Tableau n° 64, de la statistique annuelle de la France
Emblavements Rendement de Production en ha. filasse à l’ha. de filasse Qx Qx 1886 60.185 7,22 434.703 1890 51.990 1 371.809 1895 31216 1:99 272.899 1900 27.790 6,01 185.125 1905 19.141 8,69 166.340 1910 13.970 9,40 131.470 1915 8.975 9,92 89.101 1920 7.704 10,73 82.688 1925 Had 10,78 57.588 1930 4.118 AO 45.341 1931 3.626 14559 41.913 1932 2.342 10,29 à 24.092 1933 2.470 10,63 26.268 1934 TON 10,35 28.899 1935 2.953 JE 39 341
Du simple examen de ces chiffres, il ressort que le rendement à l’hectare a augmenté considérablement. Ceci tient au progrès technique, mais aussi au fait que les terres les moins favorables ont été abandonnées.
20 Consommation. — La consommation française est d'environ 50.000 quintaux annuellement. Comparée à la production nationale (35.000 qx.), elle implique une importation pour être satisfaite 1.
30 Commerce extérieur. — La France importe de fortes quantités de chanvre depuis plus d’un demi siècle. Anciennement, elle pourvoyait à peu de chose près à sa propre consommation. Les importations actuelles sont inférieures à celles de 1913. L’indication des importations suffit à donner une approximation suffisante,
1. Chiffres approximatifs fournis par le Service des primes à la culture du chanvre, au Ministère de l’Agriculture.
car les exportations sont négligeables : de 12.000 quintaux en 1913, elles passent à 2.000 quintaux en 19341.
Importations de chanvre
Total brut, graines et filasse
1913 296.250 quintaux 1926 343.000 — 1928 280.000 — 1930 303.000 — 1931 265.000 — 1932 107.000 — 1933 184.000 — 1934 177.000 — 40 Commerce intérieur. — Les cours du quintal de
filasse de chanvre ont baissé dans une proportion dangereuse pour la culture qui aurait disparu, si elle n’avait été soutenue. Le prix est passé de 542 fr. 03 en 1929, à 294 fr. 75 en 1934 (prix moyen de l’année).
Tous les stocks sont achetés par des revendeurs qui les cèdent ensuite aux intéressés de moindre importance.
La Bourse du chanvre est, en France, celle du Mans, qui ne cote ce produit qu’une partie de l’année, de septembre à mars (l’année chanvrière va du 1% septembre au 31 août suivant).
Il. Interventions de l'État
A. Pourquoi l'Etat est-il intervenu ?
Sans l’aide de l'Etat, qui est intervenu sous forme de compensation douanière, la culture du chanvre ne serait probablement plus qu’unsouvenir pour la terre de France.
1. Statistique annuelle du Ministère de l’Agriculture (année 1934).
Les considérations relevées à propos du lin sont applicables au chanvre, à ceci près que la situation de ce dernier est plus précaire encore.
1° Comme pour le lin, l'Etat a été poussé par les nécessités de la défense nationale.
20 Il a été amené, devant le danger de la surproduction intérieure des céréales, à préconiser la polyculture.
3° En troisième lieu, l'Etat a voulu éviter La disparition des industries du chanvre. En effet, l’arrachage, le rouissage et le teillage du chanvre sont effectués à la main. La disparition de cette cultureentraînerait non seulement celle du teillage, qui est fait généralement par les cultivateurs eux-mêmes, mais encore celle de l’industrie des corderies et celle des filatures, d’où aggravation du chômage, dans le département de la Sarthe et circon- Voisins.
Enfin, il faut savoir, comme ne manquent pas de le faire remarquer les industriels qui travaillent le chanvre, que les chanvres d’Italie, qui sont les seuls concurrents réels des nôtres, ont une souplesse naturelle qui, à prix égal, les font préférer. En effet, pour obtenir la même qualité, ils exigent un travail préparatoire moins important et une perte en poussière, due à ce travail, beaucoup moins grande (jusqu’à 18% de pure perte pour le chanvre français).
Ceci montre qu’une simple compensation douanière ne suffit pas, mais qu’il faut encore faire d’autres efforts si l’on veut réellement développer la culture du chanvre en France. Heureusement, il faut reconnaître que les sélections ont amélioré sérieusement nos lins depuis quelques années.
INTERVENTIONS DE L’ÉTAT SUR LE MARCHÉ AGRICOLE FRANÇAIS 297 B. Comment l'Elat est intervenu.
Poussé par les mêmes considérations que pour le lin, en vue de remédier à la mévente du chanvre, le Parlement a voté les lois du 2 mars et du 20 avril 1932, qui créent un système d’encouragement à la culture du chanvre. Les décrets des 20 mai, 15 novembre 1932 et 20 juin 1934, ont fixé les conditions d’application de ces lois.
a. Mode d'attribution de la prime’. — C’est le même système que nous avions appelé de « décentralisation ». Les décrets qui ont suivi les deux lois donnent la nomenclature et la forme des pièces qui doivent faire partie du dossier accompagnant la demande.
Les pièces sont envoyées par les intéressés aux syndicats agricoles dont ils font partie. Ces syndicats envoient les dossiers à une seule association liquidatrice, car pour le chanvre il n’en existe qu’une :
La Fédération nationale des producteurs de chanvre. (30, rue Paul Ligneul, Le Mans (Sarthe). — le bureau du secrétaire général de l’Association se trouve à Paris, 8, rue du Cardinal Mercier).
Ce syndicat groupe les dossiers et fait une première vérification. Il envoie les demandes au Ministère de l’Agriculture, qui vérifie à nouveau et met en marche la procédure de paiement.
Comme pour le lin, l'Etat paie lui-même les primes.
b. Financement. — Il faut distinguer, ici encore, les frais de bureau et les primes.
1. Service des primes au lin et au chanvre (Ministère de l’Agriculture),
Pour les frais de bureau, étant données les faibles disponibilités des chauvricis, u2 arrêté ministériel du 15 rovembre 1932 a fixé à 3% le pourcentage qui est retenu sur le montant des primes, en vue de payer les frais des syndicats agricoles et de la fédération.
Les primes proviennent des crédits votés par le Parlement.
Le tableau suivant indique, depuis l'application de la loi, les crédits et les résultats.
Années [Surfaces | Produc- | Taux Crédits Crédits chan- lensemen-| tionen | dela votés. utilisés
vrières cées | Qx. de | prime ha. filasse [francs francs francs