‹ Le manuscrit de feu M. Jérôme [pseud]Chapitre 200 sur 233 · LIVRE V. CHAPITRE IIÏ. 3g i · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAPITRE IIÏ. 3g i

Au bout de quelques minutes, je fus enlevé par la première explosion du Stromboli, et je sentis que je changeais de nature. Je fus jeté fort loin du cratère, et, à mon réveil, je me suis trouvé au point du départ , c'est-à-dire dans le voisinage de la grotte où vous m'avez vu entrer, ne conservant d'ailleurs d'autres traces de mes aventures et de mes métamorphoses qu'une odeur insupportable de rat qui s'exhale de toutes les parties de mon corps, et une contusion à la tète, provenant d'un coup que j'ai reçu dans les airs en me heurtant contre un ex-général des Jésuites qui sautait avec tous les damnés.

M. le chevalier termina ainsi le récit de ses aventures souterraines, et lorsqu'il l'eut achevé, nous fûmes curieux d'aller observer par nous-mêmes les objets qui avaient pu, en frappant trop vivement ses sens, égarer ainsi sa raison. Escortés par quelques gens du pays, nous visitâmes la grotte dans laquelle nous avions craint, lors de notre arrivée dans la vallée, de pénétrer seuls; nous y trouvâmes en effet la réunion de quelques hommes qui , assis sur la mousse des rochers, buvaient et chantaient; et, au fond de la grotte, nous aperçûmes un personnage qu'à sa figure et à son accent nous reconnûmes pour être Italien. Il était venu à la fête de la vallée pour montrer dans cette grotte

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obscure, et à l'aide d'une lumière, des verres d'optique représentant les diverses phases de la révolution française , en sorte que toute la relation de M. le chevalier n'était autre chose que l'explication des tableaux d'une lanterne magique, avec cette seule circonstance, produite par la frayeur, que s'identifiant avec les divers personnages qui passaient devant ses yeux , il avait cru subir luimême les métamorphoses et les supplices dont il fut, par je ne sais quelle violence, le spectateur épouvanté.

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