CHAPITRE LIV
Le vieux garçon, parmi ses diverses occupations, trouvait dans la vieille église , qui avait autrefois fait partie d'une abbaye, une source constante d'intérêt et d'amusement. Fier de ce que les hommes regardent en général comme les merveilles du petit monde où ils vivent, il avait fait une étude particulière de tous les monuments contenus dans cet édifice antique. Comme il n'était pas du nombre de ces esprits austères qui veulent dépouiller la vérité du peu de vêtements que l'imagination lui prête pour ajouter à ses charmes , ni faire tomber une seule de ces guirlandes de fleurs sauvages dont la tradition aime à l'orner , il marchait d'un pas léger sur la poussière des siècles , il ne contestait aucune légende qui était fondée sur la vertu et la bonté du cœur ; il expliquait d'une manière favorable celles qui se montraient sous un jour douteux; quant à celles qui préconisaient le crime et le vice sous des formes captieuses ou des noms imposants, il les rejetait avec indignation comme un tissu de mensonges , et il aurait voulu pouvoir les ensevelir dans l'oubli le plus profond.
Ce fut de la bouche d'un tel maître que Nelly
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npprit rhistoire, la Iradilion el la Irgc.nde j)r(\s(jue (le clia(jiie inonmnent et de chaqiuî pierre sé|>iilcrale de cette église anlicpie. Il la lit descendre avec lui dans le crypte , qui n'était plus qu'un souterrain sans utilité, et le représenta à son imagination tel qu'il était jadis, éclairé par des lampes suspendues au plafond , embaumé j)ar l'odeur des parfums qui brûlaient dans des encensoirs, retentissant des voix des moines et des sons de l'orgue, et orné de tableaux , de statues , de vases et de chandeliers d'or et d'argent. La faisant remonter dans l'église , il lui apprit le nom et l'usage des dfiférentes parties de l'armure des chevaliers dont il lui montrait les effigies, et lui expliqua comment ils se servaient des armes qui étaient encore suspendues aux murailles. Nelly n'oubliait rien , et quand il lui arrivait de s'éveiller la nuit, au milieu d'un rêve qui avait rapport à ces histoires des temps passés , elle croyait quelquefois entendre le chant des moines et le son de l'orgue.
Le vieux fossoyeur continuait à aller mieux. Il n'était pas encore en état de travailler ; mais il pouvait sortir de chez lui, et Nelly apprit aussi de lui beaucoup d'autres choses. Un jour qu'il y avait une tombe à creuser, il était dans le cimetière, assis sur l'herbe, et surveillant le travail de l'homme qui le remplaçait momentanément. Celui-ci, quoique ayant quelques années de plus que le fossoyeur, était beaucoup plus robuste , mais il était
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sourd, et ce dernier semblait regarder son vieux compagnon avec pitié, à cause de cette infirmité, comme s'il n'en avait eu lui-même aucune.
— Je ne savais pas que quelqu'un fût mort dans cette paroisse , — dit Nelly, qui était venue s'asseoir près de lui.
— Elle demeurait à trois milles d'ici , — dit le fossoyeur.
— Était-elle jeune?
— Oh! — oui; — je crois qu'elle n'avait pas plus de soixante-quatre ans. — David, avait-elle plus de soixante-quatre ans?
— Me parlez-vous? — demanda David.
— Oui. Quel âge avait Becky Morgan? — cria le fossoyeur.
— Becky Morgan?
— Oui. — Sa surdité auç;njente tous les jours,
— Attendez que j'y songe. J'ai vu son âge hier sur son cercueil. — Soixante-dix-neuf ans.
— Etes-vous bien sûr de n'avoir pas pris un 6 pour im '7 ?
— Comment dites-vous ?
— Etes-vous sûr de ne pas vous être trompé ?
— Piiifaitement sûr.
— Il devient tout-à-fait sourd , — dit le fossoyeur à Nelly; — et je crois que son esprit saffaibUt.
Nelly n'en avait remarqué aucun symptôme, et e\h- détourna la conversation. — Vous m'avez dit "• 10
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que vous vous amusiez à jardiuer; plantez-vous jamais quelque chose ici?
— Dans le cimetière? Non.
— J'y vois pourtant des fleurs et des arbustes.
— C'est ce qui fait reconnaître les tond)es de ceux qui avaient de bons parents et de bons amis , dont les mains se sont plu à orner ainsi leur sépulture. Mais voyez-vous comme ces fleurs penchent la tête , — comme les feuilles de ces arbustes se flétrissent ? — en savez-vous la raison ?
— Non.
