‹ Le marchand de SmyrneChapitre 266 sur 314 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

B I c H ▲ R D , avec transparu

Oiïi, elle Taime; elle ne m'aime plus... Ma x-age ! . . . Mais calmons ces transports , qui ne font <}u 'irriter mes maux... Oublions-la... Je ne la yeux voir de ma vie.

LUCAS

Oh ! vous ferez très bian. AU' est ici , c'tapendant.

miCHARD^ très vivement ^

£Ue est ici ? elle est ici 7

LUCAS

Oui, ail' est îcî de tout à c'theure. AU* m*est dé j à venu mentir sur tout ça , la petite fourbe ! et pour se justifier , ce dit-elle , ail' m'a même baillé pour V0U3 eune lettre, que j'ons là.

AiCHAUD, encore plus vivement.

Quoi ! tu as une lettre d'elle , et pour moi ? Donne donc.

LUCAS, lui montrant là lettre sans la lui donner. Tenais, la v'ià; mais, croj^ais-moi , déchironsla sans la lire. Gnia que des faussetés là-dedans, n I c H A n n , /a /ut arrachant.

£h ! donne toujours. ,. {A part, ) Quelle est ma foiblesse!. .. (A Lucas.) Tu as raison, Lucas, je ne devrois pas la lire. . . Mon plus grand tourment est de sentir que j'adore encore Agathe plus que ja« malsi.

LUCAS

C'est bian adoré à vous. {Bichard ouvre la lettre Thé&UQ. Gomédiei. l3% 32

37Î LA PARTIE DE CHASSE DE HEjÏRI IV.

et se met à ta lire bas. ) Mais, lisais donc tout haut, que je voyions c' qu'ail* chante, m I c a A R D , lisant la lettre haut , d'une voix altérée ^ et le cœur palpitant.

Très Tolontiers. (Il lit,)

ce Le lundi , à six heures du matin. »

(( IS'ajoutei aucune foi, mon cher Richard, t « Taffi-euse lettre que vous avez sans doute reçue « de moi ; c'est le valet-de-chambre dn marquis de <c Conchini , ce vilain Fahricio , qui m'a forcée de c( vous récrire , en m'apprenant que vous étiez à K Paris , et que son maître étoit déterminé k se <c poiter contre vous aux dernières violences, si je « ne vous récri vois pas. 11 m'a pronus , en même « temps, que, pour prix de ma complaisance, l'on tt m'accorderoit plus de liberté. Ce dernier article « m'a décidée; car, si l'on me tient parole, je « compte employer cette liberté à me sauver d'ici. a Nul danger ne m'effraiera. Je crains moins la <c mort que de cesser d'être digne de vous. Je vous (c écris cette lettre sans savoir par où ni par qui je « puis vous la faire tenir. C'est un bonheur que je « n'attends que du ciel , qui doit protéger Tinno- « cence. Je vous aime toujours ; je n'aimerai jamais « que. . . . Mais j'aperçois que la petite porte da u jardin est ouverte... Ma fenêtre n'est pas bien « haute... avec mes draps, je pourrai... 3'j vole. >» (A part y après avoir lu,,)

•Ah ciel! elle sera descendue par la fenêtre! [A Lucas.) Eh! si elle f'étoit blessée, Lncai ?

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