I.E DUC DE 8ULLI, après s'être incliné pour /r
remercier. *
Ah! sire, plût à Dieu que cela ft^t yraif . .. Maiscet entretien-ci est la preuve du contraire , et des effets cruels que peuvent produire des calomnies y travaillées de main de courtisan.
HENRI, avec la dernière vivacité.
Eh ! mais , elles n'en auroient produit aucuns , SI , depuis que je vous boude , cruel homme que vous êtes, vous eussiez voulu venir bonnement vous éclaircir avec moi... Ah! Rosni, cela o'es^-
^o8 LA PARTIE DE CHASSE DE HENRI IV.
pas bien à vous ! Depuis trente' ans que je vous ai juré amitié , moi , je n'ai rien eu sur le cœur que je ne Taie déposé dans votre sein : projets , affaires , plaisirs , amitiés , amours , cliagrins domestiques , je vous ai tout confîé; et vous , vou» vous tenez Sur la réserve pour une mince explication avec moi!... Les larmes m'en viennent aux jeux! Les princes ne peuvent-ils donc avoir im ami?
LE DUC DE suLLi, du toA i^ plus atUndrL
Ah! mon adorable maître! cette force , cette vérité de sentiment m'éclairent à présent sur ma faute. Oui , sire, j ai eu tort de ne m'ètre pas expliqué des le premier instant, et de...
H E N n r , l'interrompant avec la plus grande vivacité*
Oui, monsieur!... et vous sentiriez encore mille fois davantage votre tort, si vous saviez, mon ami, ce que j'ai souffert, moi, pendant notre espèce de brouillerie.... Que cela n'arrive donc plus... Je ne veux pas que nos petits dépits durent plus dt vingt-quatre heures; entepde^vous , Rosni ?
liE DUC DE sutLi, avec passion»
Oh! je les préviendrai dès leur naissance. Ab! sire ! ah! mon ami ! Pardonnez au trouble de mon cœur... ce mot... qui vient de m 'échapper..
H £ s R I , avec la dernièrt vivacité.
Appeile-moi ton ami , mon crher Rosni ! ton ami! Eh! que je l'ai bien sentie cette amitié que j'ai pour toi ! Tiens , lorsque tout à l'heure , auparavant de passer chez la reine, je me suis contraint