LE MARIAGE
« En exigeant de toi un solennel serment, je « n'ai pas l'intention d'enchaîner ta volonté. Ce « serment serait une impiété s'il devait contrarier « tes inclinations et t'imposer un tourment ou un « remords. Tu es libre , mon cher fils , entièrement « libre dans le choix de la compagne que tu pren- « dras. »
Le cœur de Loysc bondit de joie en écoutant ces paroles ; elle ne concevait pas les hésitations et les craintes d'Emmanuel. Il poursuivit :
« Mais que les conseils de ton père ne le soient « pas inutiles ; c'est une longue expérience qui le « parle ici. Si tu es séduit par la fascination des « richesses, par des qualités extérieures, par un
« cœur passionné mais sans principes , tu seras « malheureux. Sache leur préférer d'humbles vertus « et une piété solide.
« Bénie soit la jeune fille sans tache qui a vécu « loin du monde ! son sommeil est doux et facile ; « sa prière, au réveil, est pure comme la goutte « d'eau qui , venue du ciel , s'évapore dans le calice « d'une rose; et sa prière est une résignation de « tous les jours.
« Elle passe tour à tour du travail au repos , de « la veille au loisir; elle met elle-même des limites « à ses désirs innocens; elle accepte la pauvreté « sans se plaindre; et, confiante en celui qui sera « son époux, elle attend de lui seul sa joie ou sa M tristesse.
M On lit dans son cœur comme au travers d'un i< cristal diaphane.
« Une grâce ingénue est dans ses mouvemens , « et la pudeur sur ses joues. Elle compatit à toutes « les soufft-ances ; elle console en pleurant.
« Elle frappe à la porte de ceux qui ont faim et « soif, et elle leur donne le pain et l'eau.
« Elle couvre ceux qui ont froid de son manteau, « et elle a toujours des paroles douces à leur dire.
« Ses goûts sont sijuples , la modestie est sa « plus belle rol)e, lluimilité toute sa science.
« Ses sou})irs vont au ciel, car elle marche tou- « jours en présence de Dieu. »
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Chacune des inflexions d Emmanuel indiquait les qualités qu il désirait dans sa femme , et ctaque mot disait à Loyse : — Tu n es pas cette femmelà! — Chaque mot lui semblait une accusation; elle se rappelait peut-être aussi sa conduite envers les parens de M. de Coislier. Elle frémissait , s'irritait , tâchait de se maîtriser , se mordait les lèvres ; enfin, son caractère impétueux l'emporta :
— Assez! s'écria-t-elle ; assez, monsieur 1
Et l'amertume de son chagrin rendit ce cri -là aigre et dur. Il le reconnut; songea à la vieille femme, au vieillard , et serra le manuscrit.
— Si c'est une Bible qu il vous faut , eh bien ! mariez-vous avec la Bible, et laissez-moi en paix.
Elle se prit à rire , mais d'un rire nerveux , involontaire, de ce rire qui saisit quelquefois les mourans à leur agonie. Son sein s'agita : elle eut honte de l'inconvenance qui hii était échappée , et pour une femme du monde le souvenir seul en est un chagrin. Puis elle chercha à dissimuler ce trouble croissant, ce dépit douloureux qui l'envahissait tout entière; et, ne le pouvant plus, laissa éclater ses larmes et ses sanglots.
— Que vous ai-je fait , monsieur, pour me tourmenter ainsi? Quel crime ai-je commis que de vous aimer et d'être assez faible pour vous le dire ? Estre ma faute à moi si je n'ai aucune de vos rrovanres ? Quel plaisir goùlez-vous à torturer une femme .'
LE MANUSCRIT VKBT.
— Moil du plaisir à vous tourmenter
Rappelez-vous vos instances. ..Croyezbien, madame, que la nécessité que j'avais sentie d'une franchise sans restriction a pu seule me déterminer à céder à vos propres désirs, impérieusement manifestés.... Ma position ici était si pénible , si fausse , qu il en fallait sortir, et pour vous et pour moi.... Je désirais que tout restât secret entre nous....
— Ce sera ainsi , monsieur ; et , en voyant votre position et la mienne , le monde ne soupçonnera pas autre chose, sinon que je ne vous aime phis et
que je désire un parti plus sortable Vous dites
vrai unis, nous serions bientôt malheureux
l'un par l'autre... Il y a trop de dissidence dans nos façons d'envisager les choses... J'aurais dû le voir dès la première lettre que vous m écrivîtes à Matarieux... Mais qui vous dit, monsieur, que j'accepterais votre main si vous me l'offriez? Je vous trouve bien vain d'oser vous 1 imaginer et de me faire une aussi inconcevable leçon.
