CHAPITRE IX
Le peuple qui habite , dans les mers de l'Inde,, celle des nouvelles Philippines que les navigateurs ont nommée Maria verna, est un des plus singuliers de la terre. On dirait que deux génies opposés ont formé son caractère des élémens les plus contradictoires. Un de ces génies a placé au fond de l'âme de ces insulaires un ressort qu'on peut appeler divin, puisqu'il les porte naturellement à tout ce qu'il y a de grand, de noble, de généreux, et il les a doués de cette délicatesse qui rend sensible aux douceurs de la vie, et de cette force qui sait en souffrir les maux et en braver la fin. L'autre génie a mis dans leur cerveau un prisme qui colore l'avenir de mille brillantes illusions et qui dérobe la vue du passé, et dans toutes leurs fibres une sensibilité électrique qui , les rendant dociles à toutes les impressions du moment, les entraîne vers tout ce qui est extraordinaire ou nouveau, et les force d'agir avant d'avoir délibéré.
Le territoire des Mariavernes est comme leur