LE RESPECT DU AU PRÊTRE
la terre en est frappée d'admiration, les hommes en ont de la frayeur, l'enfer en est épouvanté, les démons en tremblent de crainte, et toutes les puissances du ciel en sont pénétrées d'admiration.»
Le pouvoir de pardonner les péchés ne donne pas une moindre idée de la grandeur du prêtre. Ce Pouvoir, que le Père éternel a donné à Jésus, Jésus l'a communiqué au prêtre ; car pour pardonner un péché, dit Tertulien, il est besoin de toute la puissance de Dicu. Mais ce que Dieu ne peut faire que par sa toute puissance, le prêtre peut aussi le faire par ces paroles : « Je vous absous de vos péchés.»
Le Cardinal Hugues met dans la bouche de Jésus- Christ les paroles suivantes ; ( J'ai créé le ciel et la terre, moi le Dieu tout-puissant, mais je te donne le pouvoir de faire quelque chose de plus excellent et de plus grand ; fais qu'une âme, devenue l'enfant du démon, devienne mon enfant. J'ai fait produire des fruits à Ja terre ; fais, toi, mon prêtre, qu'une âme morte par le péché, devienne vivante et porte des fruits pour la vie éternelle.» De là cette réflexion de S. Augustin : « Justifier un pécheur est une œuvre plus grande que de créer le ciel et la terre.» De là aussi ces COmparaisons de S. Alphonse : « Marie, l'auguste mère de Dieu, peut bien, en Priant pour une âme, lui obtenir de connaître ses péchés et de s'en repentir; mais il faut, Pour la puriñer de ses péchés, qu'elle la conduise au prêtre revêtu du pouvoir de Dieu Supposez donc, ajoute le saint docteur, que Jésus-Christ se place dans un confessionnal, tandis qu'un prêtre va s'asseoir dans un autre. Jésus-Christ dit au pécheur qu'il confesse : Je vous absous ; le prêtre dit aussi à celui dont il entend la confession : Je vous absous. Les péchés de ces deux pénitents sont également pardonnés.»
Lorsque Jésus-Christ, après avoir commencé par pardonner les péchés du paralytique dont parle S. Mathieu, eût répondu, à eeux qui se scandalisaient de ce pardon, en guérissant cet infirme et lui dis de se lever et mar-
cher : le peuple fut rempli de rainte, et rendit gloire à Dieu de ce qu avait donnt x homes un tel pouvoir.) (1) Tels sont les sentiments q ut bou chrétien devrait éprouver à la vue d'un prêtre
Ces pouvoirs de commander à Dieu même, et de purifier les âmes, ont de tout temps, rempli les vrais fidèles de respect et de vénération pour les prêtres. L'histoire ecclésiastique et les Vies des Saints en citent une foule d'exemples.
L'empereur Constantin, assistant au ccneile de Nicée, ne consentit à se placer qu'à la suite des prêtres.
S. François de Sales avait conféré la prêtrise à un jeune clerc qu'il affectionnait beaucoup à cause de sa rare piété. [lle vit un jour s'arrêter au moment où il allait entrer dans une salle, et échanger quelques paroles avec une autre personne, comme pour lui céder le pas. Le prêtre, interrogé par le saint évêque de Genève, lui répondit que Dieu avait daigné l'honorer de la présence visible de son ange gardien, qui marchait toujours à sa droite et le précédait, avant qu'il fût prêtre ; mais qu'il se tenait à sa gauche et ne voulait plus marcher devant lui, depuis qu'il était prêtre.
O'Connell écrivait à un ami : «Je crois qu'il y a bien peu de personnes plus éloisnées que moi d'injurier et de ‘alomnier les prêtres de Dieu. Je vous ai toujours manifesté mes sentiments les plus intimes sur la vénération qu'un prêtre m'inspire.
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(1) S. Matt. 1X, 8