— C'est parce que le souvenir de ceux qui sont en dessous passe bien vite. On vient soigner ces fleurs , d'abord unefois par jour, tout au moins ; puis une fois par semaine, ensuite une fois par mois , et enfin on n'y songe plus. — Eh bien l cela ne fait aucun mal aux morts, et c'est un bon signe pour le bonheur des vivants. C'est dans la nature.
— Quoi qu'il en soit, — pensa Nelly, — je ferai mon jardin de ce cimetière; j'y travaillerai tous les jours. Je suis sûre que ce sera une occupation agréable.
— Il faut que je m'en aille , — dit le fossoyeur en faisant signe à David de venir l'aider à se lever; — la terre est humide , et jusqu'à ce que l'été soit arrivé , il faut que j'aie soin de ma santé. — Adieu ! David.
— Que dites-vous ?
— Je vous dis adieu. — Comme il est sourd !
— Ail ! — (Ht David en le regardant aller, — ses forces l'abandonnent ; il paraît plus vieux tous les jours.
Et ils se séparèrent ainsi, chacun d'eux se croyant rajeuni par l'idée que l'autre montrait plus de signes de caducité que lui.
Nelly resta encore quelques minutes à regarder le vieux David continuer lentement son travail. Enfin elle le quitta, et elle retournait chez elle quand elle vit le maître d'école assis sur l'herbe qui couvrait la terre amoncelée sur une tombe, et lisant.
— Je suis charmé de vous voir en plein air, Nelly, — dit-il en fermant son livre. — Gela: vaut mieux que d'être toujours enfermée dans une église. Gela vous donne souvent un air triste.
— Triste ! vous vous trompez , monsieur Marten. Il n'y a pas dans le monde entier une créature plus heureuse que je ne le suis à présent.
— Et cependant, même en ce moment, votre sourire a quelque chose de mélancolique. — A quoi pensiez-vous quand vous m'avez aperçu?
— Je pensais qu'il était bien triste de songer qu'on oublie si vite ceux qui meurent au milieu de nous.
— Et croyez-vous, — dit le maître d'école , qui avait remarqué sur quels objets elle avait les yeux fixés en parlant ainsi ; — croyez-vous que quelques fleurs fanées , quelques feuilles flétries soient des
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preuves criliclifïéiTnce et d'oubli ? Croyez-vous qu'il n'y ait pas de meilleurs moyens pour prouver que l'on conserve le souvenir des défunts? Quand ils ont bien vécu, c'est souvent de leurs tombes, toutes négligées qu'elles nous paraissent, que sortent les germes des bonnes actions de ceux qui leur survivent.
— Ne m'en dites pas davantage 1 — s'écria Nelly ; — je le sens, je le comprends; comment ai-je pu l'oublier en songeant à vous!
— Rien de ce qui est doué d'innocence ou de bonté ne meurt pour être oublié, — continua M. Marten, ] — Un enfant qui meurt au berceau n'est point oublié par ceux qui l'ont aimé. Il n'y a pas un ange dans l'armée du ciel qui ne produise quelque effet sur l'esprit et le cœur de ceux dont il a été cbéri. Oublier ! Ah! si l'on pouvait remonter jusqu'à la source des bonnes actions des hommes, comme la mort même paraîtrait belle 1 tant de charité, de merci, d'affections purifiées, prennent la leur dans la tombe !
— C'est la vérité ! — je le sens. Qui doit le sentir mieux que moi, à qui vous avez dit si souvent que votre ancien anu , votre jeune élève n^vit en moi pour vous?
Le pauvre maître d'école ne répondit rien , car son cœur était plein.
L'aïeul de Neliy arriva en ce moment , il s'assit près d'eux; mais l'horloge de la paroisse ayant
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sonné l*henre de Técole, M. Morten fut obligé de les quitter.
— Un brave homme, — dit le vieillard en le suivant des yeux; — un excellent homme! il ne nous fera jamais de mal, lui. Noussommes en sûreté ici. Nous y resterons toujours, — n'est-ce pas, Nelly?
Elle le regarda en souriant.
— Elle a besoin de repos, — dit le vieillard, lui passant une main sur la joue. — Elle est pâle, — trop pâle ; — elle ne ressemble plus à ce qu'elle était.
— Quand ? — demanda Nelly.
— Ah! sans doute, quand? — combien y a-t-il de semaines.^ — je ne m'en souviens pas. — Ne pensons plus au passé, Nelly; cela vaudra mieux.
— Oui, mon cher grand-papa, oublions-le; et si nous nous le rappelons, que ce ne soit que comme un songe désagréable que le réveil a fait, disparaître*
— Chut, mon enfant, — chut! ne parlons pas de songe, ni de toutes les misères qui en ont été lu suite. — Des yeux enfoncés, — des joues creuses, — le froid, la pluie, la faim. Non, non, ne parlons pas de songe. On n'en fait pas ici; et en parlei', ce serait le moyen d'en faire venir.
