‹ Le Marché Agricole Français Et Les Interventions De L'ÉtatChapitre 51 sur 83 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

La consommation métropolitaine française est, on le voit, assez loin du point de saturation, et avec raison on pouvait lire dans l’exposé des motifs de la loi du 2 juillet 1935, que la crise laitière serait abolie si « chaque Français augmentait sa consommation quotidienne de lait de 10 centilitres ». Nous verrons que le législateur du 2 juillet 1935 porta tout son effort sur l'extension de la consommation.

39 Commerce extérieur.

L'examen du commerce extérieur de la France en produits laitiers fait apparaître des périodes comportant tantôt des excédents d’importations, tantôt des excédents d’exportations.

Mais ces quantités échangées sont comme les prix, intimement liées à notre politique agricole, qui sera examinée plus loin.

Quant à la répartition suivant les produits laitiers considérés, les chiffres de l’année 1928, c’est-à-dire d’avant la crise, sont les suivants ! :

Exportations Importations en quintaux en quintaux Beurre : 76.000 26.500 Fromages 184.000 198.000 Laits condensés et en poudre 63.000 59.500

Pour obtenir un chiffre global d’importations et d’exportations, il faut ramener ces chiffres à une unité commune, qui sera naturellement le poids de lait correspondant.

1. Bulletin du service d'enquête sur les dérivés du lait (A. G. P. L.).

Sachant qu'il faut à peu pres :

10 kg. de lait pour obtenir 1 kg. de fromage 23 kg. de lait pour obtenir 1 kg. de beurre 8 Kg. de lait (en moyenne) pour obtenir 1 kg. de lait condensé ou en poudre.

Convertis en quintaux de lait, on obtient :

Pour les exportations, en 1928 4.150 Pour les importations, en 1928 3.120.000 —

Excédent d’importations : 1.030.000 —

Un schéma de l’évolution du commerce extérieur est présenté quelques pages plus loin, après l'examen de la politique douanière se rapportant au lait.

49 Commerce intérieur.

La concurrence étrangère, puis l'excédent de production intérieure privée d’exutoire, devaient se manifester par une chute des prix du lait et de ses dérivés.

Le beurre, qui constitue un des principaux éléments du marché des produits laitiers, puisque sa fabrication utilise 36% de la production laitière totale, est passé du prix moyen de 25 fr. par Kgr. pour le beurre des Charentes aux Halles centrales de Paris, en 1929, à 15 fr. 50 en moyenne, en 1934. En janvier 1935, le cours de ce beurre s’est abaissé à 16 fr., contre 19 fr. à la même époque de 1934. En juin 1935, il était de 9 fr. contre 14 fr. 50 à la même époque de 1934 (en 1913, le prix de ce produit était de 17 fr. 15 en moyenne, exprimé en notre franc actuel).

Le tableau suivant, qui indique le prix du lait à la production, indique mieux encore la diminution de

revenu des producteurs 1.

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