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Ne manquez pas de lui faire remarquer combien Dieu déteste les enfants qui n'écoutent pas leurs pères et mères. La loi portée, dans le vingt-unième chapitre du Deutéronome, contre les enfants désobéissants, est de nature à l'impressionner. i ieu ordonne à un père qui a un fils rebelle et insolent, de le mener aux anciens de la ville, établis pour juger. Après avoir été instruits de la conduite de cet enfant envers ses parents, les anciens feront assembler tout le peuple, et chacun prenant une pierre la jettera sur lui, et il mourra afin que ce méchant enfant suit ôté du nalieu du peuple de Dieu.
Si malgré cela votre enfant continue à désobéir ; recourez aux punitions, comme celles de ie mettre à genoux, de le faire dîner ou souper au pain sec, de le retenir à la maison, pendant que les autres vont en promenade, tout en Jui disant qie s'il voulait obéir, il s’éviterait ces
ennuis.
Il va sans dire que les punitions de ce genre ne doivent
être infligées qu'aux petits enfants. Avec les grands, ii faut agir par la persuation, et rarement par la rigueur. On les exposerait à être irrespectueux et à des ac encore plus répréhensibles.
Comme la vertu d’obéissance est d'une extrême importance pour le bonheur éternel et rnême temporel de vos enfants, il vous faut ne rien négliger pour la leur faire pratiquer. Après avoir ji ritilement eu recours aux punitions, conduisez vos petits rebelles à votre curé. Exposezlui, en leur présence, leurs désobéissances continues, et les moyens que vous avez tentés pour les rendre dociles. Exprimez le chagrin qu'ils vous causent, et la crainte que Dieu ne les punisse un jour. Veillez ensuite à ce qu'ils écoutent attentivement ce que leur dira votre curé. Vous éprouverez bientôt combien leur seront salutaires les avis et les réprimandes du représentant de Celui qui «ordonne
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de laisser venir à lui les petits enfants », (1) surtout, si vous le priez deles bénir avant de le quitter.
Vous pourrez encore faire beaucoup de bien à ces enfants, en renseignant leur confesseur, hors du confessionnal. Il arrive souvent, en effet que les enfants ne se font pas suffisamment connaître en confession. Cette connaissance guidera le confesseur, lui permettra de mieux apprécier leurs désobéissances, et de leur donner les conseils requis. Vous pouvez, en partiel cas, compter sur la discrétion du confesseur qui se gardera bien de vous compromettre.
Mais tous ces moyens n'aboutiront à rien, si vous êtes sans fermeté, ou si vous cédez à leurs caprices. Le comte de Maistre disait qu’un homme de trente ans pourra résister à une forte tentation, parce qu'étant jeune, sa mère lui aura refusé un bonbon.
{ La trop grande douceur et la trop grande facilité des pères et des mères, est souvent la cause de la dissolution et de la perte de leurs enfants. C’est pourquoi il faut que les pasteurs tâche: t de faire appréhender aux pères et aux mères de tomber dans ce défaut, par l'exemple d'Héï, le grand prêtre, qni fut très rigoureusement puni de Dieu, pour avoir été trop indulgent envers ses enfants.» (2)
N'imitez donc jamais ces parents mous, qui cèdent, à tout propos, aux volontés de leurs enfants, leur accordent presque tout ce qu'ils désirent, et leur permettent même des choses qu'ils leur avaient d’abord défendues, pour se débarrasser de leurs importunités. Cette conduite est désastreuse, car si vos enfants s’aperçoivent que vous êtes faibles, s'ils espèrent vous faire céder et
() S. Marc, X, 14.
(2) Catéchisme du Concile de Trente.