ACTE III, SCÈNE XIV
Sous leurs dômes touffus, rêvez d’amour et d’art Sans vous préoccuper de moi — jeune vieillard !..
Sans vous préoccuper de soucis de fortune.
Aimez-vous! aimez-vous! C’est à moi d’en faire une! Moi, je serai le sage ! Hélas ! soyez les fous !
Je serai l'intendantl — Aimez-vous ! aimez-vous !..
Je reprendria pour vous mes drogues, ma boutique ! Que René, pour nous deux, fasse de la musique!
« Dieu soit loué! mon corps, non mon cœur, a vieilli.
« Je n’ai pas d’égoïsme et je n’ai pas d’oubli !
« Je me souviens des jours de jeunesse et de fièvres !.. « Comme ces nourrissons allaités par les chèvres,
« Qui ne boivent qu’un lait amer, mais vigoureux,
« Et qui gardent toujours, heureux ou malheureux,
« Cet instinct de bravoure et de libre caprice « Qu’ils ont sucé jadis aux pis de la nourrice ;
« Ce n’est pas vainement qu’au trefois j’ai teté « La mamelle de l’art et de la vérité!
« L'art ! cet inspirateur qui berça mon jeune âge,
« En cette occasion me souffle le courage!
Et du fond d'un comptoir, vous suivant de mes vœux, Je serai pour moi seul poète, — et pour vous deux!
Le sacrifice est fait. Reprenons notre tâche 1 Mais je n’ai que le temps d'arranger tout!
(Appelant).
Eustache!
(il sonne.)
11 comprendra que je fais mon devoir.
Eustache !
(il sonne.)
JACQUEL1N, entrant par la gauche.
Il est sorti, Monsieur, jusqu’à ce soir.