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I. Structure du marché

À. Marché mondial.

M. le Professeur Nogaro ! évaluait la production mondiale de la viande de l’année 1930 à 11 milliards 700 millions de dollars (le dollar valant encore 25 fr.).

M. Nogaro indique que, malgré l'importance de cette production, le marché de la viande ne peut être comparé au marché mondial du blé, ni à celui du sucre : il n’y a pas véritablement un marché organisé de la viande.

Il apparaît, en effet, que la viande est un produit qui

1. Voir, B. Nogaro, Les prix agricoles mondiaux et la crise, p. 91 et suiv.

se conserve peu, et qui, par conséquent, ne présente pas les qualités indispensables pour être une marchandise de Bourse. S’ilexiste un commerce international de la viande, cela tient au fait que certains pays produisent trop pour leur consommation et d’autres pas assez ; mais il n’existe pas, à proprement parler, un marché mondial avec une demande universelle et une offre universelle.

Il est impossible de connaître avec précision à combien de têtes se monte le cheptel mondial et sa répartition ; aussi les chiffres suivants, qui sont empruntés à des documents réunis par l’Association générale des producteurs de viande: et qui sont des chiffres officiels, ne constituent-ils en fait que des évaluations.

19 Le troupeau bovin.

Sauf exception, les chiffres se rapportent à l’année 1930. L'’effectif approché du cheptel bovin mondial est d'environ 450 millions de têtes.

Les principaux pays éleveurs se répartissent ainsi :

en milliers de têtes :

Indes (avec buffles) 141.542 Australie 14.530 Etats-Unis 55.696 Royaume-Uni 11.284 Argentine (1923) 37.064 Canada 9,472 Brésil (1921) 34.271 Pologne 8.601 Allemagne 17.983 Union Sud-Africaine 92739 France 14.941 Italie 7.400

En U.R.SS., contrairement au but du premier Plan quinquennal, les paysans ont détruit spontanément le bétail en manière de représailles. On note le chiffre de 70,5 millions de têtes en 1928 ; 47,9 millions en 1931,

1. Publication d’avril 1929 : La viande, production, prix. consommation. Imprimerie de la Confédération nationale des associations agricoles.

et 38,6 millions en 1933. Le second Plan prévoit, pour 1937, un troupeau bovin reconstitué de 65,5 millions de tètes:

Au point de vue de la densité par rapport au nombre d'habitants, le Danemark vient en premier, pour l’Europe, avec près de 800 têtes. La France, avec 375 bovins par mille habitants, suit presque à égalité avec la Suisse.

En ce qui concerne le commerce international de la viande de bœuf, le département de l’agriculture des Etats-Unis observait que 94% de l'exportation sont centralisés dans sept pays, qui ne possèdent que le quart du troupeau mondial : Argentine, Uruguay, Australie, Pays- Bas, Etats-Unis, Nouvelle-Zélande et Brésil. D'autre part, 87% des importations nettes sont consommés par trois pays, qui n’ont ensemble que 7% de ce cheptel : Royaume-Uni, Allemagne et France. Tous trois ont réduit leurs importations. (Notons à ce sujet que la France, depuis 1933, ne peut plus compter au nombre des

pays importateurs).

20 Le troupeau ovin.

On constate, pour le mouton, une progression de la production entre 1925 et 1930, atteignant environ 30%, suivie depuis d’une diminution continue. En 1930, l’effectif mondial était estimé à 650 millions, dont 190 en Europe.

Voici en milliers de têtes, les chiffres comparés de quelques pays

Australie 99.000 Roumanie 12.950 Etats-Unis 44.545 France 10.693 Argentine 39.671 Maroc 9.275 Afrique du Sud 35.570 Yougoslavie 7.736 Nouvelle-Zélande 24.905 Algérie 5.614 Royaume-Uni 24.500 Allemagne 3.800

Turquie 13.000

30 Le troupeau porcin.

L’effectif mondial était, en 1930, d'environ 260 millions de têtes, dont 77 en Europe. Les principaux pays producteurs étaient alors :

En milliers de têtes :

Etats-Unis 58.962 Philippines 7.887 Allemagne 22.380 France 6.019 Brésil 18.401 Pologne 5.500 + * *

M. le Professeur Nogaro indique dans son livre Les prix agricoles mondiaux et la crise!, que :

« Si la production globale de la viande dans le monde entier paraît être restée à peu près stable de 1929 à 1932, il y a eu depuis lors une augmentation qui paraît avoir porté la production à un niveau de 10% environ supérieur à la moyenne 1925-1929 ».

Quant à la consommation, moins stable que celle du pain, elle est cependant assez peu élastique, et il y a donc eu, certainement, surproduction mondiale vers 1933-1934.

La place la plus représentative du marché mondial de la viande est celle de Londres : l'Angleterre importe une très forte quantité de viande, et l’on a pu dire avec raison que l’Argentine était « l’usine à viande de l’Angleterre ».

La considération de la courbe des prix marque une chute moins grande pour la viande que pour la plupart des produits agricoles, et cela s’explique par le fait que la viande ne pouvant être conservée longtemps, l’adaptation de l'offre à la demande s’est faite rapidement par la capitulation des pays exportateurs.

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