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Association générale des producteurs de blé

idée en les considérant comme inférieurs de 8 à 10 fr. aux cours du marché libre de Paris, par exemple.

M. Pierre Hallé, dans une interview parue dans le Le Quotidien (7 septembre 1935), faisait remarquer que le cours de 83 fr. à la meunerie représente environ 74 fr. pour prix de vente à la ferme, la taxe à la production et le transport représentant 8 à 10 fr. par quintal.

Prix en Bourse. — Il faut distinguer le marché libre et le marché réglementé.

19 Marché libre. — Voici les prix moyens annuels que fournit la « Cote officielle » du marché libre à Paris :

le quintal *

1913 27 fr. 48 (franc-or), soit 137 fr. 15 (franc-papier).

1926 LISE — 1927 166 fr. — 1928 hGihites — 1929 10e — 1930 147 fr. — 1951 168 fr. 94 — 1932 144 fr. 67 = 1933 UE MON — 1934 119 92 — 1935 78 ir. 38 =

Coefficient, pour 1935, de 2,86 par rapport à 1913.

Les cours du blé ont fléchi en 1935, de 34%.

Le marché libre est constitué par l’ensemble des opérations effectuées par les vendeurs et les acheteurs dans les bourses des diverses régions. Il y a une certaine unité de cours, car les prix pratiqués sur une place réagissent sur toutes les autres et réciproquement.

On peut vendre « départ » quand il suffit de mener la marchandise au wagon ou à quai; parfois l’acheteur vient la chercher à la ferme.

La livraison est « disponible » quand l'opération est immédiate, ou « livrable » lorsque les livraisons seront échelonnées à des dates fixées.

Il faut remarquer que les nombreux marchands de grains qui existaient autrefois étaient une garantie pour les producteurs, qui trouvaient en face d’eux des demandes multiples. Aujourd’hui, il n’y a plus que les courtiers, représentant de grands moulins ou firmes quitiennent les producteurs à leur merci.

Chaque affaire est inscrite, et à Paris, par exemple, est instituée une « Cote officielle » établie par des courtiers assermentés ; mais les «cours publics » à Paris ne correspondent pas toujours à la réalité des faits, et souvent ils accusent des prix supérieurs — ou même inférieurs — à ceux qui sont payés en réalité.

La cote officielle, dont les moyennes annuelles ont été notées précédemment, montre depuis 1934, une baisse des prix qui de 124,50 le quintal pour janvier 1934, passent à 107 fr. 82 pour décembre de la même année, puis à 71 fr. 30 pour août 1935, et terminent l’année 1935 avec 78 fr. 04 pour décembre.

20 Le marché réglementé. — Les cours pratiqués sur le marché réglementé n’intéressent le producteur que par l'influence considérable qu'ils ont sur les cours du marché libre.

Le marché réglementé est le marché à terme, qui devrait jouer le rôle de régulateur ; il n’a pourtant pas été exempt de fluctuations aussi fortes que celles du marché libre.

Le marché réglementé est un marché de spéculation ; il est nécessaire à la stabilité des prix ; si bien que lorsque, en 1924, le Gouvernement en ordonna la fermeture,

la spéculation sur le marché libre devint effrénée et les conséquences furent désastreuses.

En 1930, un arrêté du Ministre du Commerce, en date du 30 juillet, réforma le marché réglementé. Le nouvel arrêté décidait l’enregistrement obligatoire de toutes les affaires à une caisse de compensation, et le versement d’une caution pour les commissaires ; mais l'innovation a consisté à introduire des représentants agriculteurs dans tous les organes de la Bourse du commerce (ceci était déjà réalisé à la Bourse de Berlin). Il y à des agriculteurs au Syndicat du commerce des blés, seigles et avoines, à la Chambre syndicale de.ce syndicat, et dans les commissions diverses.

Un décret du 18 décembre 19341 a suspendu les opérations à terme sur le blé et les farines dans les Bourses de commerce.

