‹ Le manuscrit de feu M. Jérôme [pseud]Chapitre 92 sur 233 · LIVRE IL CHAPITRE VI. I · texte numérisé non relu

LIVRE IL CHAPITRE VI. I

utiles, il travaillait avec activité à la destruction des mauvaises, telles que la lysymachie nummulaire > autrement nommée douve , si fatale aux moutons , la berlie ou sium-apium , le rumex-acutus, Yononis spinosa, le jusquiame qui frappe les bestiaux de léthargie et la renoncule - scélérate des marais qui leur donne des convulsions.

Tous les ans, vers le printemps , il faisait faucher sur son marais les joncs, roseaux, iris et carex; il les faisait brûler et il en faisait répandre les cendres sur les tiges encore ouvertes de ces plantes. Les sels desséchaient et brûlaient ces tiges parasites, et en même temps ils fécondaient les herbes à tige fine.

Il se mit aussi en état d'hostilité contre les insectes et les bêtes malfaisantes ; il développa contre les taupes les grandes manœuvres inventées par Henri Lecourt , le premier de nos tacticiens en ce genre. La coquette ou cossus osculi eut beau se métamorphoser en larve , en chenille, en papillon , il parvint à la fixer et à la mettre hors d'état de nuire, d'après Jes leçons de M. A. Pelletier. Le cuculio chloris ou charençon-chlore fut mis hors de combat d'après les préceptes de M. Barée, supérieur de la congrégation de Saint-Cyr. Le taupegrillon , la fourmi rouge eurent beau chercher un asile dans les maisons élevées par les taupes , il les y atteignit , et rien de ce qui pouvait nuire ne fut épargné. Une herse à dents de fer était légèrement

traînée tous les printemps sur des prairies mousseuses ; cette herse enlevait la mousse et dégageait les herbes fines étouffées sous ce malfaisant duvet.

Vers l'automne suivant , M. Sylvestre se livra à de grandes plantations. Le populus-pyramidalis fut planté dans les lieux les plus bas et les autres peupliers, tels que le populus alba, nigra, virginiana, helvetica , fastigiata et dilatata, furent placés sur les levées des fossés et dans les lieux les plus convenables à la nature de chaque espèce. Des aulnes et des saules ombragèrent et fortifièrent les chaussées; par exemple, le betula ahius, le salix alba et le salix caprea, connu dans le pays sous le nom de marsoles. Les lieux moins bas et moins humides se couvrirent d'érables, de platanes, d'acer-negando et de plusieurs espèces d'ormes , parmi lesquels il préférait Yulmus nodosa ou tortillard, comme venant partout et plus vite, offrant dans sa tige les courbes nécessaires au charron nage, et comme étant d'une nature meilleure et plus compacte que les autres ormes , d'après le savant traité de M. Varenne de Feuilles sur les qualités comparées des bois.

Il porta le même discernement et le même esprit de détail dans l'établissement et la tenue du jardin médicinal, du parc, du verger, du parterre, des serres , des couches et des espaliers. Dans les parties les plus alumineuses du potager, il planta les

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