LIVRE II. CHAPITRE VI. l
glais l'usage des composts qui consiste en couches composées de levées de fossé , de feuilles d'arbre, de végétaux de toutes espèces , de cendres, de suie, de matière excrémentielles et de bêtes mortes.
Dans les terres que leur éloignement ne permettait pas d'amender avec des marnes ou des terreaux, il fit semer des lupins qui, enterrés dans les sillons, tenaient la terre meuble, et permettaient aux fluides aériformes de s'y introduire et d'y opérer cette fermentation principe de toute vie.
Il fit brûler sur des grils de fer une partie des terres elles-mêmes, qui par l'introduction du calorique acquirent plusieurs desqualités del'engrais. Sur quelques autres points , il fit brûler les herbes, les chaumes au mépris des mandemens lancés contre l'hérésie de l'escobuage.
Il couvrit de plâtras terréfiés et pulvérisés les terres ensemencées de trèfles et de luzernes.
Avec ces trèfles et ces luzernes, il entretint un grand nombre de bestiaux, avec ces bestiaux il eut beaucoup de fumiers; avec ces fumiers il eut de belles récoltes , et ayant ainsi résolu par son industrie le problème des engrais , il crut avoir en même temps trouvé le véritable principe de la plus grande reproduction possible.
Son système était qu'il faut rendre à la terre autant qu'on lui prend si on veut maintenir ses produits en équilibre; qu'il faut lui rendre plus qu'on
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ne lui prend si on veut les augmenter; qu'il faut varier sans cesse les récoltes parce que chaque plante trouve dans la terre , une nourriture qui n'est pas celle d'une autre plante ; qu'il faut toujours donner à un champ des semences étrangères à celles qu'il produit; mêler et alterner les graines et les terres, comme on croise les races pour avoir de plus belles espèces.
Il pensait que la terre ne se repose jamais, que ses ateliers sont dans une activité continuelle, et que semblable à l'homme , qui s'abandonne au vice quand il n'est pas chargé d'un travail utile, elle se couvre de mauvaises herbes qui i'épuisent quand vous ne lui en offrez pas de bonnes à développer.
Pour la forme de ses instrumens aratoires, il profita des savantes leçons de l'illustre François de Neufchâteau , qui, comme agriculteur, comme ministre et comme poète, a pratiqué, protégé et chanté l'agriculture et mérité d'être placé au rang des hommes qui ont le plus honoré leur siècle et le plus utilement servi leur pays. Il avait observé au conservatoire des arts et métiers dont la création est due à M. Mollard toutes les espèces de charrue. Il n'en adopta aucune exclusivement. L'expérience lui apprit qu'il fallait que cet instrument fût proportionné à la qualité du terrein à labourer.
Il était ennemi des jachères; il les comparait à