‹ Le manuscrit de feu M. Jérôme [pseud]Chapitre 227 sur 233 · LIVRE VI. CHAPITRE UNIQUE. Zp · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAPITRE UNIQUE. Zp

pièce, cachant sous des formes originales des mœurs chevaleresques.

Une des plus belles créatures de la cour se chargea de l'éducation de Jérôme, sortant alors du collège ; et quoiqu'il lui ait fait depuis une infidélité remarquable, au-delà de la mer Atlantique, elle ne dédaigna pas à son retour son élève lorsqu'il fut sur un trône.

Eugène, qui avait assisté à plus de sièges et de batailles qu'il ne comptait d'années, se montrait déjà avec des mœurs graves et héroïques. Il annonçait, fort jeune, ce qu'on Ta vu être depuis,, homme d'honneur et de fidélité. Il parut un instant dans les coulisses, mais il ne tarda pas de fixer son choix sur une princesse, plus respectable encore par ses vertus que l'éclat du trône de son père.

Le plus âgé de tous ces personnages n'avait pas trente ans ; madame la première consulesse en avait cinquante , dont elle enrageait ; mais ses grâces et sa bonté faisaient toujours oublier auprès d'elle la moitié de ses années.

Au milieu de tout ce mouvement était le petit homme dont j'ai déjà parlé; le colonel de Bagatelle. Il sentait à merveille que, pour remplir la société de son nom , il devait la laisser aller comme elle voulait.

Nous avions déjà, à cette époque, pris Toulon y battu les sections en vendémiaire , fait chanter des* Te Deum dans les cathédrales de Milan et de Bo-

logne, et les cantiques du Saint-Prophète dans les mosquées du Caire et d'Alexandrie. Nous avions, dans deux échauffourées , chassé les jacobins de Saint-Cloud et les procureurs du Luxembourg. Nous avions mieux fait que cela , nous avions réconcilié une grande nation avec elle-même; èti après tant de victoires au-dehors et de services rendus au-dedans, nous étions encore tout bonnement premier consul aux Tuileries, et7 comme on le disait dans le temps , tiers consolidé.

Nous appelâmes à Paris Bourmont, Limolan, l'abbé Bernier. Nous envoyâmes Hédouville relever les autels du Poitou, et la Vendée fut pacifiée. Nous endormîmes Mêlas à Gênes, nous franchîmes le Saint-Bernard et toute l'Italie fut à nous. Dans cette brillante situation , nous avions pour gouverner l'intérieur le choix entre plusieurs partis.

Le premier était de conserver au gouvernement le caractère populaire dont il s'était revêtu en s'emparant de l'autorité, sans y chercher beaucoup de façon. Le second était de gouverner suivant le bon plaisir, au nom de Dieu et de son épée. Enfin, on pouvait être Washington ou César. On avait, à la vérité, la valeur, l'activité de celuici; mais on n'avait pas, comme lui, le prestige d'une maison que consacrait la majesté des rois et la sainteté des dieux. On sentait d'ailleurs que la république s'était tuée par ses propres excès, et que, sous un voile léger de républicanisme, les

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