‹ Le manuel des parents chrétiensChapitre 56 sur 78 · APPLIED IMAGE · texte numérisé non relu

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la perte des âmes qu'il à pour mission de sauver, cest l'inutilité de sa parole, c'est l'ignorance des trésors dont il est le dispensateur : c'est dans son cœur, l'écho de cette plainte divine : « Je suis venu chez les miens, et ils ne m'ont pas reçu!.. .»

Il a heureusement, pour le consoler, le crucifix qui pleure avec du sang, et qui regarde à travers ses larmes ; le Thabor du Tabernacle, où il renouvelle ses forces tous les matins dans la lumière et l'amour : et le ciel! Ila aussi les vrais chrétiens, les vaillants, qui-—nous l'avons

dit—se trouvent dans les paroisses les plus désolées. Que ceux d'entre eux qui liront ces lignes le sachent bien, et qu'ils redoublent d'ardeur, de bonne volonté et

de filiales tendresses.

Souffrir n'est pas se décourager : encore moins désespérer. C'est de cet homme surtout qu'il est vrai de dire : Gmpavidum ferient ruinae». Si à certaines heures de l’histoire de 1 Eglise, —celles cù nous sommes par exemple, — tout est fait pour le crucifier, rien ne l’étonne pourtant ; il se console de Fapparente défaite dans l'espoir indéfectible du triomphe final. Et puis, au jour béni de son ordination, on ne lui a pas promis autre chose que ce qu'il a. Il savait, en se prosternant sur le pavé du sanctuaire, qu'il immolait tout en sa personne, tout, même l'espoir du succès : il ne retenait qu'une liberté celle de souffrir, qu'un amour : celui des âmes quand même, toujours, partout.

C'est vrai du prêtre en général : combien plus du curé..

Qu'on veuille bien comparer, avec la sienne, la vie du professeur, du missionnaire, du religieux : vie d'étude, de confraternité, de contemplation exclusive, dans un milieu choisi, où l'exemple entraîne, où règne la discipline, où rien n’est laissé à l'imprévu.

Pour le pasteur, cette belle symétrie est forcément brisée ; ses goûts constamment contrariés. I] n2 saurait s’appartenir ; il lui faut abandonner ses livres.

Avec cela, il doit montrer le zèle d'un missionnaire et la sainteté 4 un religieux, Vivre seul et voir tout le monde ; remplir ses exercices de piété comme un Chartreux ; unir Ja douceur à la fermeté, la simplicité à la dignité, la courtoisie à la gravité, la prudence à l'abandon ; ne rebuter PErSonne par une austérité farouche, et cependant se montrer toujours prêtre en toutes circonstances et avec tous, tel est le curé de paroisse! Et j'ai le regret de n’en avoir esquissé que quelques traits, avec une mauvaise plume.

Il vit au milieu de vous, au grand jour ! Apprenez donc à le connaître Par vous-mêmes ; contrôlez ses actes,

étudiez sa vie, et ne Vous en fiezplus aux verres dépolis et faussés de Ja Lanterne où autres feuilles. Vous avez des yeux, des oreilles, une intelligence et un

AMP: aveu cel, On voit et on entend, on juge et on Compare ; et on finit par aimer vraiment un homme qui renonce à tout, étudie beaucoup, prie plus encore, ne demande qu'à se dévouer, offre l'exemple des plus belles vertus dans l’universelle déchéance, prêche Jésus-Christ, souffre tout Joyeusement et conduit au ciel, ” (1)

O mon Dieu ! daignez vivifier Ja foi des pères et des mères de mon Pays, afin que voyant toujours votre Fils dans leurs pasteurs, il les écoutent resSpeclueusement, ne perdent jamais une seule de leurs paroles, et ne disent et ne fassent jamais rien qui puisse les amoindrir aux yeux de leurs enfants.

(1} Reproduit de l'ouvrage intitulé : “ Aux Jeunes gens du XXe siècle," D. G

Traditions à Conserver

Le jour de l'an était autrefois piein de charmes pour nos familles. C'était le jour de la bénédiction paternelle, des étrennes, des souhaits et des réconciliations. Chaque Paroisse de notre cher Canada offrait alors le spectacle d'une grande famille de frères et des sœurs.

Le grand-père, Parvenu aux dernières limites de la vieillesse, était au comble de la joie ce jour-là, et croyait n'avoir plus ses qu'itre-vingts ans accomplis, en bénissant Sa troisième ou sa Quatrième génération. {| ouvrait, à tous ses enfants, la vieille bourse qui lui avait été donnée le jour de son mariage, et les pièces blanches qui en sortaient lui étaient remboursées en remerciements et en souhaits, La grand'mère avait préparé à l'avance les gâteaux qu'elle était si heureuse de distribuer au groupe des petits-fils qui l'entouraient et lui Souhaitaient naïvement de ne jamais mourir.

Dans la plupart des familles, la première action des enfants était d'aller S'agenouiller devant leur père, et de lui demander sa bénédiction. Connaissant le Caractère de chacun de ses enfants, leurs défauts et leurs qualités, il adressait à chacun un moi approprié, SOuhaïtant à tous de grandir en âge et en sagesse, et priant Dieu de les

combler de ses bénédictions. Cette bénédiction paternelle rendait les enfants plus dociles et facilitait la tâche des parents.

La mère n'était pas oubliée. La bénédiction du père ue fois reçue, les enfants l'embrassaient affectueusement, lui disaient combien îils Faimaient, écoutaient ses remarmarques ; puis, les étrennes, preuve de l'oubli du passé, étaient distribuées.

Pourquoi n'en est-il plus ainsi et, dans un grand nombre de familles, les pères laissent-ils passer le jour de l'an sans bénir leurs enfants ? Pourquoi les pères de famille d’une paroisse n'iraient-ils pas, après la messe du jour de l'an, souhaiter la bonne année à leur curé, et lui demander sa bénédiction pour les enfants qui n'ont pu venir à l'église ? Pourquoi ce jour-là menace-t-il de devenir aussi monotone que tous les autres jours de l'année : le laissons-nous passer sans un cordial serrement de main, qui signifie que la mauvaise humeur a cessé, que les griefs sont oubliés, et que les malentendus sont dissipés ? Quel intérêt des copuroissiens ont-ils à se boude:? Quel en est le résultat inévitable ? La douceur de: * “urs diminue ; on devient

insensible au bonheur où au malheur des autres parois-

siens : et la paroisse cesse d'être une véritable communauté de chrétiens

Rétabiissons done le jour de l'an du bon vieux temps, nvec ses pieuses et touchantes traditions, se rappelant outefois que certaines marques d'affection ne sont légitimes et conformes au savoir-vivre qu'entre frères et sœurs. «

Sainer les personnes qu'on rencontre est non seulement un acte de politesse, mais un acte religieux et fraternel. Nos ancêtres saluaient même les étrangers, -ussi bien que les parents et les amis. Aussi j'ai vu souvent des per. sonnes d'un autre pays admirer le salut amical qu’on leur

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