‹ Le marchand malgre lui comedie en cinq actes en versChapitre 24 sur 80 · LE MARCHAND MALGRE LDI · texte numérisé non relu

LE MARCHAND MALGRE LDI

Envahit tout mon être et troubla mon cerveau,

Mais mon âme s’emplit de ce charmant lablcau ;

Et depuis ce jour-là, Claudine, ma pensée Par cette robe rose est toujours traversée !

CLAUDINE

Et depuis ce jour-là, René, je me souviens

De tes grands yeux pensifs et plongés dans les miens.

Ahl que cette journée à mon cœur parut belle!

RENÉ

Et je t’accompagnai par l’étroite venelle Qu’ombrageaient le sureau, la viorne et l’églantier.

Et tout le long, le long de ce petit sentier Qui suit coquettement le fil de Ja rivière Nous fîmes en rêvant l’école buissonnière.

Ah! que de fois depuis ne suis-je pas allé Chercher là le parfum du bonheur envolé!

Dans ces heures de doute où le plus hautain plie Sous le vague fardeau de la mélancolie!...

Combien de fois, dans l’ile heureuse, n’ai-je pas,

Depuis ce jour béni, seul égaré mes pas!

Quand le couchant s’empourpre, ainsi qu’une fournaise. Pour entendre en mon cœur s’épanouissant d’aise,

Aux rhythmes de la brise, aux cadences des eaux, Chanter mes souvenirs comme un essaim d’oiseaux I — Ainsi qu’un nid chanteur de joyeuses fauvettes,

C’est là que j’ai trouvé toutes mes chansonnettes.

C’est là que j’ai puisé la force... enfin c’est là Que j’ai, presqu’en entier, fait mon grand opéra!

CLAUDINE

Ton grand opéra !

Tiens, il faut que je te dise j Car je suis trop heureux... C’était une surprise Que je te ménageais... je voulais, en sournois,

Vous mener au théâtre et puis te dire, vois.

Écoute, c’est de moil cette œuvre à peine éclose,

Ce sont mes visions de fraîche robe roscl

CLAUDINE

La jouera-t-on bientôt? Comme j’applaudirai 1

RENÉ

Au plus tard dans huit jours. — Ahl je suis enivré,

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