LE MANUSCRIT IVAUTEUR DU PETIT JEHAN DE SAINTHÉ
retrouvais aux fol. 30", 53", 60'% liS'"^; au fol. 6'", je recouuai.ssais la lif,'-nture très.
Puisque plusieurs aspects caractéristiques de la souscripliou se retrouvaient dans des additions marginales qui, de toute évidence, étaient des corrections d'auteur, il fallait bien que la souscription fût autographe, et non pas de la main du copiste, comme l'avait dit M. G. Raynaud et comme on l'a répété après lui '.
Notre manuscrit, qui vient des suspectes acquisitions Barrois * et fut si heureusement racheté par la Bibliothèque Nationale, en 1902, à la vente du comte d'Ashlnirnham, est, comme la tradition ^ et la logique l'indiquaient, un manuscrit d'auteur; il a été revu par Antoine de La Sale lui-même, corrigé par lui.
Tout dans ce manuscrit indiquait d'ailleurs le travail d'un auteur. Lui seul a pu biffer le projet du deuxième livre qu'il devait adresser à Jean d'Anjou*, duc de Calabre, et dont le sujet était les Très loyalles amours de Madamoiselle Vyenne d'Allencon et de Paris de Rousillon. Un auteur seulement a pu, comme cela se voit à tant de pages du manuscrit, rayer des membres de phrases et des mots, corriger son style, donner enfin au rubricateur les indications nécessaires pour les alinéas, les changements d'encre^.
Mais toutes ces indications ou corrections marginales ne sont pas de la main d'Antoine de La Sale. Certaines, les premières sans doute, ont été mises sur ses indications par le scribe''. On pourra le vérifier sur le fac.-sim. du fol. 14", qui présente un mélange évident des deux écritures. On distinguera bien facilement la main d'Antoine de La Sale. Son écriture est droite, menue, parfois tremblée. C'est celle d'un vieillard'; et j'y vois encore certaines habitudes graphiques plutôt méridionales qui nous rappellent qu'Antoine de La Sale a appris à écrire en Provence. C'est lui également qui me paraît avoir écrit les rubriques, souvent d'une main tremblée et d'une écriture capitale : LAGTEUR,