PREMIÈRE PARTIE
Les théories de l’équilibre spontané ont pu trouver une apparente confirmation dans les faits, au XIXe siècle. Séduisantes par leur facilité, surtout pour ceux qui n'avaient pas à souffrir d’une réalité assez différente, elles connurent une certaine faveur ; et, encore aujourd’hui, malgré une situation économique sans précédent, elles inspirent d’une façon certaine les partisans d’une déflation générale.
Dans la plupart des grands Etats pourtant, la solution adoptée par les Pouvoirs publics a été tout autre. A pratiquer une telle politique, on se heurte à des difficultés de l’ordre économique et de l’ordre politique. Tel est le double aspect du problème. L'étude de ces difficultés revient à déterminer les mobiles qui ont incité les Gouvernements à intervenir.
Cet examen n’est pas superflu, car il apparaît a priori que l'Economie dirigée est une résultante de conceptions politiques, alors que dans presque tous les pays du monde quelle que soit la forme de gouvernement, elle s’est développée avec une simultanéité telle que seules les mêmes causes économiques ont pu la déterminer.
Au surplus, l’interdépendance économique qui existait alors, aurait suffi à propager les effets de la crise des pays atteints à ceux dont l’économie était restée saine. Au nombre de ces derniers se situe la France. Les interventions de ses Pouvoirs publics marquent une progression en deux étapes : d’une part, des réactions de défense contre la crise mondiale ; de l’autre, des remèdes aux maux inhérents au pays.