Β. — MOTS DE LANGUE ROMANE ET DE LANGUE GERMANIQUE
À maintes reprises, ‘soit de son propre chef, soit par oui-dire autour de lui: : notre écrivain emploie des mots français de son temps, des Leazim, selon l’expression technique pour les termes de langue romane transcrits en caractères hébraïques. Les uns sont des nouveaux venus, ou presque inconnus ; les autres . fournissent des acceptions nouvelles. | | Fol. 4, col. 1 : Parlant de l'examen hygiénique. d’une bête de boucherie, après l'abatage, on suppose le cas « où tout le poumon est adhérent au côté, sans qu'il y ait d’abcès, ou pourriture, סירכא ». Ce dernier mot est ainsi expliqué: : c'est ce que l’on nomme ΝΟ , pulmoneire ( ו Nous n'avons pas trouvé ce mot. ailleurs. | | /
Fol. 5%, col. 2. Auprès d’un pot-au-feu, « il est arrivé de faire flamber des lèvres de vache », 0.-8-0- 911, Crine (poils). Déduction faite de l'altération du > en ,ג on se trouve en présence de l’acception nouvelle d’un mot, connu seulement dans le sens de « crinière », et par extension signifiant > Crins ». |
Ρο]. 109°. Un passage cité du Talmud B. (tr. Sabbat, fol. 623) dit : « Que faut-il entendre par כולייר (κοχλιάριον) ? C'est, explique Rab, מכבנתא »; c.-à-d. > נושקא Nosche (bracelet). » R. Tam, se référant au terme donné dans l’explication de Rab, traduit « voile », selon le sens qu'a ככנתא dans le Talmud B. (tr. Guittin, fol. 1 5% et tr. Baba bathra, fol. 156b); mais Raschi (sur Isaie, m1, 20) traduit בתי הנפש « des sachets » par 16 mot נושקא (, Cette transcription confirme une fois de plus la prononciation des lettres sck en sk, à 18 picarde. — Ce« bijou de femme » était peut-être une « broche », agrafant le « voile ».
Fol. 130% En ütre (ce qui est rare dans ce manuscrit) : פירוש מפיטום הקטרת « Explication sur la préparation de l'encens » (Talmud B.; tr. Krüthot, fol. 63). « Le Galbanum; חלבנה , c.-à-d. Calbanon, ‘ou selon d’autres Galme. » On sait que le premier de ces termes bibliques se retrouve, avec l'orthographe Galbanon ,
(). Voir .une très longue note sur ce mot, par Moïse Landau, dans son מרפא לשון sur tr. ,מ"ק fol. 12% Cf. Arsène Darmesteter, Les gloses françaises de Raschi dans la Bible (Paris, 1909), p. 62).
[4311 LE MANUSCRIT HÉBREU יא . | 27 dans le Glossaire hébreu-français (manuscrit anonyme du x siècle, Bibl. nat., n° 302, édit. Lambert-Brandin, p. 30, 31), et le second, הלבונה dans Raschi, sur Lévit., xxx, 34. — « L'’encens, אוליבטן ϱ) 8, est 18 résine de l'arbre d’'encens ». L'Oliban (résine gommeuse) est une manière d’encens, dit le Grant herbier, p. 98, cité par F. Godefroy, Dictionnaire de l’ancienne langue | française, 8. v.-—« La myrrhe מירא , Mire. — 1ק1/6 de nard est, en langue française, spica, סְפִיץ . — Le mot בורית (soude, potasse) est ce que l’on nomme en français (?) וויצָא , wice. » On ne trouve pas ce mot dans les lexiques romans, et il faut peut-être 16 ramener à une racine allemande. Il est à remarquer qu'une transcription laaz ainsi orthographiée est donnée par Raschi, sur 1 Rois, vr, 8, pour le mot vieux-français wig (moderne vis), dans le sens de > escalier tournant » P); tandis qu'il traduit כורית par גוס שבון paND « savon », aussi bien dans 15010, 1, 25, que dans son commentaire sur notre passage talmudique. « La résine est ce qui coule de l'arbre [du מו |, que l'on nomme en arabe &v, et en français גומא gome » (moderne gomme). | | Les folios 1 31-136 contiennent un petit vocabulaire alphabétique des mots rabbiniques et des termes de source étrangère, dans le genre du ערוך הקצר « Abrégé de lexique », résumé anonyme de FAroukh (Constantinople, 1511. et 1532; Cracau, 1991-1003, 1η- {9}: mais notre manuscrit diffère notablement de l'édition, en ce qu'il a beaucoup moins d'articles que l'imprimé; par contre il étend parfois davantage tel ou tel article, et il donne des équivalents soit en langue romane, soit en vieil allemand, ou Mittelhochdeutsch. | Ainsi le présent texte ne commence qu’à l’article אכוב , nom d’un instrument de musique, plus longuement rédigé que dans l'édition. Le mot אמנושי = μάyos est vaguement rendu par > des gens qui ont régné sur Israël ». On sait qu'il s’agit d’une tribu perse sous les Sassanides, à laquelle fait allusion le Talmud (tr. Moed. Katon, fol. 18). | Cependant les explications en français du temps sont exactes, comme nous l'apprend obligeamment M. Antoine Thomas : קרמְפן , אונקליות , > 16 terme dyxos « crochet » signifie crampin 5 (un dérivé de crampe, dans le sens de « courbé »). — 99, איסקונדרי > 090006 == marelle ou mérel ». Ce dernier. a l’acception nou- . -velle de «jeton, marque de jeu ». Le même mot, dans un lexique à Berne 5
©” ® C'est très probablement אוליבנון ) Ὁ = (נו qu'il faut lire. — 1. cit., p. 26 et 54. — (1 Jos. Perles, D. Berner Handschrift des Kleinen Aruch, dans Græiz Jubelschrift, Ρ. 13.
