‹ Le Marché Agricole Français Et Les Interventions De L'ÉtatChapitre 35 sur 83 · SA · texte numérisé non relu

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La production de l’'U.R.S.S., (4,5 millions d’hl. en 1929), celle de l'Amérique du Nord (2 à 3 millions d’hl.) et celle des pays asiatiques (0,4 à 0,5 millions d’hl.), ne sont pas indiquées sur le tableau précédent.

1. Les chiffres récents de la production de l’Italie ne sont pas comparables à ceux des années antérieures ; la revision cadastrale récente a apporté, à partir de 1931, une augmentation de 1 à 2 millions d’hectolitres, par rapport aux estimations qui étaient faites sur la base des anciennes données de la superficie.

B. Eléments du problème viticole français *.

La vigne tient pour les habitants du Midi de la France une place plus grande encore que le blé pour la majorité des autres agriculteurs ; car la vigne est ici à peu près le seul élément de l'exploitation paysanne.

Très importante dans l’économie nationale, la production vinicole a une valeur qui oscille entre 6 et 11 milliards. La statistique du Ministère de l’Agriculture indique, en 1928, une valeur exceptionnellement élevée de 11 milliards 700 millions ; en 1930, une valeur moyenne de 8.364.000.000, et en 1933, une valeur de 6.077.000.000 de francs.

La viticulture, nous l’avons dit, fait vivre un grand nombre de familles paysannes ; mais le commerce du vin nourrit encore 300 ou 350.000 entreprises commerciales.

D'autre part, la production du vin et son commerce rapportent chaque année au fisc environ 4 milliards de francs.

19 Produits et sous produits de la vigne.

Le raisin peut être consommé en nature, soit à l’état frais, soit à l’état sec.

Le jus de raisin ou « moût » est consommé sans autre préparation, ou bien après fermentation dans des bacs et donne alors le vin.

La loi du 4 août 1889 donnaït déjà une définition officielle du vin ; mais un décret du 19 août 1921 précise : «qu'aucune boisson ne peut être détenue ou transportée

1. Les sources principales de documentation ont été : Revue des agriculteurs de France fév. mars 1936; Office de renseignements agricoles au Ministère de l’Agriculture ; Nombreux articles de journaux : Temps, Journée industrielle, Réforme économique, etc.; Cours de viticulture à l’Institut national agronomique, et Cours d'économie rurale ; Article de M. Nogaro, dans la Revue économique internationale, janv. 1936.

en vue de la vente, mise en vente, ou vendue, sous le nom de vin que si elle provient exclusivement de la fermentation du raisin frais ou du jus de raisin frais ».

Les résidus solides de la fabrication du vin sont des marcs, utilisés comme aliment du bétail, comme engrais ou pour la production d’alcool ou de piquette.

Après conservation, le vin donne des dépôts ou lies, qui peuvent être distillées. Le vin lui-même peut être transformé en alcool, de sorte que le vin produit indirectement trois sortes d’alcools : l’alcool de vin, l'alcool de marcs et l’alcool de lies, dont nous reparlerons avec l'examen du problème de l'alcool. k |

Les pépins eux-mêmes ne sont pas improductifs et peuvent donner de l'huile.

Les piquettes ou « vin de sucre » sont les boissons obtenues en deuxième cuvée, par traitement des marcs.

On peut encore additionner au vin certains produits. Le « mouillage », qui consiste à lui additionner simplement de l’eau, est interdit par la loi.

Le «sucrage » ou chaptalisation, consiste à ajouter du sucre pour augmenter la richesse en alcool en fournissant plus de matières premières aux microbes de la fermentation alcoolique.

Le « vinage » consiste à ajouter de l’alcool directement soit aux moûts, soit au vin. La loi interdit le vinage en général ; elle ne le tolère que pour les vins d’exportation, ou la conservation des vins de liqueur, et alors le vinage doit se faire en présence de la régie, dans des locaux spéciaux. |

Les « mistelles » sont des moûts alcoolisés avant toute fermentation, et destinés à la fabrication des vins de liqueur.

20 Production.

La production métropolitaine seule représente plus du tiers de la production mondiale, et avec l’Algérie près de la moitié.

Mais la France a aussi et surtout une suprématie indiscutée par la qualité et la diversité de ses vins.

Les producteurs sont de petits propriétaires et 96% cultivent moins de 5 hectares. La majorité de la production est fournie par des producteurs cultivant moins d’un hectare.

La production est fonction des superficies encépagées et du rendement.

Le Ministère de l'Agriculture, dans ses statistiques, donne le chiffre global de Ia production, y compris l’Algérie, qui est en unité douanière avec la métropole. A notre avis, cela s'explique fort bien ; mais il est curieux que cette manière de faire soit une exception pour le vin, alors que les statistiques ne réunissent jamais la France et l'Algérie pour les autres produits agricoles.

Les services du ministère nous ont d’ailleurs donné les chiffres détaillés que voici :

Superficies encépagées

4 départements du Midi Autres Périodes gros producteurs : départements Algérie quadriennales | Aude, Gard, Hérault, | métropolitains Pyrénées-Orientales

en ha. en ha. en ha.

Production

4 départements du Midi Autres Périodes gros producteurs : départements Algérie quadriennales| Aude, Gard, Hérault, | métropolitains Pyrénées-Orientales

en hl. en hl. en hl.

1911-1914 24.868.290 23.489.070 8.313.329 1919-1922 24.694.720 SEL EAU 6.824.947 1923-1926 26.449.780 30.513.022 |10.179.704 1927-1930 24.847.879 26.290.496 112.022.984 1931-1933 23.745.454 27.848.808 |16.967.677

Le rendement varie beaucoup moins d’une année à l'autre ; il dépend des conditions climatériques (gel, grêle, inondations), des maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, blackrot..,), et de l'importance des dégâts des insectes (pysale, cochylés, endémies.….).

Dans l’ensemble, le rendement à l’hectare n’est pas sensiblement amélioré depuis l’avant-guerre. Pour les quatre départements du Midi, gros producteurs et pour l’Algérie, le rendement varie entre 50 et 60 hectolitres à l’hectare; pour les autres départements français, la moyenne se tient entre 27 et 34 hectolitres à l’hectare.

La superficie actuelle du vignoble français est la suivante :

France 1.505.000 hectares.

Algérie 400.000 —

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