‹ Le marchand de SmyrneChapitre 174 sur 314 · ACTE I, SCÈNE III. b5i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III. b5i

Ah! mon oncle , adoncissez. . .

LE COMTE

Je n'adoucirai rien. Je dirai an roi :*< On rons

« a trompé ; vous avez cru les accusateurs ou pin*

* tôt les ennemis de Téleim. Ils vous ont persuadé

« que sa conduite n'étoit pas nette dans les contr!"

« butions qu'il avoit levées sur nous pendant la

« dernière guerre , et que l'on trouveroit chez lui

« des traces de ses connivences avec nous. Vous

« avez fait enlever ses papiers , et vous l'avez con-

t damné sur un billet qui ne prouVe que sa bien*

K fiiisance et son humanité. Vous aviez laissé Té-

K leim maltre.de se contenter de telles contribn*

« tiens , s'il ne ponvoit en obtenir de plus fortes :

" Téleim a exécuté vos ordres ; il s'est borné à la

K dernière extrémité , et , après même avoir vérifié

< l'excès de notre misère , à exiger la moins oné-

' reuse de vos demandes ; mais cette demande

( étoit encore bien aa^^bssus de nos forces , et il

I faut que vous sachiez comment il nous a mis

( en état de vous obéir. Nos bailliages avoient en

vain représenté à Téleim l'impossibilité de vous

satisfaire; il les avoit en vain menacés d'une exé»

cution militaire; tous nos citoyens , les mains

jointes et levées vers lui , l'implorant au nom de

l'Être suprême, de l'humanité, et de vous-même,

tire , attendoient ce qu'il aJtoit résoudre , la

flamme , le pfllagpe et la mort , qu'il retenoit en>

core et qu'ils vojoient errer autour de lui^

a5a LES AMANTS GÉNÉREUX,

ce Téleim écarte cette sceDC d'horreur, porte U joie ce et la consola^on dans l'âme de tant de malbeo^ (( reux, délie en pleurant les cordons de sa boam c( et complète avec eux la somme que yous en exir (( giez. Voilà la dette des Saxons et le crime dt c( major Téleim ; la reconnoissance que tout on <( peuple lui a signée à genoux , et non , comme M c( a voulu le faire croire ici , le salaire de ses pe^ <( fides complaisances envers les bailliages. Qol ce votre majesté répare ses toi'ts , c'est le plus ben <( droit de l'autorité et la plus belle action que (c puisse faire un souverain ; qu'elle les répare, oi n nous les réparerons pour elle. Oui , votre majestî c( peut garder le billet que nous avons fait à Ti (c leim, et que la calomnie et la bassesse ont porti « au pied de son trône ; mais nous paierons toi' « jours à ce brave officier les deux mille pistoU <( qu'il nous a avancées , et rien n'effacera jamiil « la reconnoissance de nos cœurs* k

Ah ! mon oncle , que vons êtes bon et généreux! On voit combien la vertu vous enflamme; b»

prenez garde d'irriter notre juge : il faut parid aux rois avec tant de ménagements ! . ..

Eh ! pourquoi donc ? Tous ces ménagements tr* hissent toujours la vérité ; et je ne meta au-dessotl de celui qui approche des rois et la leur déguisf que le souverain qui ne veut pas l'entendre*

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