Les mots tombaient âpres et méprisans de ses lèvres. Il écoutait, navré, les yeux baissés, mais dans une attitude calme , celle d'un homme irréprochable.
— Je vous conjure, madame, d'excuser alors une erreur qui m'a enivré au point qu il m'a fallu de longs efforts pour la combattre. Si vous saviez ce que j'ai souffert!... Mais je veux me punir de ma
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présomption, il faut que je paraisse et que je sois en effet refusé par vous... Si vous daignez le permettre, je vous écrirai une lettre; dans votre réponse vous rejetterez l'offre de ma main... et je me jette à vos pieds pour vous demander pardon...
— Emmanuel, Emmanuel, levez-vous! dit-elle amollie par l'action si touchante du jeune homme... Emmanuel , vos supplications sont bien cruelles ! Il y a une bien sanglante ironie dans la douceur de vos paroles, comme dans la noblesse de votre caractère.... Oui, vous êtes noble et grand'.... Refuser une fortime si brillante qu'elle fait envie à toute cette cour!... la refuser pour obéir à une conviction!... Oui, vous êtes noble et grand , Emmanuel , et je dédaigne tout ce qui n'est pas vous.... Mais , dites-moi, voulez-vous donc que je mente? que je sois hypocrite?... Oh! non!... vous aimez trop la franchise... Et puis vous ne vous y tromperiez pas... Je suis bien malheureuse!... Il m'est impossible de croire!... Ce que vous proclamez des vérités choque ma raison... Vous attachez trop d'importance à la vie... Elle n'a de prix que par les jouissances dont on l'entoure... Oh! comme je rendrais la tienne heureuse, Emmanuel!... J'ai des millions.. ..prendsles Sois ou non mon mari... mais prends-les
Si tu rencontres une femme qui t'aime mieux que moi, épouse-là.... Soyez heureux... Sinon reviens...
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Je sens battre là un cœur qui t'adore.... Oh! reviens... Acceptes-tu?
Et il serrait, dans l'excès de sa douleur, le bras du fauteuil où il était plutôt gisant qu'assis.
— Tu ne dis rien !... Tu me refuses !... Tu veux donc ma mort?... Oui, tu la veux'.... Eli bien! sois content!... Adieu!...
Elle se lève, s'élance vers la fenêtre... Il court, la saisit au bord du balcon, la retient, la serre étroitement dans ses bras... Un éclair remplit le jardin d'une odeur de soufre , et le tonnerre retentit avec un fracas prolongé. Cette faible femme , qui voulait se tuer, eut peur , et se pencba sur l'épaule d'Emmanuel.
— Pourquoi la foudre ne tombe-t-elle pas sur nous ? dit-elle.
nia retenait d'une main puissante, et de l'autre il fermait la fenêtre. Elle se dégage elle-même de son étreinte et va se rasseoir; ses jambes pliaient à chaque pas... Mais elle sent sa dignité de femme compromise ; un retour décisif sur elle-même lui montre l'abaissement où son amour la jette ; et son dépitrenaît plus concentré. Emmanuel s'appuie sur le marbre d'un meuble , dans un morne désespoir. Loysc se recueille , se calme elle-même. Un long silence règne. Des éclairs seulement jettent dans l'appartement de rapides et soudaines lueurs, comme des reflets d'un vaste incendie.
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— Cette scène devient ridicule, monsieur, lui dit-elle ; vous y jouez , ce me semble , un assez triste rôle ; j'attends qu'il vous plaise de la terminer... Eh bien !... si je suis un obstacle à faire votre salut... un adieu sans homélie, s'il vous est possible. — Dès que la passion ne parlait plus , Loyse redevenait elle-même.
Il tressaille ; la douleur la rendait dangereuse encore. Son persilllage désenchanta ce qu'elle avait conservé d influence. — Madame , lui dit-il d'un accent plein de noble simplicité , vous m'avez entraîné vous-même à une explication devenue nécessaire; j'y ai mis tous les ménagemens et les respects qu'il était en mon pouvoir d'employer... Vous avez bien voulu reconnaître qu'il y avait peutêtre quelque mérite à me vaincre; notre bonheur à tous deux en dépendait!... Il est juste qu'après une telle scène je sois refusé par vous... Je sais que dans le monde mes opinions et ma conduite sont des alimens offerts au persilllage... L'ironie est la maladie du siècle; des esprits vifs et fins, mais superficiels, l'ont mise à la mode, et le vulgaire les suit... Paraître dédaigner tout, c'est se donner le droit de n'examiner rien... Au reste, je brave le ridicule, je l'attends tête levée... Je subirai sans émoi la torture de ses épigrammes... Le temps est
venu de rendre témoignage de ses convictions
Et vous, de grâce, pardonnez-moi, madame...
adieu... oubliez-moi, je souhaite que vous ouvriez uu jour les yeux à la vraie lumière.
