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Statistique annuelle de la France

La statistique du Ministère de l'Agriculture donne pour la production totale métropolitaine, les chiffres

suivants :

Surfaces Rendement [Production en Années en ha. à J’ha. en q.m. q.m.

1815 4.591.677 6,44 29.595.728 1850 5.951.384 11,08 65.990.091 1875 6.946.981 10,86 75.476.145 1899 6.940.210 14,33 99.459.890 Moyenne 1901-10 6.568.400 89.131.730 1913 6.542.230 13:28 86.919.050 1919 4.603.710 13,95 49.653.700 1925 5.613.840 16,05 . 89.904.820 1928 52430230 1 14,60 * 76.554.020 1929 5.397.000 17,00 91.785.990 1930 Horde 070 11009 62.080.660 1931 5.196.090 13,83 71.881.710 1932 5.434.410 10707 90.771.340 1933 5.464.390 18,04 98.611.200 1934 5.404.120 17,05 92.129.060 1935 5.344.370 14,19 75.868.660

Une vue historique de notre production montre que rarement celle-ci dépasse 90 millions de quintaux pendant deux années consécutives. Il est juste de remarquer que les trois années 1932, 1933 et 1934 ont créé une situation exceptionnellement délicate pour le marché français du blé, déjà touché par la crise mondiale, et que l'Etat dans ses interventions a eu à lutter contre les effets des circonstances atmosphériques.

Les caractéristiques de la production métropolitaine de blé se dégagent des chiffres précédents.

a. Grande variété de conditions de production. — Le blé est cultivé en France même dans les terres qui ne permettent qu’un rendement faible à l’hectare. M. Hitier, Péminent secrétaire perpétuel de l’Académie d’agriculture en donne la cause :

« Pays de petite propriété et de petite culture, la France compte une multitude d’exploitations dans lesquelles le but poursuivi par l’agriculteur est moins la production d’une denrée pour la vente sur le marché, que la production de tout ce qui est nécessaire aux besoins du ménage : de là la culture du blé dans beaucoup de régions où le sol et le climat ne sont pas particulièrement favorables à cette culture ».

Pendant ces dernières années, une autre cause a empêché la réduction des emblavements en blé, pourtant en excédent : la protection particulière à cette céréale.

b. Accroissement des emblavures de 1815 à 1880, puis diminution continue jusqu’à nos jours. — Depuis la guerre la diminution est assez marquée :

6 départements ont réduit leurs emblavures de DOME 33 départements ont réduit leurs emblavures de 25 à 50 % 42 départements ont réduit leurs emblavures de moins de 25 % 3 départements sont en augmentation : Ille-et-Vilaine, Finistère et Côtes-du-Nord.

c. Stabilité relative de la production totale. — Les productions de 1932, 1933 et 1934 sont du même ordre que celles de 1874, 1898 et 1899 (l’année record est 1907, avec une production de 103.752 quintaux).

Cela pour des surfaces cultivées réduites de plus d’un million d’hectares.

Ceci tient évidemment à l’amélioration du rendement

à l’hectare. Pourtant, comparée aux autres pays du monde, la France n’obtient qu’un rendement moyen.

Éne9Ss2e Danemark 30,2 q.m.àl’ha.

Pays-Bas 29,1 — Belgique 26,8 — Suède 21,9 — France 16,6 — Canada 1120 — Etats-Unis 8,7 —

A côté de notre production métropolitaine, celle de l'Afrique du Nord prend une importance de plus en plus grande.

Pendant et après la guerre, les Pouvoirs publics demandèrent à nos possessions de l’Afrique du Nord le blé que les pays envahis ne pouvaient plus fournir. L'Algérie restait sensiblement à son ancienne production; mais la Tunisie doublaïit largement la sienne et le Maroc, inexistant lors de l'établissement du protectorat, a maintenant une production d’environ 2.500.000quintaux.

Depuis une dizaine d’années, la tendance est à l’augmentation du blé tendre (concurrent du blé métropolitain) et à la diminution du blé dur.

En Algérie. — La production de 1930 fut de 8 millions de quintaux (6 millions de blé dur et 2 millions de blé tendre). La production de 1934 marque une augmentation :

Blé tendre 4.120.000 q.m.

Blé dur 7.660.000 — Total 11.780.000 — En Tunisie. — La culture de l’orge est plus impor-

tante que celle du blé; cette dernière est faite surtout par les colons français, qui emploient pour ce faire le dry-farming. Les rendements à l’hectare sont de l’ordre de ceux obtenus en France.

La Tunisie produit environ 2.600.000 quintaux de blé tendre.

Le Maroc a une production qui a augmenté de près de 2.000.000 de quintaux entre 1922 et 1932.

La production de l’Afrique du Nord est, au total, la suivante

en 1933 19.000.000 de q.m.

en 1934 23.000.000 —

Le prix de revient du quintal de blé. — Le prix de revient varie d’une année à l’autre ; il varie aussi d’une région à une autre, suivant les travaux que la terre exige et le rendement à l’hectare.

Il est un fait certain : c’est que le prix de revient a baissé depuis le début de la crise, mais dans une proportion beaucoup moindre que le prix de vente.

Le producteur achète les machines agricoles, les semences, les engrais et paie la main-d'œuvre, à des prix encore voisins du coefficient 4,5. Il vend à des cours variant entre les coefficients 2,5 et 3,5.

Pour avoir une approximation du prix de revient au quintal, 1l est intéressant de citer les conclusions de M. Rouilly, Ingénieur agronome, directeur de la Société agricole de comptabilité et d'Economie rurale, qui a étudié les prix de revient d’une quinzaine de fermes de la région parisienne 1. |

« Dans la région parisienne, pour la récolte de 1934, il apparaît que pour équilibrer très strictement leur budget, les cultivateurs de cette région devraient obtenir un prix de vente du blé de 115 fr. environ (prix de

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