L'un des motifs principaux des critiques auxquelles donnait lieu le fonctionnement des marchés à terme, était l'absence de représentation officielle des agriculteurs dans le conseil du marché. Une réforme générale s’est opérée grâce à l’accord des Chambres d’agriculture et des Chambres de commerce. Les Pouvoirs publics, par décret du 31 août 1935 comportant une réorganisation importante, décidèrent la réouverture du marché à terme pour le 2 septembre.

L'arrêté qui fixe les détails d'organisation compte un article unique, subdivisé en deux titres et divers chapitres. Le titre I établit les grandes règles auxquelles seront désormais soumises les affaires traitées au marché réglementé. Le titre II détermine d’une part, la condition

1. Journal officiel et article du 31 août 1935 dans la Journée industrielle.

et les attributions des organes chargés d’assurer le fonctionnement des marchés réglementés : compagnie de commissionnaires, comité technique des marchés, commission représentative des intérêts généraux ; et, d'autre part, il précise les conditions de contrôle desdits marchés.

Sur chacun des marchés réglementés, est constitué un « comité technique », composé pour moitié de commissionnaires, de représentants du commerce et de l’industrie, et de représentants des producteurs agricoles.

L'arrêté crée, en outre, une « commission représentative des intérêts généraux » composée de membres de la Chambre de commerce de Paris, des Chambres d’agriculture, de six délégués des usagers, dont trois agricoles, et du président de la Compagnie des commissionnaires.

Le système général ne fonctionnera que lorsque chacun des grands marchés agricoles aura été réorganisé.

Il. Les interventions de l'État

L'histoire du blé en France montre que la question n’est pas nouvelle ; mais la crise de surproduction la fait apparaître sous un jour nouveau. |

Anciennement (et encore aujourd’hui), l'alimentation des classes populaires au meilleur marché possible posait la recherche des moindres prix du blé; on a souvent démontré que dans le ménage de l’ouvrier, le pain absorbe fréquemment le cinquième du revenu, tandis que pour le riche, le pain ne représente qu’une dépense négligeable.

Actuellement la question du blé se présente sous un aspect-social aussi important mais différent : les prix de vente du blé sont inférieurs à ceux de 1913, et sont tombés à certains moments au-dessous des prix de revient

des exploitations les mieux placées. Or nos producteurs nationaux ont droit à la protection de l'Etat aussi bien que les classes ouvrières.

Position délicate que celle de l'Etat, qui se trouvera, lors de ses interventions sur le marché, dans la nécessité de manier une arme à deux tranchants : d’un côté la déflation des prix à la consommation, à laquelle s’opposent les producteurs ; de l’autre, la revalorisation des prix à la production, qui atteint les consommateurs.

Depuis la crise actuelle, caractérisée surtout par la chute des prix à la production, l'Etat a essayé de poursuivre les deux politiques à la fois; les effets se sont souvent opposés, et en 1935, par exemple, l'influence plus psychologique qu’économique de la baisse du prix du pain a annihilé pendant quelques mois la revalorisation des prix à la production, que la situation du marché laissait espérer.

N'ayant pour objet que les interventions de l'Etat sur le marché du blé, nous verrons que toutes les mesures tendent à la revalorisation des prix.

Les producteurs de blé ont, en effet, subi du fait de la crise une perte considérable, que nous avons signalée sans donner de chiffres précis, or voici l’estimation de la valeur des récoltes 1

En 1929 12.340.000.000 de francs.

Mais, l'examen de la législation le montrera, beaucoup de blé est reporté ou stocké, et le producteur n’a pas

1. 1929 et 1934, chiffres du Ministère de l’Agriculture ; 1935, chiffre obtenu en multipliant la production par le prix moyen à la cote officielle du marché libre à Paris.

vendu toute sa récolte au prix moyen de l’année ; la diminution du pouvoir d’achat des producteurs est bien plus importante que ne le font apparaître les chiffres donnés.

Puisque l'Etat avait posé le principe social de son intervention salvatrice en faveur des groupes nationaux qui seraient dans une situation exceptionnellement grave (chômeurs, sinistrés, etc.), il a été amené à intervenir aussi en faveur des producteurs de blé, électeurs les plus nombreux dans nos campagnes.

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