— Quel heureux changement! pensa Nelly.
■ — Je serai patient , humble, obéissant, — - continua le vieillard; — mais il faut que je sois toujours prés de vous, Nelly; car que deviendrais-je, si vous me quittiez?
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— Moi VOUS quitter! ce serait une jolie cîiose viaiuient! — j^'écria Nelly, avec un air de gaicié altecté. — Voyez! j'ai envie de faire de ce cimetière notre jardin. Pourquoi non? nous commencerons demain, et nous y travaillerons ensemble.
— C'est une excellente idée! — s'écria le vieillard. — Souvenez-vous-en, Nelly;nous commencerons demain matin.
Qui avait l'esprit aussi content que le vieillard, quand ils commencèrent leur travail le lendemain? qui s'occupait moins des idées que le lieu semblait devoir faire naître? Ils arrachèrent les chardons, les orties et toutes les mauvaises herbes, taillèrent les arbustes, et nettoyèrent les pierres sépulcrales. Tandis qu'ils travaillaient ainsi avec ardeur, Nelly aperçut le vieux garçon, qui les regardait à quelques pas.
— C'est une (âche de charité, — dit-il en s'approchant d'eux j — mais avez-vous déjà fait tout cela ce matin ?
— C'est bien peu de chose, monsieur, auprès de ce que nous avons dessein de faire.
— Fort bien , — très bien ! — Mais vous horiiezvous aux tombes des enfants?
— Nous passerons aux autres avec le temps, monsieur, — répondit Nelly en détournant la tête.
Soit que ce fût l'effet du hasard, ou la suite d'une prédilection natiiretie de Neliy pour l'enfance, le fait était qu'ds avaient commencé leur travail dans
la partie du cimetière destinée à la sépulture des enfants. Cette circonstance parut frapj)er le vieillard, quoiqu'il n'y eût pas f^iit attention auparavant. Il jela un coup d'œil à la hâte sur les tombes , et un regard d'inquiétude sur sa petite fille; la serrant ensuite contre son cœur, il lui dit qu'il était temps qu'ils se reposassent et qu'ils retournassent chez eux. Quelque chose qu'il avait oublié depuis longtemps semblait vouloir se représenter à son esprit, et ne cessa de l'occuper toute cette journée et les suivantes. Le lendemain , tandis qu'ils étaient à travailler au même ouvrage, Nelly remarqua qu'il tournait souvent la tête vers elle, et qu'il la regardait d'un air inquiet, comme s'il eût cherché à résoudre quelque doute, ou à mettre de l'ordre dans ses idées, et elle lui demanda pourquoi il la regardait ainsi. II lui répondit qu'il avait du plaisir a la voir, et passant la main sur sa léte , il ajouta qu'elle grandissait tous les jours , et qu'elle ne serait bientôt plus au nombre des enfants.
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CIIAI'ITRK LV.
A compter de ce moment il s'éleva dans l'esprit du vieillard une sollicitude pour sa petite-fi'le qui ne le quitta plus. 11 y a dans le cœur humain des cordes qui restent muettes malgré tous les efforts qu'on peut faire pour en tirer des sons, et que le moindre incident fait vibrer. Depuis la remarque accidentelle faite par le vieux garçon dans le cimelièîe, il n'oublia jamais un instant le dévouement de Nelly, et la faiblesse de son âge et de son sexe. Lui qui, depuis qu'il avait quitté son ancien domicile, n'avait songé aux souffrances de sa petite-fille que parce qu'il les partageait lui-même, il se souvint tout-à-coup de tout ce qu'il lui devait, et vit l'effet que ces souffrances avaient produit sur elle. Depuis ce moment, pas une pensée qui eût rapport à lui-même, pas un seul désir de ses aises per^ sonnelles, pas la moindre considération d'égoïsme, ne s'offrirent à ses pensées, qui furent exclusivement concentrées sur l'objet de toute sa tendresse. Il s'occupait même à la dérobée d'une partie des soins intérieurs du ménage, de crainte qu'elle ne se fatiguât trop.
Quelquefois, — c'était quelques semaines après
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ce qui a été lapporlé dans le chapitre précédent , — Nellv, dont la moindre fatigue épuisait alors les forces, passait la soirée, étendue sur un sofa que le vieux garçon avait fait porter chez elle. Le niaître d'école apportait quelque livre, et lui faisait une lecture. Il se passait rarement une soirée sans que le vieux garçon vînt aussi, et il lisait à son tour quand M. Martin était fatigué. Le vieillard semblait écouter; mais il ne songeait qu'à Neily, sur laquelle il avait toujours les yeux fixés.
