‹ Le manuscrit de feu M. Jérôme [pseud]Chapitre 180 sur 233 · LIVRE IV. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAPITRE IV

de preuves. Quelques mois après , on mit le feu à la maison d'un nouveau marié, et le jour même de la célébration de son mariage. On accusa encore le Génois d'avoir inspiré cette funeste résolution au rival éliminé par la famille de la nouvelle épouse. Un vent très violent entraînant la flamme sur toutes les chaumières \ le village entier fut brûlé en une nuit. Le feu gagna l'église, fondit la cloche dans le clocher, et , par un effet miraculeux , la croix demeura debout sur la flèche que soutient encore un léger pan de muraille. C'est la seule chose que la Providence nous ait laissée dans notre malheur. C'est ainsi, dit le vieillard en finissant son histoire, que la dépravation d'un seul homme et la faiblesse d'une fille ont détruit une commune florissante, et je viens ici, une fois tous les ans, chercher, au milieu de ces débris, une grande leçon , et prier pour les victimes qui ont péri dans l'incendie.

Pendant que le vieillard parlait ainsi, le soleil éclairait de ses derniers rayons le signe religieux demeuré debout au milieu de ces ruines, comme une protestation contre l'immoralité qui détruisit ce village, et comme espoir de salut pour ceux qui se repentent et se corrigent.

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