INFLUENCE DE L’EXEMPLE SUR LES ENFANTS
Fils de Dieu, et puis aller... où? Oh! je ne sais. Mais vous, mon père et ma mère, vous le savez, puisque c'est vous qui allez me conduire, et qu'il est écrit «que le jeune homme ne quittera point, dans sa vieillesse, le chemin qu’on Jui aura fait prendre dans son enfance. » (1) Quand je serai devenu grand, et que Dieu vous aura rappelés de cette vie, je suivrai le chemin que vous m'aurez fait prendre dans mon jeune âge, oh! ne me faites pas prendre la mauvaise route ! Puis-je même avoir ce soupçon ? Vous ne m’auriez donc mis au monde ; vous n'auriez tant travaillé pour moi : ô maman, vous n’auriez tant pris de soins, eu tant de fatigues, tant veillé sur mon berceau, pour mon corps, qu'afin de le lancer ensuite dans la voie de la perdition, et l’envoyer tomber dans l'abîime... dans l'enfer où il deviendrait la pâture d’un feu éternel !! Oh! ne m'aimez pas d’un amour aveugle ! défiez-vous d’une tendresse désordonnée ! Arrachez, détruisez tous les germes du mal que vous verrez se développer en moi, par vos paroles salutaires et surtout par votre conduite sage et chrétienne. Et puis, formé à la vertu et à la crainte de Dieu, dès ma plus tendre jeunesse, je passerai douce et paisible cette vie de l'exil, en vous bénissant. »
Voilà sans doute ce que dirait un petit enfant après son baptême, s’il pouvait parler et connaître les dangers qui le menacent, l'importance que doivent mettreses parents à ne jamais favoriser les penchants déréglés de ce « corps de mort », (2) l'empire qu'ils exerceront sur sa conduite, et l'amour déréglé qu'ils auront peut-être de ce corps, au préjudice de ses vrais intérêts en ce monde et en l’autre.
mn
(1) Prov., XXIL, 6.
(2){Rom. VII, 24.
Muis que dirait l'âme de cet enfant si, dégagée un moment de son enveloppe de chair, il lui était donné de se faire entendre aux deux guides qui doivent la conduire ?
«Je suis la fille du grand Roi du ciel et de la terre dirait-elle. Vous pouvez connaître mon origine, puisque «j'ai été créée à son image et à sa ressemblance.» (1) Mon père est riche, puissant et magnifique. Pour vous faire connaître combien tendrement il m'aime, il a placé, par honneur, un des princes de sa cour pour m’accompagner partout où j'irai. Ne jugez pas de ce que je suis par cette maison de boue, que je viens habiter péndant mon séjour auprès de vous. Je suis grande et noble, puisque mon Père a sacrifié son Fils bien-aimé pour me racheter et me rendre digne d'aller régner avec lui dans le ciel. C'est là qu’il veut m'’associer à sa gloire et me communiquer un bonheur, une joie, des richesses que «votre œil n’a jamais vus, que votre esprit ne peut comprendre et que votre cœur serait incapable de contenir.») (2) Je vaux plus que votre demeure, vos terres, votre argent, vos richesses et toutes celles du monde entier ; je suis le prix de la mort d’un Dieu; j'ai coûté tout son sang divin. Mon Père céleste ne veut cependant m'associer à son bonheur qu'après m'avoir fait passer quelque temps sous cette enveloppe de chair, que j’appellerai mon corps, et à laquelle il m'a unie jusqu’à ce que mon exil sur cette terre soit fini. Alors je dois me dégager de cette (demeure terrestre », et m'envoler à lui, plus rapide que l'oiseau qui fend les airs; alors il doit me donner le baiser de paix, me mettre sur la tête (une
(1) Gen. 1, 26.
(2) Cor., IL, 9.
agée un onné de la con-
la terre puisque ce.» (1) ur vous a placé, 1’accom- »e je suis péndant t noble, pour me lui dans re et me sses que eut com- > contes terres, nde en- >ûté tout pendant t passer ue j’apqu'à ce dois me ler à lui, s il doit te Cune