‹ Le manuscrit de feu M. Jérôme [pseud]Chapitre 28 sur 233 · LIVRE I. CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAPITRE VI

pensation entre les dettes passives du Domaine et le revenu affecté à mes blessures, en sorte que ces dettes et mes membres se trouvent éteints par confusion. Allez chercher vos os ailleurs, nous dirent ces gens d'esprit, ils ne sont pas au trésor; et, en effet, ils étaient sur les champs de bataille, et les biens qui les remplaçaient venaient d'être rendus secrètement à l'étranger. Mais l'homme rond, touché de mon état, et de deux gelinottes que je lui présentai, me tint compte d'une oreille gelée à Moscow , et me conserva une action sur le canal du Midi. Je vis comme je puis de cette oreille, et je n'entends pas de l'autre. Trente-deux sous par jour ne peuvent suffire à la nourriture de ma femme , de mes marmots et de mes marmotes, et je vais en demandant mes mâchoires ou mes rentes. »

C'est ainsi que parlaient ces vieux soldats, monumens encore vivans d'une gloire impérissable.*

* On doit rendre à l'administration actuelle cette justice , qu'elle a fait restituer à chaque donataire le montant des revenus perçus par le trésor royal, sur sa dotation, avec Pintérët à cinq pour cent; et que, quant à ce qui a été versé au trésor impérial d'Autriche, elle fait tout ce qu'elle peut, ainsi que le ministre français , auprès de cette cour , pour en obtenir la restitution.

Espérons que de si nobles efforts seront enfin couronnés du succès que le courage malheureux doit attendre d'une administration attentive à ses souffrances. ( Note des Editeurs. )

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