Tout cela n'arrivait que pendant les soirées; car, dans la journée, Nelly aimait à sortir et à se promener dans ce qu'elle appelait son jardin. Des étrangers venaient souvent voir l'église; frappés de l'aîr de la jeune tille qui la montrait, ils en parlaient à d'autres, et leur inspiraient le désir de la voir aussi bien que l'antique édifice, de sorte que, même dans cette saison de l'année, peu de jours se passaient sans visiteurs. Le vieillard les suivait à quelques pas dans tout le bâtiment, écoutant la voix qu'il aimait tant à entendre; et quand ils se retiraient, il les suivait encore, et entendait quelques fragments de leur conversation. Elle roulait presque toujours sur Nelly; ils faisaient l'éloge de sa beauté et de sa modestie, et il était fier et joyeux de les entendre. Mais, hélas! ce qui lui déchirait le cœur, ce qui le faisait pleurer et sangloter, quand il se trouvait seul, c'était que ces étrangers , qui ne pouvaient prendre à elle que l'intérêt du moment;
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qni auraient oublié le lendemain qu'elle existait, et même qu'ils l'avaient vue, exj)rimaient souvent (les craintes pour sa santé, en parlaient avec compassion, et sortaient en secouant la tète.
Les habitants du faubourg, — car l'église était dans un des faubourgs de la ville, — et ceux du village qui en était voisin, et qui faisait partie de la même paroisse, avaient conçu pour elle une affection qui augmentait tous les jours. La plupart étaient pauvres; mais tous, jeunes et vieux, cherchaient à la voir et à lui parler le dimanche en entrant à l'église ou en en sortant. Les moins pauvres lui apportaient quelques petits présents, les autres ne pouvaient lui offrir que des souhaits, mais ils étaient sincères; et elle avait peine à se dérober à l'empressement et aux caresses des enfants.
L'un d'eux, jeune garçon d'environ cinq ans, était devenu son favori. Il allait souvent s'asseoir près d'elle quand elle était seule dans l'église; il la suivait même jusque sur la plate-forme de la tour, et l'aidait, ou s'ima2:inait l'aider à v monter.
Un jour qu'elle lisait la Bible dans la chapelle baroniale , l'enfant accourut à elle, les yeux pleins de larmes, s'arrêta à quelques pas , la regarda fixement , et se jeta dans ses bras en s'écriant : — Non , non! elle n'en est pas encore un! — non, non! pas encore !
Elle le regarda d'un ah^ étonné , et lui demanda en l'embrassant ce qu'il voulait dire.
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— Il ne faut pas que vous en soyez un, chère j^elly ! — sV'cria-t-il ; — nous n'en avons jamais vu ; ils ne viennent jamais pour parler ou jouer avec nous; restez comme vous êtes, je vous aime mieux ainsi.
— Je ne vous comprends pas, — dit Nelly.
— J'ai entendu dire que vous vous en iriez avant le printemps, — répondit l'enfant, — et que vous seriez un auge. — N'en faites rien , Nelly; ne nous quittez pas! — L'enfant joignit les mains, et se mit à genoux devant elle. — Mon frère Willy nous a quittés il n'y a pas long-temps pour aller joindre les anges; mais s'il avait su combien son absence me causerait de chagrin, il n'aurait jamais voulu me quitter.
Nelly avait le visage penché sur ses mains, et sanglotait. Il y eut un intervalle de silence pendant lequel l'enfant se releva, monta sur ses genoux, et entoura son cou de ses petits bras en lembrassant. Enfin Nelly, remise de son émotion, lui dit d'une voix douce et tranquille qu'elle resterait près de lui, et qu'elle serait son amie, aussi long-temps que le ciel le permettrait. L'enfant battit des mains de joie; et quand elle lui recommanda de ne parler à personne de ce qui venait de se passer entre eux, il le lui promit avec ferveur.
Il lui tint parole; mais il devint plus constant que jamais à l'accompagner dans toutes ses promenades. Il semblait craindre qu'elle ne lui échappât,
(juand il nV'lall |).»;> avec elle. Jamais il ne fit aucune allusion au sujcl de leur cul retien; car il sentait que ce serait renouveler le chagrin (|u'elle avait éprouvé, quoiqu'il eu ignorât la cause. Tous les soirs , il ne manquait pas d'aller voir ei la |)orte de l'église était ouverte; et si elle l'était, il allait la trouver, s'asseyait à ses pieds sur une escabeile, et ne s'en allait qu'avec elle. Toutes les fois qu'il la voyait sortir de chez elle il abandonnait ses jeux et ses compagnons pour la suivre. Enfin, il était devenu son ombre.
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