‹ Le manuel des parents chrétiensChapitre 20 sur 78 · LL · texte numérisé non relu

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immenses, ?t était servi par une légion de serviteurs empressés à exécuter ses volontés. Il s'était fait bâtir un magnifique palais, et avait environné Babylone, sa capitale, de murailles d’une hauteur prodigieuse. Un jour qu’il se promenait et contemplait la ville et la multitude d'hommes qui lui étaient soumis, il s’écria: (N'est-ce pas là cette grande Babylone que j'ai faite la capitale de mon empire, et que j'ai bâtie dans la grandeur de ma puissance et dans l'éclat de ina gloire?» Une oreille, qu'il ne voyait pas, écoutait ces paroles orgueilleuses. C'était l'oreille de Dieu à qui seul appartenait li gloire qui était son héritage. Une voix se fit entendre, au moment où cet insensé achevait de parler ainsi: (Parce que vous n'avez pas rendu grâce à Dieu, votre royaume passera en d’autres mains; vous serez chassé de la compagnie des hommes; vous irez demeurer avec les bêtes des champs et avec les animaux des forêts, et vous mangerez de l’herbe comme un bœuf. »

A l'instant même, cet orgueilleux s’imagina être changé en bête. Il quitte son palais; se dépouille de ses habits royaux, et le voilà en la compagnie des animaux des champs, où il broute l'herbe comme un bœuf. «Son corps nu fut trempé de la pluie du ciel, ses cheveux devinrent longs comme les plumes d’un aigle et ses ongles comme les griffes des oiseaux de proie, » (1)

Ce roi orgueilleux que vous voyez dans les champs, broutant l'herbe comme un vil animal, s'appelait Nabuchodonosor. Il demeura sept ans dans ‘et état de démence. Alors Dieu lui rendit le sens et l’esprit; il reconnut et confessa que tout vient de Dieu, et il remonta sur son trône.

(1) Dan., IV. 27. 28. 29. 30. 31.

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L'opiniâtreté et l’entêtement sont difficiles à corriger, surtout quand un enfant est intelligent. Avec un tel enfant, il faut vous armer de patience et de fermeté; mais ne le brusquez pas plus que l'enfant colère et emporté.

Faites-lui remarquer ce cheval rétif qui refuse de partir au commandement de son maître et n'avance qu'après avoir été fouetté; c'est l'image du petit garçon entété. Qu'a-t-il gagné par son entêtement ? Continuez la comparaison entre ce cheval rétif et votre petit opiniâtre. S'il n'obéit pes, vous serez obligés de le punir, et il lui faudra faire ensuite ce que vous aurez ordonné! N'est-il pas plus avantageux pour lui de le faire tout de suite, et de ne pas imiter ce cheval rétif que son maître frappe jusqu'à ce qu’il avance.

Dans les occasions où il manifestera plus d’opiniâtreté, dites-lui qu’il ne peut y avoir deux maîtres dansla même maison, et que vous allez lui céder votre place. Prenez alors un air et un ton sérieux, demandez-lui ce qu'ilyaà faire, et dites-lui que vous êtes à ses ordres. Supposé qu'il soit assez impertinent pour accepter votre proposition, continuez à jouer votre rôle: vous l'aurez bientôt embarrassé en le questionnant sur une foule de choses. Quand vous l’aurez ainsi acculé au pied du mur, sermonnez-le sur sa folie de prétendre, si jeune et si ignorant,

faire à sa tête. Alors reprenez la direction de votre maison.

Faites souvent, en sa présence, l’éloge de ceux qui sont soumis et dociles. Faites remarquer, sans paraître le viser, combien ils vivent heureux ; ils ne sont jamais punis ; jamais humiliés ; tout le monde les aime ; leurs parents les bénissent, et leurs mamans les embrassent affectueusement.

Un excellent moyen de lui faire comprendre combien son opiniâtreté est déraisonnable et affligeante, serait de lui refuser quelque chose qu’il désire beaucoup, dont il a besoin même, et de rester sourd à ses instances. Quand il sera fatigué et rebuté de solliciter, dites-lui que la peine qu'il a ressentie, n’est rien en comparaison de celle qu'il vous cause, quand il refuse d’obéir.

Faites-lui enfin remarquer, quand il sera plus raisonable, que devant toujours dépendre de quelqu'un, à qui il faudra, bon gré mal gré, obéir, il doit s’accoutumer à céder à propos, ou bien s'attendre à b'in des désagréments.

Avec un tel enfant, ne vous rebutez pas, et surtout ne vous emportez pas. Persévérez et priez Celui qui peut « d’une pierre faire un enfant d'Abraham » (1), c’est-à-dire, changer le loup en agneau et vous aider de sa grâce.

Tous les hommes naissent avec l’inclination de faire leur volonté plutôt que celle des autres. Attendez-vous donc à trouver le germe de l’insubordination dans l’âme de vos enfants, surtout de nos jours, -qui semblent appartenir à ces temps fâcheux, où les hommes seront désobéissants à leurs pères et à leurs mères.

C'est pourquoi, commencez à combattre ce penchant, dès l'enfance. Le Saint Esprit, dans les Saintes Ecritures, en fait fait un devoir rigoureux aux pères et mères, et se sert du mot courber. Or, pour courber et plier un arbre, il faut qu'il ne soit encore qu’un arbrisseau. Devenu grand, il résiste à tous les efforts, et se rompt plutôt que de plier. De là cette sentence du prophète

(1) S. Matt. LIL, 9

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Jérémie : « il est salutaire pour l'homme d’avoir plié sa tête sous le joug du Seigneur dès sa plus tendre jeunesse.» (1)

Comme les exemples impressionnent plus que les principes, faites remarquer à votre petit désobéissant, que le chien vient aussitôt qu'on l'appelle ; que le cheval marche ou s'arrête au moindre signe ; que le petit poulet accourt au cri de sa mêre. Et lui, doué de raison, il refuse d’obéir à son père et à sa mère, et se montre ainsi moins docile qu'un chien, qu’un cheval, qu’un poulet, qui sont des êtres privés de raison!

Quand il sera plus avancé en âge, parlez-lui de l’obéissance du Fils de Dieu, qui, étant enfant comme lui, obéissait en tout à la sainte Vierge, sa mère, et à saint Joseph, son père nourricier, bien qu’il fût Dieu, et infiniment au-dessus d'eux. Faites-lui remarquer que, devenu homme, Jésus-Christ ne faisait que la volonté de son Père ; buvant du fiel, présentant ses mains à ceux qui voulaient les clouer, se couchant sur une croix, pour obéir à celui qui l’avait envoyé sur la terre. Un enfant oserait-il, après un tel exemple, désobéir à son père et à sa mère !

Parlez-lui ensuite des bénédictions promises aux enfants dociles et obéissants, puisque « celui qui honore sa mère, est comme un homme qui amasse un trésor, et que celui qui honore son père, jouira d’une longue vie.» (2) Il conclura de ces paroles qu’une longue vie, heureuse même sera la récompense de l'enfant parfaitement soumis à ses parents.

(1) Thre, III, 27. (2) Eccl., IIL, 5 et 7.

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