‹ Le manuscrit de feu M. Jérôme [pseud]Chapitre 147 sur 233 · LIVRE MI. CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE MI. CHAPITRE X

« Monsieur, le Drapeau Blanc. » Si, par curiosité ou par distraction , il échappait à l'un de ces circonspects de jeter un œil furtif sur le Constitutionnel, il se dépêchait bien vite de le quitter et de parcourir avec une feinte approbation le journal des Débats. On demandait ordinairement la Quotidienne tout haut, et le Courrier n'était jamais demandé qu'à l'oreille. Peu à peu on acquit cependant plus d'assurance. La rente est aujourd'hui à 92 fr. 3o ç. , dit l'un d'entre eux ; à quoi un autre répondit : « Elle a conséquemment augmenté depuis hier, de 5 c, et l'interlocuteur de regarder sur-le-champ autour de lui pour connaître l'effet produit sur les assistans par une réponse aussi hardie. Lorsqu'il parvenait au café ou au casino une nouvelle dont on n'avait pas encore calculé la portée, on ne s'expliquait point, on se tenait renfermé dans de vagues exclamations, toutes composées de voyelles, telles que celles-ci : Ah! ah! eh! eh! oh! oh! et on ne se permettait d'ajouter des consonnes que lorsque l'on savait que la nouvelle avait été favorablement accueillie par l'autorité, et même, dans ce cas, on n'approuvait qu'avec de nombreuses restrictions. « Il faudra voir L'avenir nous

«apprendra.... un jour peut-être on saura le fond « des choses.... Jusque-là on ne peut ni nier ni af- «firmer, ni blâmer, ni approuver.... Le temps est « un grand maître.... »

Si, dans les Chambres, l'opposition acquérait un

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caractère qui pût faire prévoir de graves conséquences Nous avons toujours été, Dieu merci,

disaient-ils, pour le parti des idées libérales, et d'une opposition constitutionnelle. Si quelques jours après, le ministère prenait le dessus, ils se hâtaient de dire : « Nous pouvons, grâce à Dieu, défier le inonde entier sur le chapitre de la fidélité, la nôtre est à l'épreuve; nous avons toujours été

fidèles ils ne disaient jamais à ceux qui sont

les plus forts; mais les écoutans le disaient tout bas pour eux.

Plusieurs semaines s'écoulèrent dans cet état d'hésitation mais peu à peu on s'enhardit. Un soir après boire , on s'émancipa et l'un des téméraires porta ainsi la parole : L'instant de la franchise est arrivé, il faut déchirer tous les voiles, s'expliquer librement et jouer cartes sur table , afin qu'on puisse voir distinctement les rois et les valets. Il existe en ce moment dans le monde une querelle qui n'est pas sans importance. Les uns s'avancent armés de principes qu'ils disent invariables, de droits qu'ils appellent naturels ; r&ais ils ont contre eux la défaveur attachée à tout ce qui porte un caractère de novation. Les autres sont armés de baïonnettes, mais ils ont pour eux lesantécédens,la possession, une vieille expérience. Les réformes qui deviennent des révolutions ont du bon, mais elles ont leur 179$ et leur 2 septembre. La religion est toute sainte; mais elle a eu les bûchers, la St.-Bar-

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