— Arrêtez, Emmanuel... , encore un mot!
N'emportez pas lidée que je veuille appeler le ridicule sur vous ; je n'ai rien exprimé de semblable, et, tout en déplorant vos susceptibilités maladives, je les respecte... Mais (et ce que je vais dire ici vous montrera toute la profondeur de mon aifection;... jamais femme peut-être n'a plus fait abnégation de son amour-propre) que cette soirée ne soit pas décisive!... Que notre adieu ne soit pas irrévocable!...
— Madame, je suis touché, bien vivement touché de ce que vous dites là... Je redoute de vous écouter plus long-temps... Il faut ici un adieu solennel... Pourquoi nous exposer l'un et l'autre à des scènes aussi vives?... Eh! ne voyez-vous pas que votre santé en est altérée, et que j'en meurs?... N'en voyez-vous pas sur mon front les traces ineffaçables peut-être? Pourquoi donc vous tourmenter encore !...
— Pourquoi!... pourquoi!... Je conçois maintenant... Vous sentez entre nous des antipathies de caractère si prononcées.
— Madame...
— Si c'est encore un acte de franchise, vous m'avouerez quil est bien cruel... Adieu donc, Emmanuel, adieu... — Elle sanglotait; et lui, il
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chancelait en marchant, contraint à porter la main sur les meubles, car il avait des vertiges, son énergie et ses forces étaient épuisées. L'adieu de la marquise, au contraire, avait été prononcé d'une voix ferme et presque menaçante.
La comtesse de Touresnel entra. — Je suis une étourdie, ma chère, s'écria-t-elle ; j'ai forcé ta porte : mais j'arrive de la campagne ; forage m'a surprise en route, il m'épouvante.... Qu'avez-vous tous les deux?... Quel silence! quel abattement!.... Vous avez fair mourant, M. Emmanuel....
Il ne répondit pas, se ranima, salua et sortit. Elle courut à Loyse : — Mon Dieu! comme tu es
pâle!...
— Cet homme me désespère... Il a tant de volonté, des procédés si nobles et si insultans, tant d'élévation dans le caractère , et des préjugés si ridicules, si absurdes ;.... il faut tant le haïr et tant l'aimer !... Il me tue ! il me tue !
— Oh ! que tu es folle ! répondit-elle.
Il avait tonné durant une partie de la nuit; et, sur le matin seulement, Emmanuel s'était endormi.
Quand il se réveilla, il vit, assis auprès de son chevet, l'abbé Jaumers lisant son bréviaire; le soleil , dans un ciel pur, colorait les arbres du Luxembourg, projetait ses rayons sur le tapis de la chambre. Il tendit la main à son vieil ami, .s'accouda sur son oreiller , et regarda fixement devant lui comme un iiomme qui rassemble des souvenirs.
— Vos traits sont altérés , Emmanuel ; je crains que de mauvaises passions ne vous travaillent. Vous avez donné peu de soirées à votre mère, cette semaine ; vous la négligez : elle en est inquiète.
La justification , aussi claire que vraie , fut le récit de ce qui s'était passé depuis plusieurs jours et la veille, Le vieil ab]>é lécouta avec attention; la
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bienveillance et le contentement se peignaient sur son visage , et pourtant un œil observateur aurait pu y lire un peu d'inquiétude. — Votre sincérité est louable, mon bon ami. Vous avez agi en galant homme , mais avec une vivacité qui ne laisse pas que d'être dangereuse peut-être. Malgré l'éclat de sa fortune, la marquise n'est point la femme qu il vous faut. Je parle ici en homme et non pas en prêtre.
D immenses richesses et le crédit de la maison Matarieux vous auraient placé sur un vaste théâtre : mais tout ceci n'est pas le bonheur. Les passions contrariées s imairinent toujours être éternelles; et la possession les alliédit , les glace. Avide qu'elle est de jouissances, livrée aux intérêts de la terre, la marquise eût bientôt cessé d'avoir ces emportemcns d'amour qui ont séduit vos sens ; car elle eût rencontré en vous une opposition vivante à ses goûts. J admets que vous ne fussiez jamais sorti le premier des formes les plus douces de la discussion , que vous vous fussiez condamné à souffrir en silence le scandale de ses principes : vous allez quelquefois à l'église, et vous eussiez été désolé que votre femme n'y allât pas : vous priez Dieu le soir en vous couchant , le matin en vous levant ; votre femme n'eût pas prié; ([uelques légers sourires eussent provoqué ou des reparties aigres ou l'oubli de vos devoirs religieux.
