
88 LE MANUEL Dis PARENTS CHRÉTIENS
frère, qui était présent, lui demanda comment il avait pi supporter en silence un tel outrag Le saint lui répon dit : non seulement dans cette occasion, mais dans bier d'autres, je ses la colère bouillonner dans mon cerveau comme l'eau dans un pot sur le feu ; mais j'ai fait ur pacte avec ma langue pour qu'elle ne prononce jamai une parole, quand je ressens de la colère dans mon cœur
Faites pratiquer à votre enfant la mème tactique : n jamais parler quand il aura le cœur ému de colère, et : deviendra comme le saint évêque de Genève.
Un orgueilleux a quelque ressemblance avec le démon le premier des orgueilleux, que Dieu a humilié en le dé pouillant de ses privilèges et le précipitant en enfer.
Je ne parle ici que d'un enfant qui donne lieu à craindre que l'orgueil ne devienne le mobile de ses ac tions ; d'autant plus qu'il est le fond de la nature humain depuis qu'Adam a désobéi à Dieu à la folle espérance de devenir semblable à son Créateur.
Pour corriger votre fille trop fière de sa beauté, de s bonne mine, de son esprit, de ses talents et des autre dons que Dieu lui a prêtés, rappelez-lui que ce corps, qu est son idole, est pétri avec la terre qu'elle foule sous se pieds ; qu'à part la raison, elle est inférieure à la plupar des animaux, dont le corps et les organes ont des quali tés physiques supérieures aux siennes ; que la fleur de champs est beaucoup plus richement habillée qu'elle nel sera jamais ; qu'une maladie, un accident, une blessure la picote peut défigurer ce visage qu'elle idolâtre, et qu
«+ bientôt peut-être la mort la réduira en poussière. Montrez lui cet oisea” de basse-cour, qui se pavanne et ne fait pa là que se rendre plus laid.
Répetez-lui que l'esprit et les talents doivent faire trem bler, puisque Dieu demandera plus à celui à qui il aur
avait pu ui réponlans bien cerveau, ai fait un e jamais on cœur.
ique : ne lère, et il
e démon, en le défer.
lieu de e ses achumaine espérance
ité, de sa es autres ‘Orps, qui 2 SOUS ses a plupart des quali- , fleur des r'elle ne le blessure, re, et que Montreze fait par
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plus donné ; qu'il exige qu’on lui en rapporte toute la gloire ; qu'il peut enlever ces talents, et qu'on peut devenir comme cet idiot qui ne sait ce qu'il dit et ce qu'il fait, Faites-lui remarquer que cette petite fille qu'elle dédaigne. est plus aimable, parce qu’elle est sans prétentions. Détaillez-lui les qualités de celles auxquelles elle se préfère, et mettez ses défauts en regard, afin de l'humilier ; rappelez-lui ce bel archange, que Dieu n'avait orné de tant de qualités que pour qu'ilen fit hommage à son Créateur, mais qui poussa l’orgueil jusqu'à vouloir s'élever contre son Dieu, qui le changea aussitôt en démon.
Puis, à mesure qu'elle raisonnera mieux, citez-lui l'ex emple de la sainte Vierge, devenue mère du Fils de Dieu, Reine du ciel et de la terre, parce qu’elle s'est considérée comme l’humble servante du Seigneur ; celui de la reine Jézabel qui, parée de ses plus riches habits, se place à la fenétre pour se faire admirer, mais que Dieu fait précipiter à terre où son corps est dévoré par les chiens.
Rappelez-lui souvent que Dieu méprise les orgueilleux, qu'il les regardent de loin, qu'il les laisse tomber dans l’aveuglement spirituel et dans des péchés honteux; qu'il deviennent odieux à Dieu et aux hommes, tandis que Dieu aime ceux qui sont doux et humbles de cœur, parce qu'ils ressemblent à son Fils bien-aimé, qui a voulu naître dans une étable, et expirer sur une croix entre deux voleurs.
Si les conseils ne la rendent pas plus humble, profitez de certaines circonstances pour lui ménager quelque humiliation. Citez-lui l'exemple suivant, par lequel Dieu nous fait connaître combien l’orgueil lui déplait, *
Un roi avait vaincu tous ses ennemis, et soumis une grande partie de la terre; mais malheureusement il n'avait pas su vaincre son orgueil. Il possédait des richesses
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