28 | ₪ τς [32] | est tradüit sm, : Warfzabel (trictrac): “= Plus loin (fol. 148), on lit : ונירופָלא .. «ΚΟ, זנגבילא « le Zenjebil est le jingimbre » », conforme à l'orthographe du Glossaire hébreu français (anonyme, édit. Lambert, p. 57°), tandis que Raschi (sur Cantique, 1v, 14) applique ce terme: au קכמון . — Ibid. נלנן.: (pour 122) et n19%* Galbanum et citoual »—zédoaire, graine aromatique. .——Fol. 169%: אבום , קְרָאָקייא «crèche», que donne aussi ledit Glossaire (p. 72}, 193?). — Fol. 130b : xt סאלי «sale jeme » (sel gemme), forme ét. acception nouvelles pour le moyen âge. =— Fol. 131%: .בסתרקי , טִיפִיא On ne sait si c'est lé: vieux français tapiz (que ‘ledit: Glossaire donne pour מעטפים , 19916, nr, 22), ou si c'est l'allemand Teppisch. —:Fol. 1482 : lé mot בית-הנדוואי est rendu au: nom de Raschi, par nn%%0.(?)-Leiture (moderne : « électuaire »), peut-être corrompu de קייטורה «cautère », donné‘par Raschi pour’ 16 mot talmudique מורסא (B., tr. Sabbat, ‘fol. 3°) et Ῥοις -nnmo לוחה (B., Krithoth, fol. :1 93). --- Enfin (fol. 131°); 199, עששיות 03, masig (tiré de mace «masse », dit À. Darmesteter, Les gloses françaises de Raschi, p: 127). 7 | : D'autres fois; à l'instar de’ses maîtres, notre auteur traduit en allemand : Fol. 131% : קילקי , דרמגירטל ;290005 = טקסים , בוהשבומא' ;90005/ג==פספסין , שייהצפלאו — Darmgürtel; גולטשמיט. «orfèvre », Goldschmidt; ארות בית שקורין אשטבוש > pièces dans la maison, nommées Stubchen ».-— Fol. 1263 (en: marge latérale) :: פרגיות (Rebhuhne) .רעפהוינכא ΔΙ. Kohut, 5. v., tire ce mot du persan € Dh « poulets », — Fol. 146 סטירקיש:: , 3103 «avec: de l'amidon, sterkisch». — "pe בש' שחקים ΝΤ] 13291 > épices moulués, gemahlene Würze ». — 1 162% : + MNDN, לֶבנש (blancs?). — Jhid. : 6825",ליקא 16 sens de « lessive », ou « amidôn 2 Ces mots pourront être identifiés par 165. germanistes. Lee : Fol. 133P, à la marge inférieure : נפית , קונטרידש 616 mot נפא »3 (contrée). si
gnifie Kontreds.» C'est l'orthographe adoptée déjà par 148501 sur Josué, ΧΙ, 2, d’après 18 transcription d’Arsène Darmesteter (p. 43). — ויזינא , AND (vVOIsine) signifie Veyzine, comme l'a aussi le susdit Glossaire hébreu-français | (p. 19°), sur l'Exode, פלכים , דוקירש — .22 ,זנ == Ducheds (duchés) ; tandis que le. Glossaire (p. 899), sur Jérémie, ΧχΙΠ, 11, orthographie : Dacheys (sans 16 0, qui est pourtant à la fin de Kontred).. | |
| οἱ. 134, au bas : מזלג , קרוויל (fourchette). La dernière lettre, 7, du mot
4 C'est ce que le ערוך הקצר traduit par לנטער «lanterne», selon le sens usuel du mot .עששיות
roman, doit être une faute pour ק ; car le Glossaire.a, soit le singulier Krochet, sur 1 Samuel, M, 14 (p. 68°); soit le pluriel: Kroychez, sur 1 Chron., ΧΧΥΠΙ. 17 ({ρ. 0113). — Fol. 196% ₪ 18 marge latérale אבנט.: (ceinture) bp. Faut-il lire ce mot nouveau Kamra ou .Chambra? Le Dictionnaire de. l'ancienne langue Jrançaïse a le mot cambre, signifiant : tenture ou objet « replié ,ג — De même un mot douteux, fol. 1 34h, à la marge inférieure : 92 מרינוּס פי' בנד.גדול שקורין 0 « Mérinos ), ο.-ᾱ-ᾱ. un grand vêtement que l’on nomme Belaria » (— Velaria). Ce dernier mot seul est pourvu. de points-voyelles , ‘pour assurer la lecture. ‘On trouve même. une note touchant les langues sémitiques comparées : “une 0 question est posée au Gaon Saadia, de Fayoum, par.ses élèves, pour savoir quelle est l’étymologie du terme biblique Azazel (le bouc émissaire). L Le docte exégète répond par des, points de: comparaison avec l'arabe. ᾿