ÉLOIGNER LES ENFANTS DES OCCASIONS
seulement fuir le péché, mais encore l’occasion du péché, cette maison, cette conversation, cette personne dange-
use. Celui qui vit près d'un serpent, dit saint Isidore, ne sera pas longtemps sans en être piqué.
Ces recommandations si vigoureuses et si pressantes d'éviter tout ce qui expose au péché, sont justifiées par la chute de ceux qui n'en tiennent pas compte. Pourquoi Eve a-t-elle mangé du fruit défendu ? Parce qu'elle s'est exposée à la tentation en considérant la beauté de ce fruit et en engageant la conversation avec le démon. Qui a fait tomber le roi David dans un double crime ? L'occasion et l'oubli de ce qu’il a lui-même écrit, qu'il {fallait détourner les yeux pour ne pas regarder un chjet dangereux.» (1) Pourquoi Dina, fille du patriarche Jacob, a-t-elle été déshonorée ? Pour être allée seule dans la ville de Sichem, poussée par la curiosité. Quia causé la mort d'Holopherne ? Le fait qu'il s'est laissé prendre par ses propres yeux, dit la sainte Ecriture, et qu'oubliant les règles de la plus simple prudence, il n’avait pas seulement use sentinelle pour veiller sur lui. L'apôtre qui, le premier, avait confessé la divinité du Fils de Diev, montré un si vif attachement pour lui, et même protesté qu'il mourrait plutôt que de le renier, jure qu'il ne l'a jamais connu, parce qu'il a été imprudemment se mêler aux ennemis de Jésus.
Ces chutes étonnantes prouvent la folle témérité de ceux qui s'exposent volontairement aux occasions du
péché.
Je dis, avec raison, chutes étonnantes. Eve était dans le paradis terrestre, et n'avait aucun des penchants déréclés qui sont maintenant comme le fonds de la nature
(1) Ps. CAVIIL, 27,
humaine. Le roi David était si pure et si vertueux que Dieu déclare qu'il (était un homme selon son cœur.» Dina était la fille du patriarche Jacob, qui l'avait élevée dans la crainte de Dieu. Holopherne était à la tête d'une puissante armée et faisait trembler les peuples par la terreur de son nom. Saint Pierre était la colonne sur laquelle devait reposer l'Eglise. Tels étaient ceux dont je viens de raconter la chute.
Que ne devez-vous donc pas craindre en exposant, aux occasions de pêché, des enfants sans prudence, sans expérience ? Pourront-ils conserver leur innocence au milieu des dangers qui ont fait tomber ceux que je viens de mentionner ? Le vent qui a déraciné les chênes, ne renversera-t-il pas les abrisseaux ? Les vagues qui font danserles plus gros vaisseaux et les désemparent, n'engloutirontelles pas la barque du pêcheur qui s'expose à leur fureur ?
Seule la grâce de Dieu peut empêcher de tomber celui qui se trouve dans l'occasion du péché. Sans le secours divin, sur lequel il ne peut compter, lorsqu'il se jette volontairement dans les occasions non nécessaires, il est
comme un soldat désarmé, comme un petit enfant trop jeune pour marcher sans sa mère, Il sera infailliblement vaincu.
Saint Alphonse rapporte qu'un prêtre exorcisant un possédé, commanda au démon de déclarer quel était son meilleur adversaire. C'est un prédicateur répondit le démon, qui recommande souvent de fuir les occasions du péché, Du moment qu'on l'écoute, je perds mes chances : si, au contraire, ils s'y exposent, ils sont à moi, et j'en fais ce qu'il me plaît.
Cet aveu est bien propre à désillusionner ceux qui ne redoutent point les occasions dangereuses dont «l'effet. dit saint Alphonse, est comme celui d'un bandeau qui