‹ Le manuscrit de feu M. Jérôme [pseud]Chapitre 87 sur 233 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L'agriculture est le premier des besoins de la société, et elle est pour les propriétaires qui s'y consacrent le premier des plaisirs. Elle est mieux que cela encore, elle est la source d'un bonheur véritable, s'il est vrai que le bonheur consiste dans l'indépendance et dans cette suite d'émotions douces qui naissent naturellement du développement de tous les phénomènes que le travail et les saisons produisent ou font éclore.

Cette situation de l'âme entre un désir curieux qui interroge la nature et l'empressement avec lequel elle attend ses réponses, constitue certainement l'état le plus heureux qu'un homme raisonnable puisse se promettre.

Aussi l'antiquité plaçait-elle les ombres des justes dans des paysages cultivés, comme la plus haute récompense qu'on pût assigner à leurs vertus. Ce n'est pas dans le palais des rois que descendaient les dieux, c'est au milieu des laboureurs et des bergers qu'ils se plaisaient. Ils protégeaient leurs moissons , leurs bois, leurs vergers, leurs

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