‹ Le manuel des parents chrétiensChapitre 42 sur 78 · VEILLER SUR L’INNOCENCE DES ENFANTS · texte numérisé non relu

VEILLER SUR L’INNOCENCE DES ENFANTS

parole de Dieu, s’ils sont exacts à assister aux catéchismes. Pour vous assurer s'ils écoutent bien les instructons, interrogez-les de temps en temps.

Enfin la dernière et la plus importante peut-être des recommandations que je vous fais, c’est d’éloigner de la vue de vos enfants, grands et petits, tout ce qui pourrait ternir la pureté de leur âme. Exercez une extrême vigilance sur ce point, parce qu'il est certain que la dépravation d’un grand nombre d’enfants est due à l’imprudence des parents qui leur laissent voir et entendre des choses qu'ils devraient toujours ignorer.

Éloigner les enfants des occasions

Les maladies spirituelles, comme certaines maladies corporelles, se communiquent par la fréquentation des personnes qui en sont atteintes. Si l’an fuit les personnes atteintes d’un mal contagieux, à plus forte raison il faut éviter les personnes au contact desquelles nous contracterions les vices dont elles sont esclaves. Bien plus, comme la raison éclairée par la foi nous apprend que la mort de l'âme est infiniment plus regrettable que la mort du corps, il s'ensuit qu'on doit éviter plus soigneusement la contagion spirituelle que celle qui ne peut nuire qu'au corps.

Certaines maladies contagieuses, comme la picote, la rougeole et quelques autres, ne se communiquent ordinairement qu'une fois à la même personne; de sorte qu'on peut ensuite, sans danger probable de les contracter de nouveau, fréquenter les malades qui en sont atteints. Le contraire a lieu pour les maladies spirituelles. Ainsi celui qui a dérobé ou qui s'est enivré, est plus exposé à retomber en fréquentant les voleurs et les ivrognes, que ceux qui ont toujours été honnêtes et sobres. La raison de cette différence consiste en ce que ces maladies corporelles, une fois guéries, sont un antidote, au lieu que l'âme est plus prédisposée à l'influence de la contagion spirituelle, du moment qu'elle en a été atteinte une première fois. C'est pour avoir méconnu ce fait, que des personnes, confiantes dans leurs bonnes résolutions, se persuadent qu'elles peuvent retourner sans danger dans le

milieu où elles ont déjà péché. Celui qui ne veut pas retomber dans un péché, doit donc éviter la société de ceux qui le commettent, et les parents qui désirent conserver l'innocence de leurs enfants, doivent les éloigner de ceux qui sont contaminés. Rien n'est plus certain, ni mieux prouvé, comme vous allez vous en convaincre par les citations suivantes :

«Celui qui aime le danger, y périra. (1) C'est folie de prétendre marcher pieds nus sur des charbons ardents, avec l'espérance de ne pas se brûler. (2) Fuyez à la vue du péché comme à la vue d’un serpent. (3} Abstenezvous de ce qui a l'apparence même du mal.» (4) Voilà comment parlent les saintes Ecritures de l'obligation de fuir les occasions du péché.

Ecoutez maintenant l’enseignement des Saints, sur Île danger des occasions. Lorsque nous nous exposons à l'occasion du péché, dit saint Thomas, Dieu nous abandonne. Le meilleur des conseils, dit saint Bernard, celui qui est comme le fondement de la religion, parce qu'il met l'âme à l'abri du péché, c'est de fuir l’occasion du péché. Celui qui s'expose à l'occasion du péché, dit saint Cyprien, n'est pas plus en sûreté que l'agneau dans la caverne du loup. Se conserver pur au milieu des dangers volontaires du péché, dit saint Bernardin de Sienne, est un plus grand miracle que de ressusciter un mort. Celui qui ne veut pas fuir le danger, dit saint Augustin, veut périr. De même, dit saint Alphonse, que l’on craint non seulement la morsure du serpent, mais encore de le toucher et même d'en approcher, ainsi on ne doit pas

(1) Eccié., IE, 27 (2) Prov., VE, 28 (3) Ecclé., XXI, 2 (4) I The., V, 22

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