‹ Le manuscrit de ma mèreChapitre 3 sur 32 · PREFACE. VII · texte numérisé non relu

PREFACE. VII

thique. Lamartine est de ceux-là. En des temps moins malheureux et moins troublés, bien qu'attristés aussi par le souvenir des révolutions et des guerres, il a fait entendre la première fois son chant d'amour, de mélancolie et d'espérance. N'est-ce pas. une prédestination singulière qui fait sortir aujourd'hui de la tombe et résonner à travers des ruines un dernier et plus triste accent de cette grande et religieuse poésie ?

La réapparition de ce nom de Lamartine est opportune encore à un autre titre. Bien que la politique soit absente de ce livre, il n'en rappellera pas moins le grand républicain de 1848, l'homme qui, durant une crise révolutionnaire, montrait à la France la république comme le vrai refuge contre la révolution. Cette république, dont il avait conçu l'idée et dont son nom est resté le symbole, cette république large, ouverte, généreuse, protectrice de tous les droits et de tous les intérêts légitimes, c'est celle qu'il s'agit maintenant de fonder, car seule elle peut nous préserver à la fois des violences de la

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