‹ Le manuscrit de feu M. Jérôme [pseud]Chapitre 149 sur 233 · LIVRE III. CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAPITRE X

de pauvres pensionnaires , est encore bien , fort bien, parfaitement bien.

Les suppressions d'emploi, réformes, épurations, purifications (ou si Ton veut mortifications), sont utiles lorsque le trésor public profite des économies que ces opérations produisent; mais comme elles ne sont au fond que le développement d'une autorité qui doit toujours être libre dans sa confiance, elles sont encore utiles lorsque le trésor public n'en profite pas.

M. le duc deGaéte, ennemi des systèmes, renfermé dans le positif, dans le vrai des choses, dans les règles d'une saine morale, et d'un sens droit qu'une longue expérience éclaire, fut durant quatorze ans un ministre admirable. M. le comte de Villèle s'élançant d'une aile forte dans les tourbillons enfans de son génie, voyant tout d'un coupd'oeil, saisissant tout d'une main, est un ministre sublime. C'est Descartes après Newton,

Un causeur spirituel parut un instant aux finances entre ces deux ministres, et il s'empara d'une administration qui marchait avec toute la précision d'une pendule habilement réglée. A la voix de ce bateleur et au carillon de sa pendule, les horlogers de St.-Claude accoururent et prirent la place des élèves de Breguet. Depuis cette époque, on a cessé de distinguer le temps vrai du temps moyen, et on cherche encore tous les jours

quelle heure il est.

Les habitués, ayant une fois commencé à s'émanciper dans les champs illimités d'une franchise véritablement singulière, se permirent encore beaucoup d'autres traits d'une aussi grande force. Nous lisons avec admiration, dirent-ils M. de Bonald, mais nous voudrions pouvoir le comprendre un peu. Nous comprenons à merveille M. de Labourdonnaye qui ne manque pas plus aux anciennes doctrines que M. deMarcellus à sa foi, que M. Pardessus au ministère , que M. d'Argenson à la Charte, que M. Royer-Collard à une logique pressante et animée , que M. le général Foy à une éloquence

chevaleresque, que M. B aux Jésuites , et que

MM. tels et tels à la sottise.

M. de Ba*** s'est d'abord pris d'une belle passion pour la Vendée. Après de longues et vives jouissances qui tiennent à la candeur de son âme , ne trouvant rien dans la civilisation moderne qui pût être comparé à l'objet de ses premières adorations, il a épousé en secondes noces la chevalerie du moyen âge. Il se plaît au milieu des Preux, dans le fracas des tournois et dans les voluptés du carrousel. Il chevauche en croupe derrière les pourfendeurs et il se délasse le soir auprès des châtelaines. Historien, il piaffe avec une grâce qui lui est particulière, dans la barbarie; publiciste, il galoppe vers les idées modernes.

On ne saurait nier sans injustice que M. Casimir Delavigne ait de la verve, du naturel, de l'inspira-

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