Une tiédeur plus prompte que vous ne l'imaginez peut-être vous-même eût succédé à tout ce délire.
Dès lors elle vous aurait fait involontairement sentir quelle vous a enrichi, quelle vous a élevé à elle; vous vous seriez compris dans sa dépendance. Vif comme vous l'êtes , vous auriez éclaté en reproches , source de désunion , de querelles ; que sais-je moi ?
J'ai cru entrevoir en vous une tendance prononcée à la jalousie, et connaissant les idées de votre femme sur les rapports des sexes, qui, dès qu'on adopte franchement le matérialisme, ne semblent plus avoir rien de criminel, vous eussiez été tourmenté ; chaque heure de votre vie eût été un supplice. Et vos enfans, quelle éducation auraient-ils reçue!
Vous qui avez peu de penchant pour le luxe, il eût fallu vous y plaire. Contrarié en tout, ohligc de cacher vos peines et de jouer le personnage d'homme heureux avec le deuil au fond du cœur , vous eussiez bientôt raauditl'existence etl heure de votre mariage . Je n'exagère point le tableau; je le décris, au contraire, le plus simplement possible, parce qu'en de tels évéuemens , qui font le sort d'un homme , il importe d'être vrai, naturel, et d'examiner froidement les choses dans leur réalité.
J'ai beau réfléchir, je vois en cette union beaucoup de chances pour les chagrins et les discordes , et presque aucune pour le bonheur. Vous l'avez senti comme moi, et l'instinct de votre conscience vous a cette fois bien servi. Cependant , mon ami ,
votre tort consiste à vous être mis en position de recourir à une rupture; vous avez attisé les désirs de cette femme par les vôtres ; d elle à vous , ce n'est pas affection, mais fièvre. Vous l'avez donc blessée dans sa vanité ; de là un long ressentiment peutêtre. Il serait injuste, je le sais, de demander des perfections à 1 imperfection humaine ; et c'est pourquoi, tout fautif que vous soyez, j'applaudis à votre acte de noble franchise : et puisse cet effort vous excitera marcher d'un pas plus décidé dans la voie du juste !
Ainsi parlait le bon prêtre. Ce langage sans apprêt, et qui attestait une raison supérieure, allait au cœur d'Emmanuel.
— J'ai fait examen de moi-même , répondit-il, et j'y ai vu ce que vous avez dit. Libre dans le choix de mon épouse, je le regarde comme l'affaire la plus importante de ma vie. Non pas que je me lance à la poursuite d'un être qui soit l'exacte copie de l'image idéale tracée par mon père ; ce serait d'un insensé : mais je veux en ma femme des vertus humbles , domestiques, et une foi sincère qui puisse habiter avec la mienne.
— Très bien, mon cher enfant. Déliez- vous toutefois de votre enthousiasme. Tenez! par exemple, à quoi bon cette lettre que vous voulez écrire à la marquise? Pourquoi lui donner sur vous un avantage qu'elle saura bien prendre elle-même pour peu
que vous lui en ouvriez une occasion? Allez chez elle encore une ou deux fois , quand il y aura cercle, et vous verrez!... Ayez donc désormais , ayez, mon ami , un peu moins de confiance en vous et tin peu plus en moi.
Il le lui promit. Le lendemain, il alla à l'hôtel de Matarieux; Anatole recevait. Emmanuel, quand il se présenta , vit la marquise assise auprès de la comtesse de Touresnel qui lui parlait bas. Il les salua; son empressement était marqué. Loyse y répondit avec une politesse froidement cérémonieuse , ce qui fut observé. Il prit une place vide auprès d'elle, et elle se leva presque aussitôt.
— Vous êtes dispensé d'écrire la lettre , dit tout bas la comtesse.
— Madame , répondit-il, je viens de l'écrire devant le monde , et la réponse m'a été faite.
Il ne tarda pas à se retirer.
L'habitude de réfléchir et d'examiner les rapports des sociétés entre elles , des hommes avec la société , et de soi-même avec les hommes , porte à la tolérance et à la résignation. On sent son existence inaperçue au milieu de tant de myriades d'existences , et quand le malheur vous frappe , on est tenté de dire : Qu'est-ce que cela fait?
Emmanuel était sorti de la lutte vainqueur , mais froissé, et il avait besoin de se rappeler à lui-même qu'il devait se trouver heureux , puisqu'il avait rempli son devoir; quelqu'un lui manquait qui pût le consoler de son succès. Tout l'abaudonnait. La comtesse de Touresnel avait adroitement semé de ces demi confidences qui disent tout ce qu'on veut faire savoir, et vous laissent, au besoin , les facilités d'un démenti. Dans les salons on riait des pré-